La réélection de Maurice Kamto à la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), acquise le 21 décembre dernier lors d’une convention en ligne, est au cœur d’une tempête interne. Okala Ebode Joseph Thierry, membre fondateur et Secrétaire national à la Réforme, a formellement contesté les résultats, pointant des « irrégularités substantielles » qui remettraient en cause la validité même du scrutin.
Des incohérences chiffrées au cœur de la contestation
La contestation se concentre sur de graves anomalies chiffrées dans le procès-verbal. Le document officiel fait en effet état de 320 « liens de connexion » actifs lors de la convention virtuelle, mais de 1 644 votes exprimés. Cette disproportion fondamentale soulève une question criante : comment trois cents liens ont-ils pu générer plus de seize cents votes ? Le contestataire évoque des hypothèses aussi graves qu’une « fraude structurelle » ou une « manipulation a posteriori des chiffres », rendant le résultat, selon lui, « juridiquement nul ».
Une base légale et une méthode jugées défaillantes
Au-delà des chiffres, la légalité interne de la convention est mise en doute. Okala Ebode argue que les statuts du MRC ne prévoient aucune base textuelle pour organiser une élection nationale de cette ampleur en ligne, notamment sur des points critiques comme la définition du quorum, l’identification infaillible des délégués ou la garantie du secret du vote. Il estime également que le passage au virtuel, après l’interdiction d’une convention en présentiel fin novembre, constitue un « contournement de fait » d’une décision administrative.
Un silence qui interroge et des conséquences politiques
Le procès-verbal est aussi critiqué pour son silence sur l’éligibilité même de Maurice Kamto, alors que sa démission du parti en juin 2025 avait soulevé des questions sur son adéquation avec la clause de continuité de militantisme requise. Cette contestation technique, venant d’une figure historique, ouvre une séquence de crise de légitimité pour la nouvelle direction. Elle risque d’entretenir les divisions internes et d’affaiblir le parti à l’aube d’une année 2026 cruciale, marquée par les élections législatives et municipales.
La balle est désormais dans le camp de la direction du MRC. Sa réponse à ces allégations détaillées déterminera si le parti peut tourner la page et se concentrer sur le combat politique, ou s’il s’enfonce dans une lutte intestine procédurière qui entamerait davantage sa crédibilité.












