La cérémonie a été présidée lundi dernier par le Ministre de l’eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba, en compagnie des autorités locales de la ville de Maroua. Bastion du Rassemblement Démocratique du Peuple camerounais (RDPC), c’est d’ailleurs en Septembre 2018 que Maroua a été le théâtre d’une déclaration forte du Président de la République Paul Biya, lors de la dernière élection.
« Dans le domaine de l’énergie, les anciens barrages hydro-électriques seront remis à niveau. D’autres entreront en service. Des installations solaires, plus faciles à mettre en œuvre, viendront les compléter. Vous disposerez ainsi de l’énergie indispensable à l’électrification des zones rurales et au fonctionnement de vos industries » avait souligné le Chef de l’État camerounais il y’a 7 ans exactement. Avec désormais une capacité installée de 30,6 MW (plus de 36 MWc), le Cameroun rejoint l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, le Sénégal, la Namibie, la Tunisie et l’Ouganda dans le club des producteurs africains d’énergie solaire pour la consommation de masse. En 2023, l’État camerounais a procédé à l’inauguration des centrales solaires de Guider (15 MW) et de Maroua (15 MW) qui ont injecté leurs premiers kWh dans le réseau en février 2022. Il est question pour le gouvernement, de porter la capacité de production de l’énergie solaire du Cameroun à 250 MW à l’horizon 2030, soit d’ici 5 ans.
Par ailleurs, cette deuxième phase d’extension, prévoit 28,6 MWc supplémentaires et 19,2 MWh de stockage, soit une augmentation de près de 70 % de la capacité actuelle de ces deux centrales solaires. Le contrat relatif à ces travaux, a été signé le 5 juin 2024 entre la société Eneo, entreprise contrôlée par le fonds d’investissement britannique Actis, et Release, filiale de l’entreprise norvégienne Scatec.
Suivant les propos du ministre Gaston Eloundou Essomba, les premiers mégawatts devraient être injectés dès mars 2026. Officiellement, ces travaux visent à améliorer l’accès à l’électricité, et à stimuler le développement régional. « Ces infrastructures ne sont pas seulement des ouvrages techniques ; elles incarnent l’espoir d’un avenir meilleur, en créant de l’emploi, en soutenant l’éducation et en renforçant le développement économique du Septentrion » a-t-il précisé devant l’assistance et les médias nationaux. Ces besoins croissants en électricité des populations et entreprises des trois régions septentrionales du Cameroun, sont une réalité marquante. Ces régions faisaient face, depuis des années, à d’énormes difficultés d’approvisionnement en énergie électrique, en raison de la baisse drastique de la production du barrage de Lagdo, conduisant à des délestages récurrents, qui ont diminués depuis 2023.
En outre, sur le plan de l’économie verte et de l’environnement, la mise en service des centrales solaires photovoltaïques de Guider et de Maroua, permettent d’éviter la production d’au moins 26 000 tonnes de CO2 chaque année, selon de nombreux experts en la matière. La construction de ces centrales, constitue l’une des actions prévues par la Contribution déterminée au plan national (CDN) pour la lutte contre les changements climatiques, dans laquelle le Cameroun s’est engagé à réduire de 35% à l’horizon 2035, les émissions des gaz à effet de serre. À travers cette extension, il s’agit aussi d’une réponse politique du parti au pouvoir, qui souhaite consolider de façon stratégique son électorat dans cette partie du pays.












