Ce mémorandum d’entente doit être signé vendredi 19 juin en Suisse suivant les officiels américains et iraniens. Selon le Pakistan et l’Iran, le texte doit également entraîner l’arrêt des opérations militaires au Liban, mais Israël n’a pas pris part aux négociations actuelles. Donald Trump est arrivé ce lundi 15 Juin au sommet du G7 à Évian (France), alors qu’Israël a encore frappé la banlieue sud de Beyrouth dimanche passé.
« L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », a notamment écrit sur son fameux réseau Truth Social le président américain. « J’autorise pleinement la réouverture du détroit d’Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots ! », s’est réjoui Donald Trump, avant de préciser que cette ouverture interviendrait dès la signature de l’accord vendredi afin de permettre le déminage. La France s’est d’ailleurs proposée auprès des belligérants, afin de sécuriser le détroit d’Ormuz au regard du danger des mines, pour faciliter la circulation prochaine des bateaux. Une proposition rapidement balayée par Donald Trump en personne, qui a encore dans la gorge, le manque de soutien des alliés de l’OTAN dans sa guerre contre l’Iran, déclenchée fin Février.
L’annonce a déclenché une chute de plus de 4 % des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février dernier et le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transitent en temps normal environ un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures. La Bourse de Tokyo a notamment bondi de plus de 4 % et celle de Séoul de plus de 5 % ce lundi 15 juin dans la matinée.
Avant le conflit, environ 140 navires transitaient chaque jour par le détroit. Le trafic s’est amélioré mais reste bien en-deçà de la normale. Une véritable réouverture aurait donc un impact immédiat : elle réduirait l’incertitude pour les transporteurs, apaiserait les marchés de l’assurance et permettrait de commencer à réduire la prime de risque liée au conflit. Le document sur lequel Washington et Téhéran se sont entendus n’a pas été rendu public dans l’immédiat, mais le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi, assure que l’accord vise à mettre fin immédiatement et définitivement à la guerre et aux opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban.
Le gouvernement israélien redoute de son côté un compromis qui ne répondrait pas à ses exigences concernant son ennemi iranien. Israël a affirmé avoir frappé la banlieue sud de Beyrouth en riposte à des tirs du Hezbollah contre son territoire. Sous la pression de l’opinion publique, Donald Trump cherche désormais à sortir d’une guerre déclenchée conjointement par les États-Unis et Israël et devenue impopulaire auprès d’une partie de la population américaine comme du camp républicain. Le président libanais, Joseph Aoun quant à lui, salue l’accord entre Washington et Téhéran après un appel du chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araqchi ce Lundi. De plus, le président iranien Masoud Pezeshkian assure sur X (ancien Twitter) que l’accord entre l’Iran et les États-Unis est le fruit de plusieurs mois de dialogue.
“Le protocole d’accord qui a été rédigé est le fruit de plusieurs mois de dialogue et d’un suivi assidu dans ce domaine, et si toutes ses dispositions sont correctement mises en œuvre, il pourra être considéré comme un document dont le pays peut être fier“, écrit-il.












