Crise anglophone : Paul Biya sonne la cloche du dialogue

De grands pourparlers ont été annoncés par le chef de l’État, ce 10 septembre 2019 alors qu’il s’adressait à la nation toute entière. Une autre initiative du président en réponse aux cris de souffrance des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, qui peuvent y voir un espoir de retour à la normale.

L’annonce du grand dialogue en fin septembre pour trouver des solutions efficaces et concrètes pour en finir avec la crise dite anglophone, est une victoire. Une victoire pour les populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui, depuis près de trois ans connaissent un calvaire. Malgré les efforts du gouvernement pour résoudre les revendications initiales, des agents de l’ombre ont saisi l’occasion pour inciter les uns et les autres à la violence avec pour seul but de diviser notre beau pays. « A cette fin, ils ont constitué et financé des groupes armés qui ont causé un lourd préjudice aux populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.  

Le monde entier a été témoin des atrocités commises par ces groupes armés :

mutilations, décapitations, assassinats des éléments des Forces de Défense et de Sécurité, des autorités administratives et des civils sans défense, destructions des infrastructures et édifices publics, incendie des écoles, des hôpitaux, etc. » Des actes qui sont condamnés énergiquement par le président Paul Biya qui a réitéré son soutien personnel et celui de la Nation aux populations victimes. « Je voudrais saisir la présente occasion, pour réitérer mes condoléances les plus sincères et celles de la Nation tout entière à tous ceux qui ont perdu des êtres chers dans le cadre de cette crise. J’adresse également un message de réconfort aux blessés et à toutes les autres victimes à divers titres. Je leur donne l’assurance qu’ils peuvent compter sur la solidarité du Gouvernement de la République et sur celle de la Nation tout entière. »  Un soutien qu’il a manifesté clairement ces derniers mois en mettant en place des moyens pour accélérer le retour à la stabilité dans ces régions. « Depuis la survenance de cette crise, je n’ai ménagé aucun effort, avec l’aide de Camerounaises et de Camerounais de bonne volonté, pour rechercher les voies et moyens d’une résolution pacifique de celle-ci. »

Pour continuer à perpétrer leurs actes barbares, ces radicaux ont accusé l’État camerounais de refuser de dialoguer en privilégiant « une solution militaire à la crise ou encore des accusations ridicules de génocide.  S’agissant du dialogue lui-même, la question s’est toujours posée de savoir, Avec qui ? »  Des personnes qui propagent des mobilisations haineuses et meurtrières sur les réseaux sociaux ? Soit ! Le président de la République a préféré se soucier du bien être des populations des régions anglophones. « De nombreuses consultations que je n’ai cessé de mener au sujet de cette crise, m’ont permis de prendre la mesure de l’ardent désir des populations des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest de retrouver le cours normal de leurs vies, de pouvoir de nouveau, en toute sécurité, exercer leurs activités économiques et sociales, de voir les réfugiés et les personnes déplacées revenir et les enfants retrouver le chemin de l’école. La récente tournée du Premier Ministre dans les deux régions a permis de confirmer ce sentiment. »

Le grand dialogue national, les cartes sur table

À cet effet le chef de l’État a décidé de faire place à un grand dialogue. Ceci en mobilisant  toutes les forces positives et constructives de notre pays, à l’intérieur comme dans la diaspora, pour que ce désir devienne une réalité ; pour citer ses termes.

« C’est pourquoi, j’ai décidé de convoquer, dès la fin du mois en cours (septembre), un grand dialogue national qui nous permettra, dans le cadre de notre Constitution, d’examiner les voies et moyens de répondre aux aspirations profondes des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi de toutes les autres composantes de notre Nation. »

Un dialogue centré non seulement sur la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, mais aussi, il touchera à des questions telles que l’unité nationale, l’intégration nationale, le vivre ensemble, qui concernent les camerounais de tous bords.

« Il aura donc vocation à réunir, sans exclusive, les filles et les fils de notre cher et beau pays, le Cameroun, autour de valeurs qui nous sont chères : la paix, la sécurité, la concorde nationale et le progrès. »

Si la date de ces pourparlers n’a pas été spécifiée, le président Paul Biya a annoncé qu’il « s’articulera également autour de thèmes susceptibles d’apporter des réponses aux préoccupations des populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ainsi qu’à celles des autres régions de notre pays : le bilinguisme, la diversité culturelle et la cohésion sociale, la reconstruction et le développement des zones touchées par le conflit, le retour des réfugiés et des personnes déplacées, le système éducatif et judiciaire, la décentralisation et le développement local, la démobilisation et la réinsertion des ex-combattants, le rôle de la diaspora dans le développement du pays, etc. »

Présidé par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, il réunira parlementaires, hommes politiques, leaders d’opinion, intellectuels, opérateurs économiques, autorités traditionnelles, autorités religieuses, membres de la diaspora, etc. Les représentants des Forces de Défense et de Sécurité, les groupes armés et les victimes ne sont pas en reste.

La grande annonce faite, le chef de l’État a invité l’entièreté des camerounais à apporter une pierre à cet édifice de consolidation de la paix. « Je voudrais à cet égard en appeler au patriotisme et au sens des responsabilités de tous nos compatriotes de l’intérieur comme de la diaspora pour que chacun, où qu’il se trouve, saisisse cette opportunité historique pour contribuer à conduire notre pays sur les chemins de la paix, de la concorde, de la sécurité et du progrès. » Le président Paul Biya en évoquant certains leaders sécessionnistes a souligné que « dans le cadre  d’un dialogue, d’un processus de paix ou de réconciliation nationale, il puisse être envisagé l’éventualité d’un pardon, dans certaines conditions. »   Le chef de l’État a réitéré son offre de paix aux radicaux. « Ceux qui volontairement déposent les armes et se mettent à la disposition des centres de DDR, n’ont rien à craindre. » Le président a une fois de plus appelé a l’union des forces de tous les camerounais autour des idéaux de paix et de stabilité. « L’avenir de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se trouve au sein de notre République. » À nous tous donc de jouer.

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Nadia Dicka Lobe


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