Le contexte de cette nouvelle rentrée parlementaire est spécial. Tout d’abord parce que le mandat des députés est échu d’ici au 30 Mars, ensuite la prorogation éventuelle de leur législature est sur la table, et enfin l’organisation de nouvelles échéances électorales, à savoir les municipales et législatives 2026. À priori, comme en 2025 lors de la présidentielle, les camerounais seront une nouvelle fois appelés aux urnes, pour désigner leurs représentants locaux. La décentralisation emboîtée depuis 1996, prend tout son sens depuis la mise sur pied effective, des collectivités territoriales décentralisées.
Le Président de la Chambre haute du parlement Marcel Niat Njifenji a informé de la date liée à la rentrée des sénateurs: Ce sera le 10 Mars 2026. Cette date sera également épousée par l’Assemblée Nationale dirigée par le Très Honorable Cavaye Yeguié Djibril. Cette session peut en effet être l’avant-dernière de la 10 ème législature, en raison du calendrier électoral qui arrive à grand pas. La convocation de la chambre haute a été officialisée par un arrêté de son bureau daté du 5 février 2026, fixant l’ouverture des travaux à 16 heures. Conformément à l’usage, la chambre basse, l’Assemblée nationale, débutera quant à elle sa session le même jour à 11 heures. Cette session marque le lancement de l’année législative 2026.
En effet, le mandat des députés, initialement attendu à échéance en février 2025, a été prorogé jusqu’au 30 mars 2026. Cette prorogation découle d’un texte promulgué le 24 juillet 2024, fixant la nouvelle date d’expiration du mandat, à compter du 10 mars 2025, au 30 mars 2026.
De plus, s’il n’y a pas de nouvelle prorogation du mandat des élus locaux, la convocation du corps électoral devrait intervenir dans les délais prévus par les textes en vigueur, notamment le Code électoral. L’article 148 souligne : « l’élection a lieu au plus tard quarante (40) jours avant l’expiration du mandat des députés ».
Une tradition électorale singulière
Une rentrée au 10 mars peut être interprétée comme le signe d’une nouvelle prorogation du mandat des députés, afin de programmer les législatives sur les municipales. Le mandat des conseillers municipaux a lui aussi été prorogé, jusqu’au 31 mai 2026, selon un décret du 24 juillet 2024. Le Cameroun ayant privilégié, dans le passé, l’organisation d’élections couplées à savoir législatives et municipales, l’hypothèse d’un renouvellement de l’Assemblée nationale avant la fin du mandat des conseils municipaux, est présentée comme peu crédible aux yeux des observateurs politiques. Dans ce cas de figure, le principal enjeu de la session du 10 mars 2026, pourrait être le renouvellement des bureaux des deux chambres. Les présidents des deux Chambres du parlement font l’objet de spéculations avérées sur leur état de santé ces dernières années, néanmoins, ils tiennent avec rigueur l’hémicycle. Marcel Niat Njifenji au perchoir du Sénat depuis 2013, et Cavaye Yeguié Djibril de l’Assemblée Nationale depuis 1992, auront des enjeux multiples pour les législatures à venir au Cameroun.
La législature en cours, prorogée jusqu’au 30 mars 2026, a été marquée par le décès d’une vingtaine de députés, dont la doyenne d’âge, Laurentine Koa Mfegue. La prochaine session verra ainsi l’élection d’un nouveau doyen d’âge, qui présidera le bureau provisoire chargé de conduire l’élection du bureau définitif. Cette instance aura notamment pour missions le contrôle de l’action gouvernementale et l’examen des projets de loi.












