Le monde politique camerounais est en deuil. Marcel Niat Njifenji, tout premier Président du Sénat camerounais est mort Samedi en milieu d’après-midi, selon les autorités, dans la capitale politique. Originaire de la région de l’Ouest, il avait dirigé le Sénat depuis 2013, avant son remplacement survenu en Mars 2026 à l’issue d’une séance plénière, en marge de ses nombreux soucis de santé majeurs.
Ingénieur de formation à la base, il a voué une partie de sa trajectoire professionnelle au secteur de l’énergie au Cameroun, notamment au sein de la Société Nationale d’Électricité (Sonel) devenue Eneo Cameroun aujourd’hui, qu’il a dirigé pendant plus de 20 ans, entre 1974 et 2001 avant sa privatisation. La SONEL était une société qu’il a créée sous les directives du Président de la République du Cameroun, en fusionnant les sociétés préexistantes dans le pays : ENELCAM, EDC et POWERCAM.
À la création de la Société d’électricité du Cameroun (EDC) en 1965, il est nommé chef du service Études et Travaux Neufs. À ce poste de 1965 à 1972, seront étudiés et réalisés sous sa conduite les premiers ouvrages de transport, de répartition et de distribution de l’énergie électrique, et l’amorce de l’électrification rurale avec des techniques et des matériaux adaptés au contexte local. Le 1er janvier 1973, il est nommé directeur général adjoint de l’EDC après avoir assumé quelque temps les fonctions d’attaché au directeur général chargé des études et de la programmation. Ainsi, à ces différents titres, il établit une programmation de l’électrification du Cameroun sur la base d’études du potentiel hydroélectrique, et des exigences de développement de la consommation et des objectifs du gouvernement. Dans ce cadre, il participe à la réalisation d’importants ouvrages tels : Les barrages de Bamendjing et barrage de Bakaou. Le renforcement de la centrale électrique d’Edéa et la construction de la centrale hydroélectrique de Song Loulou.
Après la tentative de coup d’État du 6 avril 1984, il est arrêté le 17 avril 1984 et incarcéré à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Il demande à ses codétenus de lui lire la Bible. Issa Tchiroma Bakary, qui deviendra plus tard ministre de la République, la lui lira intégralement. Il sera relâché 8 mois plus tard, le 8 décembre 1984, aucune charge n’étant retenue contre lui.
Après cette longue expérience de gestionnaire au sein d’une entreprise nationale, il va accéder aux fonctions gouvernementales, d’abord au ministère du Plan et de l’Aménagement du Territoire, puis comme vice-Premier ministre en charge des questions de l’eau et de l’énergie. Au début des années 2000, il va exercer un mandat d’élu local, en qualité de maire, dans sa ville natale de Bangangté de 2002 à 2007.
Ces dernières années, il était apparu très affaibli par la maladie, la presse se faisant régulièrement l’écho de ses séjours médicaux en Europe. Jusqu’à son remplacement à la tête du Sénat il y a quelques semaines par Aboubakary Abdoulaye, il était la deuxième personnalité dans l’ordre protocolaire du pays, avec pouvoir de succession au président de la République en cas de vacances. La révision constitutionnelle engagée et le poste de Vice-président institué par le Chef de l’État S.E. Paul Biya en Avril 2026, est venu changer la donne dans l’ordre de succession.












