À son arrivée à l’aéroport de Yaoundé Nsimalen peu avant 14h, le Pape américain Léon XIV, a été accueilli au bas de la passerelle par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, Chef du gouvernement et Représentant personnel du Chef de l’État Paul Biya, et d’un parterre d’autorités administratives et religieuses, avec le concours du Chef du Protocole d’État Simon Pierre Bikele, et la Garde Présidentielle en rempart de sécurité. Une foule et liesse populaire a auréolé son arrivée en terre camerounaise, juste après l’étape d’Algérie. La venue du Pape en Afrique tombe dans un contexte marqué par la guerre entre les États-Unis, Israël contre l’Iran, où d’ailleurs le Président Donald Trump, a ouvertement critiqué le Pape en le qualifiant de libéral, face à la boucherie humaine il ya quelques jours. Le souverain pontife lui, dans l’avion qui l’emmenait au Cameroun, accompagné de 101 journalistes, a décidé de ne pas rentrer dans le jeu du dirigeant républicain. Dans plusieurs quartiers de la ville de Yaoundé, banderoles et drapeaux flottaient déjà depuis plusieurs jours, témoignant de l’enthousiasme suscité par cette visite.
Au Palais de l’Unité à Yaoundé, le Saint-Père a été reçu en audience par le président de la République Paul Biya en fin d’après-midi. Au cœur de cet échange au sommet : le renforcement de la coopération entre le Cameroun et le Saint-Siège. Devant un parterre de personnalités et membres du corps diplomatique, le Pape Léon XIV et le Président Paul Biya ont partagé leur vision du rôle conjoint de l’État et de l’Église catholique dans la promotion de la paix à l’échelle mondiale. “Le monde à besoin d’un message de paix, de justice, de tolérance, de pardon et d’amour, dont vous êtes porteur. La ferveur religieuse des populations que vous aurez l’occasion de rencontrer à Bamenda, Douala et Yaoundé, vous permettra de mesurer l’attachement du peuple camerounais tout entier à ces valeurs. Nous nous en sommes notamment inspirés avec bonheur dans la recherche des solutions aux crises auxquelles notre pays a été confronté ces dernières années.” a souligné le Chef de l’État camerounais Paul Biya.
Dans une région marquée depuis plusieurs années, plus précisément 2017, par les tensions et les violences séparatistes, cette visite du Pape à Bamenda revêt une portée particulière. En choisissant la cathédrale Saint-Joseph comme cadre de dialogue et la grande messe à l’aéroport de Bamenda le 16 Avril, le souverain pontife a adressé un signal fort en faveur du vivre-ensemble, du pardon et du retour à la stabilité. “Ceux qui dépouillent votre terre de ressources investissent généralement une grande partie des profits dans les armes, dans une spirale de déstabilisation et de mort sans fin”, a-t-il déploré.
Arrêt à Douala, une étape majeure
Environ 37% des quelque 30 millions d’habitants du Cameroun sont catholiques, et l’Eglise catholique romaine y gère un vaste réseau d’hôpitaux, écoles et œuvres caritatives, un levier d’influence que le Saint-Siège souhaite consolider. Située sur les rives du golfe de Guinée, Douala, peuplée de près de cinq millions d’habitants, est un des principaux ports d’Afrique centrale. La ville avait été meurtrie en Octobre 2025 par des manifestations réprimées suivant la réélection à un huitième mandat du président de la République Paul Biya.
À Douala, capitale économique du pays, des milliers de fidèles ont commencé à affluer dès jeudi soir pour prendre place sur l’esplanade du stade Japoma où la messe en plein air présidée par le pape a débuté à 11h00. Plus d’un million de fidèles ont assisté à ce culte spécial le 17 Avril, selon les autorités camerounaises. Le Pape s’est ensuite rendu à l’hôpital catholique Saint-Paul de Douala, pour donner du réconfort aux malades, et prier pour leur rétablissement.
Le Pape Léon XIV a achevé sa visite apostolique au Cameroun par une messe le 18 Avril 2026, à la base aérienne 101 de Yaoundé. Et ce, en présence du couple présidentiel Paul et Chantal Biya. Dès les premières heures de la journée, les abords du site ont été investis par une foule venue de différentes régions du pays et de la sous-région. Le cortège présidentiel a rejoint les lieux depuis le Palais de l’Unité, sous les acclamations des fidèles. La présence du chef de l’État et de la Première dame a souligné la portée institutionnelle de cette visite, à la croisée des dimensions diplomatique et spirituelle.
Dans son homélie, le pape Léon XIV a délivré un message centré sur les enjeux sociaux. « Les inégalités sont à l’origine du mal-être social », a-t-il déclaré, appelant à une prise de conscience face aux fractures économiques. Il a également évoqué les difficultés traversées par l’Église, affirmant que, malgré les épreuves, «Jésus est avec nous», invitant les fidèles à la persévérance. Au fil de la célébration, l’émotion s’est fait sentir parmi les participants. Le pape a exhorté les catholiques à faire preuve d’audace, à rejeter la peur et à renforcer la solidarité. Cette messe d’au revoir conclut une visite marquée par des appels répétés à la paix, à la justice sociale et à l’unité.
Au moment de s’envoler pour l’Angola, le souverain pontife a exprimé sa reconnaissance au peuple camerounais pour l’accueil chaleureux qui lui a été réservé. Sur son compte X (ancien Twitter), le Pape Léon XIV a exprimé sa reconnaissance au peuple camerounais pour l’accueil. “Je suis très reconnaissant envers le peuple du Cameroun pour l’accueil qu’il m’a réservé et pour les moments de joie et de foi que nous avons vécus ensemble” , a-t-il écrit.
Et de poursuivre : “Gardons vivant dans nos cœurs le souvenir de ces beaux moments ; et même dans les difficultés, continuons à faire de la place à Jésus, en nous laissant éclairer et renouveler chaque jour par sa présence “. De son côté, le président Paul Biya qui a assisté à la dernière célébration de la messe pontificale à la base aérienne 101, a salué un moment de parfaite communion et de méditation. “Un moment de parfaite communion et de méditation ce jour, à l’occasion de la Messe Pontificale dite par Sa Sainteté le Pape Léon XIV, qui repart très reconnaissant de l’accueil, des moments de joie et de foi que nous avons vécus ensemble”, a écrit Paul Biya.












