Une opération internationale et une saisie historique
Le 6 janvier 2026, une unité d’élite de la police espagnole (GEO) a mené une opération d’envergure à environ 500 km à l’ouest des îles Canaries. Intercepté, le navire marchand « United S » a révélé une cargaison dissimulée sous du sel : 9 994 kg de cocaïne, soit la plus importante saisie en haute mer jamais réalisée par l’Espagne. Ce coup de filet, nommé « Marée Blanche », est le fruit d’une collaboration internationale impliquant les services américains (DEA), britanniques (NCA), français, portugais et brésiliens. Le navire, parti du Brésil, était escorté par 13 membres d’équipage et transportait une arme à feu.
Le pavillon camerounais, un écran de commodité
Le détail qui alerte les observateurs est le pavillon sous lequel naviguait le « United S » : celui du Cameroun. Le pays pratique un « registre ouvert » (open registry), permettant à des armateurs étrangers, souvent sans aucun lien économique réel avec le Cameroun, d’immatriculer rapidement leurs navires moyennant finance. Ce système offre un anonymat propice aux trafics, les propriétaires réels se cachant derrière des sociétés écrans. Surtout, l’État camerounais, en tant qu’État du pavillon, est théoriquement responsable du contrôle de ses navires en haute mer selon le droit international. Dans les faits, la capacité de surveillance et d’inspection physique de ces bâtiments qui ne touchent jamais les ports camerounais est extrêmement limitée.
Une urgence de réforme pour la souveraineté nationale
Cette affaire sans précédent place le Cameroun sous les feux critiques de la lutte mondiale contre le narcotrafic. Elle ternit son image internationale et expose ses ressortissants à des contrôles renforcés. Le pays ne peut plus se contenter de ce registre permissif, déjà pointé du doigt dans des affaires de pêche illégale. Les appels se multiplient pour une réforme radicale : exiger un « lien substantiel » entre le navire et le pays, durcir les audits de sécurité et assumer pleinement les responsabilités de contrôle qui incombent à l’État du pavillon. Sans action ferme, le drapeau camerounais risque de rester une cible prioritaire pour les services anti-drogue et de devenir synonyme de faille dans la sécurisation des routes maritimes.












