« Nous ne nous tairons pas », écrivent Sylvia et Noureddin Bongo, à propos des sévices qu’ils auraient subis à la prison centrale de Libreville puis au sous-sol du palais présidentiel, « six étages en dessous des appartements du président », pendant leurs 20 mois de détention.
Ils affirment avoir versé au dossier de leur plainte déposée en France en mai 2024 avec le reste de la famille (l’ex-président Ali, et les deux plus jeunes fils, Jalil et Bilal) pour « séquestration, détention arbitraire, actes de torture et de barbarie », des vidéos prouvant les sévices subis, ainsi que les pressions des militaires sur la justice gabonaise pour les faire condamner.
Dans cette vidéo filmée clandestinement le 28 février 2025 par Noureddin Bongo dans le cabinet de la juge d’instruction gabonaise en charge du dossier, l’on voit la magistrate, le fils de l’ex-président et son avocate, Me Eyue Bekale, avoir une conversation informelle sur l’affaire. Une autre personne, devant un ordinateur, vraisemblablement une assistante ou une greffière, garde le silence. Noureddin Bongo se plaint des mauvais traitements, de la procédure arbitraire à son encontre, amène la conversation sur le terrain politique. «Il fallait vous mettre hors circuit», lâche la juge… Elle dit avoir reçu des pressions : «il faut les condamner » lui auraient intimé des militaires. Selon le communiqué, d’autres vidéos également versées au dossier montreraient des membres du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) avouer des actes de torture.
Après leur exfiltration vers l’Angola mi-mai, et leur réinstallation à Londres, le procureur avait assuré que les poursuites pour, entre autres, corruption, détournements, ou falsification de la signature du président de la République, contre Sylvia et Noureddin Bongo tenaient, et qu’un procès aurait lieu même en leur absence. L’ex-président Ali Bongo ne faisant pas jusque-là l’objet de poursuites.
L’enquête gabonaise aurait conclu qu’Ali Bongo a reçu 266 milliards de F de virements irréguliers sur son compte bancaire en dix ans. Le parquet estime que plusieurs villas et appartements ont été achetés grâce à des rétrocommissions d’équipements militaires. Il se penche également sur des ventes illégales de pétrole et d’autres produits, acceptées par les anciennes autorités sur fond de corruption.












