Le drame de Nkoabang, révélateur d’une impuissance collective
Le 19 mars 2026, le quartier Nkoabang à Yaoundé a basculé dans l’horreur. Divine Mbarga, 11 ans, a été violée puis assassinée dans des conditions qui ont glacé le sang de toute une nation. Ce n’est pas un fait divers isolé. C’est l’ultime épisode d’une litanie macabre où des corps de jeunes filles sont retrouvés au petit matin, où des enfants sont abusés, où l’innocence se fait piéger par une insécurité que personne n’arrive à enrayer. Le gouvernement a réagi, comme il se doit. La ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene, a exprimé l’indignation de l’exécutif, annoncé des mesures renforcées et adressé ses condoléances aux familles. Mais à côté de cette réaction officielle, un silence pèse, celui du ministère de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF), censé être au cœur de la protection des enfants et des femmes.
Le MINPROFF : un ministère fantôme dans la tourmente
Sur les réseaux sociaux, la colère ne se contient plus. La publication de Diane Nama a servi de détonateur : « Vous ne voyez pas la consternation, la peur, la frustration des femmes et de nos enfants face à l’insécurité, aux violences et abus qu’elles subissent chaque jour ? » Derrière cette question, c’est tout un ministère qui est mis en accusation. Qualifié par certains internautes de « ministère du 8 mars », il symbolise aux yeux de l’opinion une administration plus occupée à organiser des cérémonies protocolaires qu’à protéger les plus faibles. Le reproche n’est pas nouveau, mais les drames qui s’accumulent lui donnent une acuité glaçante.
Des missions claires sur le papier, une absence criante sur le terrain
Le MINPROFF n’est pourtant pas une coquille vide. Ses missions sont écrites, précises : promouvoir les droits des femmes, lutter contre les violences basées sur le genre, assurer la protection des enfants, mener des campagnes de sensibilisation, accompagner les victimes. Mais ces missions, aussi belles soient-elles sur le papier, semblent s’évaporer dès que la réalité frappe. Quand un corps d’enfant est retrouvé, quand une famille est plongée dans le deuil, quand la peur s’installe dans les quartiers, où est le ministre ? Où sont les actions visibles ? Où est cette parole forte qui rassure et qui montre que l’État ne baisse pas les bras ?
L’attente d’une parole forte, l’exigence d’actions concrètes
Le gouvernement a annoncé des mesures : poursuites systématiques des auteurs, renforcement des dispositifs de veille communautaire, accompagnement psychosocial des victimes. Ce sont des engagements nécessaires, mais ils ne peuvent suffire si l’institution dédiée à la protection des femmes et des enfants reste muette. L’opinion publique ne réclame pas seulement des communiqués. Elle veut voir un ministère en action, sur le terrain, aux côtés des familles, dans les médias, en train de briser le silence qui nourrit l’impunité. Elle veut que le MINPROFF cesse d’être un bâtiment administratif pour devenir un rempart.
La responsabilité collective et l’urgence d’un sursaut
La ministre des Affaires sociales a raison : la protection des enfants est une responsabilité collective. Mais dans cette chaîne de responsabilités, certains maillons sont plus défaillants que d’autres. Alors que la colère monte et que les drames se succèdent, le MINPROFF a plus que jamais besoin de se faire entendre. Les Camerounais attendent des actes, des résultats, une présence. L’indignation ne suffit pas. Il faut que les paroles se muent en actions, et que les ministères concernés, tous, sortent de leur réserve pour faire face à une urgence qui, elle, ne patiente pas.












