À travers cette opération, le ministère des Finances et le Ministère de la fonction publique et réforme administrative cherchent à assainir le fichier des bénéficiaires, dans un contexte marqué par une hausse jugée atypique du nombre d’enfants déclarés dans le système solde de l’État.
Par une campagne de sensibilisation, le ministère appelle les agents concernés à finaliser leur enrôlement sans attendre les derniers jours, afin d’éviter les longues files d’attente et les difficultés de traitement des dossiers. Cette première phase de l’Audit des allocations familiales, baptisé AALFA, constitue le point de départ d’un contrôle plus large, destiné à vérifier la régularité des droits ouverts, au titre des charges familiales.
Derrière cette échéance administrative se joue en réalité un enjeu budgétaire très important. Selon les données du ministère des Finances, le nombre d’enfants déclarés par les agents publics est passé de 594 728 en juin 2024 à plus de 923 000 en mars 2026, soit une progression d’environ 55 % en moins de deux ans.
Pour les autorités, une telle hausse appelle un contrôle approfondi. C’est ce gonflement rapide du fichier, qui a conduit le gouvernement à enclencher un audit systématique des bénéficiaires, avec pour objectif de distinguer les droits légitimes des déclarations irrégulières ou frauduleuses.
Les agents publics bénéficiaires d’allocations familiales, doivent constituer un dossier comprenant notamment un certificat de vie collectif des enfants de moins de 21 ans, ou en situation de handicap, une photocopie d’un acte d’avancement ou d’un bulletin de solde, les copies lisibles des actes de naissance de tous les enfants déclarés, ainsi qu’une copie de la carte nationale d’identité du parent bénéficiaire.
Le ministère des Finances indique également avoir mis à disposition un protocole précisant les modalités de remplissage de la fiche de collecte, afin de faciliter les opérations d’enrôlement et de limiter les erreurs dans la constitution des dossiers.
L’opération intervient quelques mois après la revalorisation des allocations familiales, portées à 4 500 FCFA par enfant, et par mois depuis février 2024. Cette mesure avait pour objectif de renforcer le pouvoir d’achat des familles d’agents publics. Mais elle a aussi alourdi mécaniquement la charge financière de l’État, rendant plus sensible encore la question de la fiabilité des déclarations enregistrées dans le fichier solde.
Dans ce contexte, l’audit vise moins à remettre en cause le principe de la prestation qu’à sécuriser son attribution. Pour l’administration, il s’agit de préserver les droits des agents régulièrement éligibles tout en retirant du fichier les enfants déclarés frauduleusement et, le cas échéant, en récupérant les sommes indûment versées.
Les vérifications porteront en priorité sur l’authenticité des actes de naissance, la conformité des pièces justificatives et la cohérence des informations inscrites dans les bases administratives. L’administration entend ainsi détecter les doublons, les fausses déclarations ou encore les enfants inscrits sans justificatif valable.
Cette opération s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis plusieurs années pour mieux maîtriser les dépenses liées au personnel de l’État. Après le comptage physique des agents publics, les audits sur les pensions et les ayants droit, le gouvernement s’attaque désormais à un poste moins visible, mais potentiellement coûteux en cas d’irrégularités : les allocations familiales.












