Cette décision fait suite à un constat clair de la part de Manaouda Malachie: Une pratique lucrative a envahit la majorité des hôpitaux publics camerounais, à savoir la mise en place de parkings payants. Si les hôpitaux publics relèvent encore de l’État, c’est pour éviter que l’administration sanitaire détourne son espace, pour en faire une pratique qui relève des fois du domaine privé, et que dans certains cas précis, l’encadrement juridique de l’activité des parkings ne soit pas compromis. La lettre circulaire s’adresse aux directeurs généraux des hôpitaux de 1ère catégorie, aux directeurs des hôpitaux centraux 2ème et 3ème catégorie, les directeurs des hôpitaux de districts, les chefs des centres médicaux d’arrondissement entre autres.
“ Mon attention a été maintes fois été appelée pour le déplorer, la prolifération de la mise en place d’un système de parkings payants dans les formations sanitaires publiques dont vous avez la charge parfois confiés à des particuliers. Cette situation inédite, pour le moins curieuse en déphasage avec les missions assignées aux hôpitaux publics, est de nature à écorner durablement l’image de marque du service public hospitalier auprès des patients et des usagers dans un contexte marqué par le principe d’égal accès à l’offre de soins, ainsi que de l’humanisation de l’environnement sanitaire. À cet égard, je vous demande de prendre toutes les dispositions urgentes et utiles, afin de mettre un terme à cette pratique mercantiliste au détriment des patients et de leurs accompagnateurs. J’attache du prix au respect scrupuleux de la présente mesure prescrite où j’invite l’Inspecteur Général des Services Administratifs, le Directeur de l’organisation des Soins et de la Technologie Sanitaire et les Délégués Régionaux, chacun en ce qui le concerne, afin d’assurer le suivi de sa stricte application ” lit-on dans la lettre circulaire officielle.
Bien au-delà du stationnement, la décision s’inscrit dans le débat sur l’accessibilité financière des soins au Cameroun. Dans un système où les dépenses directes des ménages demeurent élevées, toute charge additionnelle, même périphérique, peut constituer un frein à la fréquentation des structures publiques.
Instaurés en 2006 pour la première fois au Cameroun, et en particulier dans la ville de Yaoundé, les parkings publics payants sont un nouvel outil de régulation des pratiques urbaines. Matérialisés dans la plupart des cas sur la chaussée, parfois sur les trottoirs, ou à cheval entre le trottoir et la chaussée, les parkings publics urbains sont utilisés uniquement pour le stationnement des véhicules. Encadrés dans des villes par les Communautés urbaines et les communes, cette pratique de parkings payants s’est déportée sur des lieux insolites. C’est ce détournement d’usage, que le Ministre de la santé publique déplore, et instruit l’interdiction au sein des hôpitaux publics. La fin des parkings payants pourrait toutefois imposer des ajustements de gestion, notamment en matière de sécurité et d’organisation des espaces de stationnement dans les établissements sanitaires nationaux.












