Alors que les résultats complets sont attendus et que certains sont déjà disponibles depuis le 3 Décembre, les autorités camerounaises se sont félicitées du processus électoral entourant cette échéance majeure. Car elle intervient dans un contexte tendu, survenu après l’élection présidentielle du 12 Octobre. Il faut dire que ces élections marquent un tournant majeur dans le processus de décentralisation, mis en place lors de la constitution de 1996, avec les collectivités territoriales parmi lesquelles les communes. Les régions, elles, viennent compléter cette phase de décentralisation, dans un esprit de développement de proximité. Car au-delà, l’économie commence à l’échelle locale, avant de prendre une dimension nationale. Les collectivités territoriales décentralisées ont un rôle primordial dans le contrôle de l’action locale, d’outil d’aide à la décision, la gouvernance territoriale, et le développement local.
L’organisme électoral Elecam a validé 75 listes présentées pour les élections régionales 2025 par neuf partis : le RDPC, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN), l’Union démocratique du Cameroun (UDC), le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), l’Union des mouvements socialistes (UMS), le front populaire pour le développement (FPD), le bloc pour la reconstruction et l’indépendance économique du Cameroun (BRIC) et le parti Univers.
Le Ministre de l’Administration territoriale Atanga Nji Paul, en sa qualité d’agent du gouvernement en matière électorale, a exprimé sa satisfaction quant au bon déroulement du scrutin des conseillers régionaux qui s’est tenu le dimanche 30 novembre 2025 sur l’ensemble du territoire national.
Par ailleurs, le directeur général des élections, Erik Essousse, a dressé le 30 novembre 2025, le bilan des deuxièmes élections régionales depuis 2020. Il a assuré que le scrutin s’est déroulé dans de très bonnes conditions dans les 58 départements du pays, chacun constituant une circonscription électorale. Selon Elections Cameroon (Elecam), 25 252 électeurs étaient attendus sur l’ensemble du territoire : 9 677 conseillers municipaux répartis dans 90 bureaux de vote et 15 575 chefs traditionnels dans 107 bureaux. Toujours selon le patron d’Elecam, les bureaux de vote ont ouvert à 8h et fermés à 18h, conformément aux procédures habituelles. Le matériel électoral était disponible en quantité et qualité suffisante et aucun incident majeur n’a été signalé. « Après la clôture du scrutin, les commissions locales de vote ont fermé les bureaux de vote et ont immédiatement procédé au dépouillement des suffrages conformément à la loi. Les procès-verbaux des commissions locales de vote seront transmis aux commissions régionales de supervision, qui proclament les résultats des élections des conseillers régionaux dans la région concernée dans un délai maximum de 72h à compter de la clôture du scrutin », a précisé le Directeur d’Elecam lors d’un point de presse Dimanche, par devant les médias nationaux et internationaux.
Une razzia prévue côté RDPC
Ces élections régionales se sont tenues dans un contexte particulier : le corps électoral est resté identique à celui de 2020. Les élections municipales, initialement prévues avant les régionales, ayant été reportées à 2026, ce sont les mêmes conseillers municipaux qui ont de nouveau été appelés aux urnes dimanche dernier. Durant la mandature 2020-2025, neuf des dix conseils régionaux étaient contrôlés par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir). Sans surprise, la formation présidentielle a reconduit ses principaux barons locaux et affiche l’ambition de réaliser un « carton plein » cette année. Les dix présidents sortants des conseils régionaux briguaient en effet chacun un nouveau mandat, dans un contexte institutionnel qui leur est largement favorable. En rappel, les régionales reposent sur un scrutin de liste indirect : les grands électeurs conseillers municipaux et chefs traditionnels, élisent 900 conseillers régionaux, soit 90 par région plus précisément.
Les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours, après la centralisation et la vérification des votes par les Commissions régionales de supervision. Pour ce nouveau scrutin, le directeur a mis en avant la fiabilité accrue du fichier électoral, fruit d’un long processus d’assainissement. Grâce à l’expertise d’ingénieurs et à la coopération avec les partenaires chinois, ELECAM s’est doté de nouveaux kits destinés à sécuriser davantage les opérations. La reprise de la production des cartes d’électeurs, considérée comme un défi majeur, a également été accomplie avec l’appui du gouvernement.












