Présenté jeudi aux deux Chambres du Parlement, le texte était particulièrement attendu de l’opinion publique nationale et internationale. L’exposé des motifs de 7 pages soumis dans un premier temps aux députés, a mis fin au suspens: L’instauration d’un poste de vice-président de la République est d’actualité et met fin au suspens. La séance d’ouverture de l’examen de ce projet de loi, a été présidée par Datouo Théodore, Président de l’Assemblée nationale, en présence de Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, Président du Sénat. Le projet de loi n° 2094/PJL/P a été présenté lors d’une conférence des présidents de chambres, jugé recevable, puis soumis à l’ensemble du Congrès.La commission spéciale travaille actuellement sur les dispositions clés du texte. L’alinéa 3 de l’article 5 prévoit que « le Président de la République peut être assisté d’un Vice-Président ». Ce dernier est nommé par le Chef de l’État, qui peut également mettre fin à ses fonctions à tout moment.En clair, des dispositions de la constitution camerounaise se verront modifiées dans cet état d’esprit. Le Président de la République Paul Biya, pourra donc être assisté de façon technique et pratique d’un vice-président de la République. Autre changement par rapport à la Constitution de 1996 actuellement en vigueur et révisée partiellement en 2008, c’est désormais le vice-président qui, en cas de démission, décès ou tout autre empêchement dûment constaté du président de la République en fonction, achève le mandat de ce dernier. Cette prérogative était jusqu’ici dévolue au président du Sénat.Selon le texte présenté aux parlementaires, le vice-président est nommé par le président de la République, pour l’assister; tout comme le Premier ministre, actuel Chef du Gouvernement, dont la fonction ne disparaît pas. Le Président pourrait lui déléguer certains de ses pouvoirs et de ses fonctions. Toutefois, le texte ne précise pas lesquels. Une fois le texte adopté, il pourrait s’appliquer au mandat en cours. Le Chef de l’État S.E. Paul Biya, âgé de 93 ans, a prêté serment le 6 novembre 2025 pour un nouveau septennat. Il s’agit de son huitième mandat consécutif. La nouvelle Constitution lui permettrait donc de désigner son suppléant, en cas de besoin, jusqu’en 2032. Si ces changements venaient à être adoptés, ils constitueraient une reconfiguration de l’architecture politique et institutionnelle du pays : le pouvoir exécutif, incarné jusqu’ici par le président de la République, secondé par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, serait désormais distribué sur trois pôles avec la création envisagée de ce poste de vice-président.Le texte vient aussi donner une nouvelle orientation au schéma de la succession en cas de vacances du pouvoir, ce qui renforce l’intérêt vis-à-vis du profil de celui qui viendrait à être promu à cette fonction de haut niveau. « Le moment est exceptionnel, faisons-en un tournant dans l’histoire du Cameroun ». C’est en ces termes que Théodore Datouo, nouveau président de l’Assemblée nationale, a conclu son discours d’ouverture. Compte tenu de la majorité écrasante du RDPC, le parti au pouvoir et formation politique majoritaire dans les deux chambres, l’adoption de ce texte par les parlementaires ne laisse aucun doute, selon Laurent Boyomo Assala, sénateur RDPC.












