Le secteur énergétique camerounais, pierre angulaire du développement national, est ébranlé par un constat sévère concernant l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal. Des révélations de la presse étrangère (Le Monde et de Mediapart) ont mis en lumière des dysfonctionnements systémiques, au premier rang desquels l’incapacité de la Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) à réaliser la ligne d’évacuation de Nyom. Cet échec opérationnel a contraint la société privée Nachtigal Hydro Power Company (NHPC) à se substituer à l’entreprise publique pour préfinancer cette infrastructure critique. Une situation où le privé pallie les carences de l’État sur un projet de souveraineté nationale interroge profondément sur l’efficacité de la chaîne de gestion et de tutelle du ministre Gaston Eloundou Essomba, qui cumule ce portefeuille avec la présidence du conseil d’administration de la SONATREL.
Un dévoiement de la vision présidentielle
Cet imbroglio technique et financier prend une résonance particulière. Le Président de la République, Son Excellence Paul Biya, a érigé l’autosuffisance et la sécurité énergétiques en priorités absolues, avec Nachtigal comme fleuron de cette politique. La vision est claire, les objectifs sont ambitieux et les ressources, notamment via des partenariats internationaux de confiance, ont été mobilisées. Force est de constater qu’à un échelon d’exécution, cette vision se heurte à des réalités de terrain faites de retards, de défaillances et, semble-t-il, d’un manque de reddition des comptes. Le risque est de voir un projet d’intérêt national péricliter non par manque de volonté politique au sommet, mais par une application déficiente en aval.
Le septennat de l’exigence : l’heure du bilan et des décisions
L’inauguration du septennat des « Grandes Espérances » place justement l’exigence de résultats et l’intolérance à la médiocrité au cœur de son contrat avec la Nation. Le dossier Nachtigal apparaît ainsi comme le premier banc d’essai, aussi crucial qu’inattendu, de cette nouvelle doctrine. Il ne s’agit plus seulement d’un problème sectoriel, mais d’un symbole : celui de la capacité de l’État à traduire ses grandes orientations en réalisations concrètes et efficaces.
La manière dont cette crise sera résolue enverra un signal déterminant. Elle démontrera si la promesse d’une gouvernance rigoureuse et responsable, où chaque collaborateur est redevable de sa mission, se concrétise par des actes. Pour le plus grand bien du pays et le succès de la vision présidentielle, ce septennat doit marquer la fin de l’impunité pour l’incompétence et instaurer une culture méritocratique où seuls l’efficacité et le dévouement au bien public sont récompensés. Le Cameroun, ses populations et ses partenaires attendent cette évolution salutaire.












