Le Cameroun a tourné une nouvelle page de son histoire le 6 novembre 1982. Arrivé au pouvoir, pour succéder au président Ahmadou Ahidjo, démissionnaire, Paul Biya ouvre alors une nouvelle ère de la vie politique camerounaise. Entre l’euphorie de l’alternance, la méfiance face à une démission inattendue du père de l’indépendance et l’espoir du changement, le Cameroun voit un nouveau chef d’État s’engager dans le chantier de la gestion de la vie collective et de la régulation de la politique. Sous l’impulsion du président Paul Biya, la République du Cameroun connaît une évolution en six phases.
La première phase, couvre la période qui s’étend de 1982 à 1985. Elle est marquée par la transition politique entre le père de l’indépendance et son successeur, ainsi que la crise post-alternance. La seconde, circonscrite entre 1986 et 1989, est restée gravée dans les mémoires des Camerounais en raison de la crise économique sans précédent qui l’a marquée. L’impasse qu’a été le Plan d’ajustement structurel imposé par le Fond monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM) a fini par entamer profondément la sérénité sociale du peuple touché de plein fouet par la pauvreté. Pendant la troisième période, située entre 1989 et 1991, le monde en général, et le Cameroun en particulier, voit l’instauration d’un nouvel ordre politique mondial induit par le vent des libertés venu de l’Europe de l’Est, suite à l’effondrement du mur de Berlin et à l’émiettement de l’empire soviétique qui, dans la foulée, suivirent l’avènement de la glasnost et de la perestroïka; en France, François Mitterrand prononce son célèbre discours de La Baule dans lequel il redéfinit les rapports entre la France et ses ex-colonies. Le président Paul Biya, qui doit s’adapter au changement plie sous la pression populaire, et le Cameroun entame sa marche irréversible vers le multipartisme. La quatrième période, comprise entre 1992 et 1997, voit le Cameroun s’enfoncer dans une époque de turbulences sociopolitiques suite aux deux premières élections multipartites de l’ère de la démocratie et aux effets d’une crise économique prolongée exacerbée par la baisse des salaires de plus de 60 %, le licenciement massif dans la fonction publique (arrêt des concours, des recrutements…) et la dévaluation du Franc CFA. Durant la cinquième période allant de 1998 à 2002, le pays semble attendre vainement de bénéfiques retombées du PAS tout en continuant à subir de plein fouet chômage, pauvreté et inflation galopante. De 2003 à 2006, le Cameroun travaille à honorer les critères macroéconomiques de bonne gouvernance, ce qui lui ouvre la voie à la réduction de sa dette, dans le cadre de l’initiative pays pauvres très endettés prise par le FMI et la BM. Ce point d’achèvement ouvre un boulevard d’opportunités, dont l’industrialisation du Cameroun.
«Je vous invite à unir nos énergies et nos volontés pour écrire ensemble un nouveau chapitre de la belle histoire de notre cher et beau pays», déclare le président-candidat Paul Biya, à l’aube du septennat des Grandes Espérances. Tant souhaitée, l’émergence économique est à portée de main.












