Le 8 janvier 2026, une poignée de main protocolaire a capté l’attention des observateurs avertis. Bello Bouba Maïgari, président de l’UNDP et candidat classé cinquième à la dernière présidentielle, est sorti de sa réserve post-électorale pour présenter ses vœux au président Paul Biya. Cette réapparition, la première depuis le scrutin du 12 octobre 2025, rompt un silence complet que l’ancien Premier ministre avait gardé malgré les vives tensions ayant suivi la proclamation des résultats.
Un retour calculé après une retraite stratégique
Cette discrétion n’est pas une surprise pour ceux qui connaissent le tempérament posé et calculateur de l’homme politique. Après avoir obtenu 2,45 % des voix au niveau national – avec des scores notables dans ses bastions du Nord (8,48%) et de l’Adamaoua (8,62%) –, Maïgari s’est retiré de l’arène médiatique. Il n’a pris aucune position publique pour apaiser ou attiser les contestations, adoptant une posture d’attente. La cérémonie des vœux, moment de tradition républicaine, lui a offert une occasion neutre et solennelle de réintégrer l’espace public, sans avoir à commenter les crises passées.
La force d’une alliance qui transcende les scrutins
Ce geste s’inscrit dans la continuité d’une alliance historique de plus de six décennies avec le chef de l’État. Leur relation, forgée bien avant l’accession de Paul Biya à la magistrature suprême en 1982, a toujours reposé sur une loyauté et une compréhension mutuelle des équilibres du pouvoir. La présence de Maïgari à cette cérémonie, en tant que leader d’un parti d’opposition officiel, réaffirme la singularité de ce lien qui a survécu à tous les remous politiques.
Quelle stratégie pour les élections de 2026 ?
La question qui se pose désormais est celle de la trajectoire future de l’UNDP. Ce retour dans le giron des rites protocolaires signifie-t-il un rapprochement avec le régime après l’échec de la présidentielle ? Ou s’agit-il simplement d’une marque de respect personnel, préservant l’autonomie du parti à l’approche des cruciales élections législatives et municipales de 2026 ? La performance électorale limitée de Maïgari en octobre dernier le place face à un choix stratégique : consolider son statut d’allié historique discret ou retenter une affirmation indépendante pour mobilier son électorat traditionnel. Sa prochaine prise de parole publique sera scrutée à la loupe.












