Du 15 au 18 Avril 2026, le nouveau pape de l’Eglise catholique foulera le sol camerounais. Il s’agira de la première visite d’un Pape depuis Benoît XVI le 17 Mars 2009. Le cardinal américain Robert Francis Prevost, 70 ans cette année, a été élu pape le 8 mai 2025 sous le nom de Léon XIV, succédant au pape François. Premier pape originaire des États-Unis et issu de l’ordre de Saint-Augustin, il est un modéré reconnu pour son expérience pastorale au Pérou et à la Curie romaine.
Il est précisé dans ce communiqué du Cabinet civil de la Présidence de la République, que le souverain pontife répond à l’« invitation » du président Paul Biya. Le Saint-Siège évoque pour sa part une tournée africaine « répondant à l’invitation des chefs d’État et des autorités ecclésiastiques concernées ».
Élu le 8 mai 2025, Léon XIV effectura sa première visite sur le continent en Algérie (13-15 avril), au Cameroun (15-18 avril), en Angola (18-21 avril) et en Guinée équatoriale (21-23 avril). Au-delà du protocole, l’enjeu de l’étape camerounaise est clairement pastoral avec une teinte politique.
Un contexte post électoral tendu
La visite du Pape Léon XIV intervient dans un climat marqué par les suites de la présidentielle du 12 octobre 2025, remportée officiellement par le Président Paul Biya avec 53,66 % des voix. Son principal challenger, Issa Tchiroma Bakary (35,19 %), arrivé deuxième selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et auto-proclamé président virtuel, conteste le scrutin depuis la Gambie, où il se trouve en exil forcé. Les accusations de fraude et les crispations partisanes, sans oublier les multiples arrestations post électorales, entretiennent une tension persistante.
À cette situation politique s’ajoutent le conflit séparatiste engagé depuis 2017 dans les régions Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les attaques terroristes dans l’Extrême-Nord et un climat social marqué par la défiance. Pour Mgr Andrew Nkea, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) et archevêque de Bamenda, le pape vient « comme ambassadeur de la paix et apôtre de la réconciliation ».
Le choix de Bamenda, épicentre de la crise anglophone, revêt une portée symbolique. Selon des propos rapportés par la presse vaticane, le pape ne vient pas attendre que « les choses se calment », mais lorsque « les choses sont encore chaudes ». La démarche se veut pastorale : reconnaître la souffrance, encourager le dialogue et soutenir les communautés affectées.
L’épiscopat insiste : le pape ne vient pas en acteur politique, mais en pasteur. S’il est chef d’État du Vatican, sa mission est d’abord spirituelle. À travers les célébrations liturgiques et les rencontres avec autorités civiles et religieuses, jeunes et victimes des violences, il devrait porter un message centré sur le dialogue, la justice et le pardon. En rappel, Léon XIV sera le troisième pape à visiter le Cameroun, après Jean-Paul II (1985 et 1995) et Benoît XVI (2009). Jean-Paul II avait appelé à la responsabilité morale et à l’unité nationale. Benoît XVI avait lancé depuis Yaoundé les travaux préparatoires du Synode pour l’Afrique, mettant l’accent sur la réconciliation, la justice et la paix. Les étapes de Douala, Bamenda et Yaoundé, sont des arrêts pleins de symboles pour le nouveau Pape qui aura à cœur de réconcilier les peuples.












