Loin du délai réglementaire de 15 jours, le budget camerounais de l’année 2026, aura connu son plus rapide examen, depuis l’ouverture de la session budgétaire le 3 Novembre à l’Assemblée Nationale. Majorité RDPC oblige avec 152 députés sur 180, le document de 125 pages, a été défendu par l’actuel Ministre des Finances Louis Paul Motaze, qui a posé les bases pour le nouvel exercice budgétaire, accompagné de son homologue du MINEPAT (Économie et aménagement du territoire) Alamine Ousmane Mey.
Ce projet de loi de finances 2026, n’attends plus que sa promulgation par le Président de la République S.E. Paul Biya, au plus tard le 30 Décembre 2025. En effet, au regard des grands chantiers nationaux, ce budget connaît une hausse d’au moins 14% par rapport au dernier exercice 2024. Le gouvernement camerounais mise sur les recettes intérieures évaluées à 5887 milliards de FCFA, dominées par la Douane dont les estimations sont portées à un peu plus de 4800 milliards de FCFA. Alors que le déficit budgétaire 2026 devrait se situer aux alentours de 630 milliards de FCFA, contre 310 milliards de FCFA en 2025, les charges elles, hors service de la dette atteignent un niveau record de 6210 milliards de FCFA. Les Comptes d’affectation spéciale (CAS) sont, eux, projetés à 132,5 milliards de FCFA, presque doublés en un an (+98,1 %) après 65,6 milliards de FCFA en 2025.
Une enveloppe incluant les axes prioritaires du nouveau mandat
« Il y a une forte augmentation du budget en raison de la création d’un fonds spécial destiné à soutenir l’autonomisation économique des femmes et à promouvoir l’emploi des jeunes », a déclaré M. Motaze, ajoutant que le nouveau budget vise également à stimuler les exportations, à mettre en œuvre des mesures de stabilisation économique et à mobiliser les recettes.
Les questions liées à la gestion foncière ont été au cœur des échanges à l’Assemblée, avec la demande insistante d’un accès simplifié et gratuit aux titres fonciers pour tous les citoyens. En réponse, le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a annoncé la dématérialisation progressive des titres fonciers, visant à faciliter leur délivrance via un système numérique sécurisé. Par ailleurs, la transformation du bois a été évoquée comme une priorité, avec l’engagement de bannir l’exportation des grumes dès 2028 au sein de la CEMAC, pour favoriser une transformation locale à valeur ajoutée.
En outre, l’accent est mis notamment sur l’autonomisation économique des femmes, la promotion de l’emploi des jeunes, ainsi que la modernisation des secteurs stratégiques, tels que évoqués par le Chef de l’État Paul Biya, lors de sa prestation de serment à Yaoundé, il y’a moins d’un mois, le 6 Novembre 2025.
De plus, le Cameroun prévoit des perspectives macroéconomiques optimistes qui reposent sur un taux de croissance économique de 4,3%, après 3,9% prévu en 2025, un taux d’inflation de 3% en 2026, contre 3,2% en 2025 et une embellie du secteur non pétrolier même si le secteur pétrolier, lui, devrait enregistrer un léger repli de 0,1%.
À l’issue des débats au Parlement, le projet de loi de finances 2026 a été adopté, scellant ainsi le cadre financier national pour l’année à venir. Ce budget ambitieux, vise à renforcer la souveraineté économique camerounaise tout en soutenant une croissance inclusive et durable, en phase avec la Stratégie Nationale de Développement 2030.












