Sonara. Une étude de faisabilité a officiellement été lancée le 19 mai 2025 et confiée au groupe français Axens, lors d’une réunion à Limbé (Région du Sud-Ouest) par la direction générale de la Sonara. Il y’a quelques mois, la société pétrolière présentait cette étape comme le début d’un processus devant aboutir à une configuration beaucoup plus moderne de la raffinerie. 300 milliards de FCFA en enveloppe, qui connaît une augmentation de 50 milliards de FCFA contrairement aux prévisions antérieures de 250 milliards. Le 17 juin 2025, une délégation composée de représentants de l’Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), de la banque néerlandaise ING et de la Mauritius Commercial Bank (MCB) s’était rendue à Limbé pour discuter avec les responsables de l’entreprise. Objectif : propulser la raffinerie vers un avenir prometteur. La BEAC par ailleurs, s’était dite prête à ouvrir son guichet dans le cadre de ce renouveau industriel concernant la Sonara. Depuis l’incendie qui a ravagé les équipements de la Sonara, le Cameroun importe 100% des produits pétroliers consommés sur son territoire. Les bailleurs de fonds internationaux, se disent prêts à accompagner le Cameroun dans ce chantier délicat et ambitieux pour l’économie nationale.
Une restructuration sous haute surveillance
Depuis l’incendie de Mai 2019, la raffinerie est totalement en arrêt et la réhabilitation s’annonce complexe selon les professionnels du secteur. En effet, d’après une évaluation technique antérieure réalisée par le cabinet Ekium, et citée par l’agence Argus, environ 75% des installations seraient récupérables, 8% définitivement perdues et 17% encore en cours de vérification. Les derniers documents validés en conseil d’administration sur les projections de réhabilitation, fixent comme objectif, un démarrage de la raffinerie en décembre 2027, à travers le Projet Pares.
De plus, cette résurrection industrielle se prépare dans un contexte financier extrêmement tendu pour la société publique. En cause, la Sonara est lourdement endettée. Sa dette bancaire atteint 261 milliards de Fcfa, rééchelonnée en 2021 sur 10 ans à un taux de 5,5%. A cela s’ajoutent les créances importantes envers les négociants pétroliers : 185 milliards de Fcfa auprès de Vitol, 14 milliards auprès de Transfigura, 20 milliards auprès de Mercuria Energy et 8,5 milliards auprès de PSTV. Le plan de restructuration nationale prévoit une recapitalisation et une recherche de partenaires financiers, notamment sous la forme d’un partenariat public privé pour accompagner le programme de réhabilitation. En attendant un éventuel redémarrage, la Sonara assure l’approvisionnement du marché camerounais en produits raffinés importés malgré ses contingences.
Une entreprise très stratégique
La Sonara avait annoncé une suspension provisoire de ses activités depuis l’incendie. Un coup dur pour l’économie camerounaise, au regard de l’importance de cette entreprise presque cinquantenaire, et dont l’apport dans les finances publiques est considérable.
La Sonara, la société nationale de raffinage, est une entreprise publique créée en 1973 et inaugurée en 1981. Elle est implantée sur 54 hectares dans la cité balnéaire de Limbé, dans la région du sud-ouest. Sur son site internet, l’entreprise renseigne qu’elle dessert non seulement la sous-région Afrique Centrale, mais aussi d’autres régions d’Afrique et même les États-Unis. Elle dispose à ce jour d’une capacité théorique de 2,1 millions de tonnes de pétrole brut/an.
Depuis 2005, la Sonara conduit un ambitieux programme d’extension et de modernisation qui devrait à terme porter sa production à 3,5 millions de tonnes par an. C’est donc un géant dans l’économie camerounaise et sous régional qui a toujours bénéficié de la sollicitude de l’État, son principal actionnaire. Avant l’incendie, l’entreprise se targuait d’un chiffre record de 2 770 jours sans accident.












