Le tribunal de grande instance du Mfoundi a été sans pitié pour Dagobert Nwafo, qui était poursuivi après l’assassinat du petit Mathys Ouandji le 10 mai 2025 au quartier Ngoa Ekelle à Yaoundé, après une altercation avec son père dans un débit de boissons. Au terme de l’audience du 18 mars, le collège des juges présidé par Gertrude Ekassi, a prononcé la sanction la plus lourde connue de nos lois. L’accusé a été déclaré coupable. Il écope d’une peine de mort par fusillade. Il doit verser 500 millions de francs de dommages et intérêts à la famille de la victime, et 25 millions de francs CFA au titre des dépens. Le verdict a suivi les réquisitions du ministère public, qui au cours de la procédure, a qualifié d’une rare gravité les faits et a requis la peine maximale à l’encontre de l’auteur.
L’infanticide avait ému le Cameroun, et même au delà des frontières. Bien que l’auteur des faits soit inconnu du grand public, il est le père d’une personnalité publique: L’artiste chanteuse de slam Lydol. Cette dernière, qui vit désormais sur le sol canadien, avait été victime de harcèlement, de menaces de mort et bien d’autres sur l’ensemble de ses réseaux sociaux. Pourtant, la loi camerounaise est claire: un auteur de crime et délits graves est pénalement responsable à titre individuel. Quelques mois après les faits, la communauté nationale était toujours en plein suspens, surveillant les moindres délibérations au sein des tribunaux.
En marge, la décision de justice n’arrange pas la défense de Dagobert Nwafo, qui estime que le tribunal a simplement suivi les réquisitions du procureur de la République auprès du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi Luc Ndi Ndi. Les avocats du condamné qui plaident pourtant pour l’acquittement de leur client, estiment que les éléments rassemblés pour établir sa culpabilité, souffraient de plusieurs manquements. Par conséquent, ils ne comptent pas s’arrêter là pour attendre l’application de la peine. Ils entendent exploiter toutes les voies de recours qui s’offrent à eux. Dans cette perspective, ils annoncent en filigrane la saisine du juge d’appel.
Après la condamnation à mort par fusillade, la question qui se pose est celle de l’application de cette peine. Dans une interview accordée à nos confrères de Equinoxe Tv, Me Valery Barrinui, conseil de la famille de Mathys, explique que si cette décision venait à être appliquée, le condamné sera transporté sur la place publique et les exécutants vont tirer des coups de feu pour supprimer sa vie. Cependant, dans la pratique, cette peine pourrait être commuée en prison à vie.
Après la condamnation, la réaction de Lydol, fille du condamné, a circulé sur les réseaux et a été sans équivoque : « Bébé Mathis, maintenant que la justice est rendue, tu peux reposer en paix. » Une phrase bouleversante qui dit tout du poids de ce verdict.
La peine de mort reste inscrite dans le code pénal camerounais, principalement pour des crimes de sang, de terrorisme et le vol aggravé, mais le pays pratique un moratoire de fait, sans exécutions effectives depuis 1987-1997. Bien que des condamnations soient toujours prononcées, notamment par des tribunaux militaires, elles sont rarement appliquées, les condamnés purgeant souvent des peines à perpétuité.












