Évincés par un coup d’État en Août 2023, Ali Bongo et son épouse Sylvia, avaient été arrêtés et mis en résidence surveillée dans les locaux de la Présidence de la République Gabonaise, par le nouveau pouvoir en place piloté par Oligui Nguema. Ils avaient été emprisonnés pendant 20 mois, avec leur fils Noureddin. Ils avaient été autorisés à quitter le pays en Mai 2025, après les bons offices de la République d’Angola. Le 6 Mars 2025, Sylvia Bongo s’est entretenu auprès de nos confrères de France 24, et Radio France Internationale à Londres, où d’ailleurs elle vit en exil politique.
Victime de services corporels, elle décrit son fils à l’issue des séances de torture: “Il était tuméfié de partout (…) avait les yeux qui sortaient des orbites”. Elle explique avoir été “enfermée dans le sous-sol de la présidence et torturée”. Dans ce même entretien avec les journalistes français, Sylvia Bongo raconte aussi avoir été convoquée trois fois au cours de sa détention, par l’actuel président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et affirme avoir été menacée, lors de leur première entrevue, de n’être jamais libérée. “Il ne faut pas raconter les tortures” subies, lui aurait-il demandé.
De plus, son fils Noureddin, a diffusé il y’ a quelques mois, plusieurs vidéos de leur captivité. L’une d’elles montrerait Brice Clotaire Oligui Nguema demandant à Sylvia Bongo de garder sous silence les sévices infligés. Sylvia Bongo a aussi affirmé avoir été traitée de “sale blanche”. Née à Paris, l’ancienne Première dame gabonaise est également française. La consule de France à Libreville, a été plusieurs fois informée de la détention de Sylvia et de son fils, et des mauvais traitements subis, affirme Sylvia Bongo. Mais pas grand chose ne s’est produit. “Je me suis sentie abandonnée”, confie-t-elle. “J’ai eu trop mal”, conclut l’épouse d’Ali Bongo. “Je ne retournerai jamais au Gabon” a t-elle souligné.
Le gouvernement gabonais dément
“Le gouvernement récuse fermement ces allégations diffamatoires. Durant leur détention, l’ancienne Première dame, son fils Noureddin Bongo Valentin, ont bénéficié d’un traitement conforme aux règles de droit et au respect de la dignité humaine. Aussi, le gouvernement condamne avec fermeté la diffusion de ces contre-vérités et des récits déformés”, a déclaré dimanche 8 mars 2026, Germain Biahodjow, le ministre gabonais de la Communication lors d’une conférence de presse.
Le Ministre dénonce “la diffusion de contrevérités et de récits déformés, amplifiés par certains médias occidentaux qui, sans vérification suffisante, servent de relais à des campagnes de désinformation” contre le Gabon. Le gouvernement gabonais “se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires, y compris (…) suspendre leur droit de diffusion sur le territoire national”, a-t-il menacé.
Mi-novembre 2025, la cour criminelle de Libreville avait condamné en leur absence Sylvia et Noureddin Bongo, installés à l’étranger, à 20 ans de réclusion criminelle, notamment pour détournements massifs de fonds publics. Les avocats de la famille Bongo ont indiqué en mai 2024, avoir déposé plainte devant la justice française pour arrestation illégale et séquestration aggravée par des actes de tortures et les actes de barbarie de plusieurs de ses membres, dont Sylvia et Noureddin Bongo, qui possèdent, comme Ali Bongo, la nationalité française.












