Invité le 29 juin 2025 sur le plateau de la chaine de télévision Equinoxe, dans le cadre de l’émission « La vérité en face», Aboubakar Ousmane Mey, leader de l’Alliance nationale camerounaise, est remis une couche sur ses critiques acerbes contre le régime de Yaoundé.
Lors de son intervention sur la chaine de télévision émettant depuis Douala, poumon économique du Cameroun, Ousmane Mey a affirmé que son plan pour faire tomber le régime de Yaoundé est déjà « réalisé à 80% », tout en mettant les autorités administratives en garde contre toute tentative d’entrave de ce projet.
Des propos qualifiés d’«insurrectionnels» par Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat), dans une lettre signée le 7 juillet 2025 et adressée à son collègue en charge de la Communication. Dans cette lettre qui a fuité sur les réseaux sociaux, le Minat fait remarqué à René Emmanuel Sadi le caractère attentatoire à l’ordre public des propos tenus par Aboubakar Ousmane Mey.
Dans un contexte marqué par la montée de fièvre à trois mois de la présidentielle 2025, le Minat informe René Emmanuel Sadi de l’ouverture d’une enquête sous la coordination des autorités administratives afin que Aboubakar Ousmane Mey «assume pleinement ses multiples appels à l’insurrection».
Selon le Minat, Aboubakar Ousmane Mey n’est pas à son premier coup dans ce registre de menaces. Dans une sortie antérieure, l’incorrigible opposant au régime de Yaoundé avait «accusé au ministre de l’Administration territoriale d’avoir organisé l’agression physique d’une militante de l’OFRDPC de la section RDPC de la Mezam», soutient Paul Atanga Nji.
Selon le Code pénal camerounais et les dispositions de la loi N°2014/028 du 23 décembre 2014, les auteurs d’actes terroristes ou d’appel à l’insurrection courent un emprisonnement de 10 à 20 ans, voire une peine de mort. L’insurrection n’a pas de place dans une République où le pouvoir s’acquiert par les urnes. En effet, contrairement aux principes démocratiques, l’appel à l’insurrection participe d’un soulèvement contre un pouvoir établi ou la déstabilisation des institutions reconnues.












