Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) tourne résolument une page de son histoire. Après s’être tenu à l’écart des urnes depuis 2020, la formation d’opposition annonce officiellement sa participation aux scrutins locaux et législatifs prévus en 2026. Sous la conduite de son leader Maurice Kamto, réélu président en décembre dernier, le parti vise un objectif clair : conquérir une majorité de mairies et de sièges à l’Assemblée Nationale, rompant ainsi avec une stratégie de retrait qui l’avait privé de toute représentation institutionnelle.
Une nouvelle doctrine : traduire la mobilisation en pouvoir local
Ce retour marque un changement doctrinal majeur. Le MRC entend capitaliser sur sa base militante et son influence sur les réseaux sociaux pour l’ancrer dans une légitimité électorale et un pouvoir de gestion concret. Le parti ambitionne de présenter des listes dans toutes les régions, se posant en alternative nationale. La création récente de l’Alliance Politique pour le Changement (APC) vise précisément à élargir cette assise en fédérant les déçus du système et en mobilisant l’électorat jeune.
Une ambition qui devra surmonter de sérieux défis
La route vers les urnes s’annonce toutefois complexe. Le parti devra composer avec une administration territoriale souvent perçue comme un obstacle, notamment lors des dépôts de candidatures. La capacité du MRC à s’unir avec d’autres forces d’opposition pour éviter la dispersion des voix sera un autre test décisif. Enfin, le parti a d’ores et déjà insisté sur la nécessité d’une surveillance électorale renforcée, condition selon lui à la crédibilité du scrutin.
En affichant cette ambition de majorité, le MRC cherche à redonner un cap à ses troupes après l’échec de la présidentielle de 2025 et à réaffirmer son statut de principale force d’opposition. La bataille pour les mairies constituera le premier banc d’essai de cette nouvelle stratégie de reconquête par les urnes.












