L’ampleur d’un scandale de gouvernance
Selon une étude du Pr Viviane Ondoua Biwolé, plus de six dirigeants sur dix (63,39%) dans le secteur public camerounais sont en poste au-delà de la durée légale de leurs mandats, fixée à six ans maximum par les lois de 2017. Cette longévité anormale, qui s’étend parfois sur plus de trois décennies, traduit une « tendance à la banalisation de la conformité », selon l’universitaire.
Insécurité juridique et contre-performance
Le maintien de ces dirigeants dans l’illégalité a des conséquences graves et chiffrées :
- Impact financier : Ces mandats illégaux auraient causé une perte estimée à 195 milliards de FCFA pour l’État entre 2020 et 2024. De plus, 43 PCA auraient perçu illégalement près de 634 millions de FCFA en rémunérations.
- Risques juridiques : Les actes administratifs signés par ces PCA peuvent être annulés, créant une insécurité juridique majeure pour les entreprises et leurs partenaires.
- Frein à la performance : La longévité n’est pas synonyme d’efficacité. Les entités dirigées par des PCA illégaux montrent souvent des résultats médiocres, avec des cas de stagnation ou de régression.
La promesse d’un nouveau départ
Cette situation entre en contradiction directe avec les principes d’un État de droit et d’une « République exemplaire ». Elle constitue un héritage encombrant pour le nouveau septennat des « Grandes Espérances », où l’exigence de performance et de transparence sera centrale.
L’étude suggère une solution structurée pour tourner la page : un remplacement séquencé et priorisé des dirigeants illégaux, en commençant par ceux des entreprises les plus défaillantes et les plus endettées. Une telle réforme, attendue par les observateurs, serait le signe fort d’une volonté politique de restaurer une gouvernance saine, de protéger le patrimoine public et de créer un environnement propice à la création de valeur.












