Il s’agit d’une saisie record pour ce début d’année 2026. C’est un communiqué du Ministre des finances Louis Paul Motaze, qui détaille l’opération de saisie par les douanes camerounaises à l’aéroport international de Douala. Les chiffres sont dès lors connus: 1057 kilogrammes de cocaïne en provenance d’Allemagne, 1434 kilogrammes de tramadol expédiés depuis l’Inde et le Soudan du Sud. Les six cargaisons ont transité à bord de compagnies européenne et africaine sans plus de précision. Les marchandises illicites avaient été déclarées comme fournitures médicales, afin de faire baisser la garde des autorités aéroportuaires camerounaises. Malheureusement pour les expéditeurs, les officiels avaient réussi à obtenir des renseignements d’une précision chirurgicale de haut niveau. La valeur de ces substances illicites est estimée à 90 millions de dollars US soit environ 50 milliards de nos francs CFA. Le ministre Louis Paul Motaze ajoute dans sa communication officielle, que « cette opération empêche notamment la mise en circulation d’environ 27 millions de comprimés de tramadol sur le territoire national », évoquant un enjeu de santé publique face aux effets sanitaires et sociaux liés à l’abus de drogues.
De plus, ces marchandises illégales ont été immédiatement placées sous scellés, puis remises aux autorités compétentes, pour la poursuite des enquêtes. La douane présente l’opération comme une saisie record à l’aéroport de Douala, après une précédente interception de 200 kilogrammes de cocaïne en juillet 2025, alors estimée à 9 milliards de FCFA.
En rappel, le 25 avril 2025, le service des douanes de l’aéroport international de Douala, avait également intercepté 30 kgs de cocaïne, dissimulés dans les bagages enregistrés, du vol ET686 d’Ethiopian Airlines à destination de New Delhi, en Inde. Selon les précisions de la douane données à cette période, la drogue était soigneusement dissimulée dans un sac de voyage contenant apparemment des épices, traduisant un mode opératoire sophistiqué et une volonté manifeste d’échapper aux contrôles. La valeur marchande de cette saisie avait été estimée à 2,3 millions de dollars, soit près de 1,4 milliard de FCFA. En outre, le 16 avril de la même année, une cargaison de 70 kg de stupéfiants, estimée à près de 2 milliards de FCFA, avait été saisie dans le même aéroport. Les drogues saisies, un mélange de métamphétamines, d’éphédrine et de cocaïne, ont été acheminées par un vol de la compagnie Rwand’Air. Elles étaient dissimulées dans des compresseurs d’air en provenance d’Afrique du Sud. C’est grâce à la vigilance des douanes et des services de renseignements que ces substances illicites ont réussi à être interceptées.
Ces différentes saisies, renforcent la thèse de l’existence d’un trafic organisé d’envergure criminelle, exploitant les corridors aériens africains. Cette nouvelle interception en Février 2026 à Douala, s’inscrit dans les mesures engagées depuis plusieurs années contre la circulation de produits prohibés dans les aéroports. Depuis 2016, les saisies se multiplient à Douala et à Yaoundé-Nsimalen, une tendance notamment portée, par l’opérationnalisation progressive de cellules aéroportuaires anti-trafic (CAAT), dédiées à la lutte contre les trafics transnationaux.












