Le salaire minimum interprofessionnel garanti pourrait évoluer dans les prochaines années au Cameroun. Le ministre camerounais du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a évoqué une révision à venir, en marge de la célébration du 1er mai à Yaoundé. S’exprimant avant le défilé organisé au boulevard du 20 mai à l’occasion de la 140ème édition de la fête internationale du travail, le membre du gouvernement a indiqué que le SMIG serait « revu à un moment raisonnable », avec pour objectif de permettre aux travailleurs de vivre dans de meilleures conditions. « Le salaire minimum inter garanti-SMIG sera, dans les années à venir, revu à un moment raisonnable, permettant à chacun de vivre décemment », a-t-il souligné.
Au Cameroun, le niveau du salaire minimum varie selon les secteurs d’activité. Dans le secteur privé non agricole, il est fixé à 60 000 francs CFA depuis Mars 2023 par un décret du Premier Ministre Joseph Dion Ngute, un seuil qui constitue la référence la plus courante dans les entreprises. Dans le secteur agricole, le montant s’élève à 45 000 francs CFA, tandis que les agents de l’État de catégorie inférieure perçoivent un minimum de 43 969 francs CFA.
L’annonce d’une possible revalorisation s’inscrit dans les discussions plus larges sur les conditions de travail et la rémunération avec le patron au camerounais et les syndicats nationaux bien entendu. Elle laisse entrevoir une réflexion engagée sur l’adaptation du SMIG aux réalités économiques et sociales du pays.
La hausse des prix du carburant: l’équation au cœur de cette revalorisation
Depuis fin février 2023, l’augmentation des prix des carburants à la pompe a été l’élément déclencheur. Car le Cameroun sous programme de redressement du FMI et de la Banque Mondiale, a progressivement réduit ses subventions aux carburants, et ainsi accroître ses recettes au bénéfice des dépenses utiles à l’État. L’effet domino a été immédiat dans le quotidien des camerounais, et ce au plus près des ménages. Le président de la République S.E Paul Biya avait dans la foulée, signé un décret officialisant une hausse de 5,2 % du salaire des fonctionnaires. Ceci comme mesure palliative à la hausse des prix du carburant décidée le 1er février 2023.
Par ailleurs, le 22 mars 2024, au siège du Syndicat des Industriels du Cameroun, les représentants des employeurs et de syndicats de travailleurs, après d’âpres discussions et négociations, étaient parvenus à un accord dotant la Convention Collective Nationale des Industries de Transformation (CCNIT) d’une nouvelle grille salariale avec pour principale caractéristique, son arrimage au Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG). C’était à l’issue de la 2ème session de la commission mixte paritaire chargée de cette harmonisation de cette grille dont les travaux étaient coordonnés techniquement par une équipe d’experts, dépêchée par le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale.
Selon le vœu exprimé par Samuel Njanga Kondo, Président du Syndustricam il y’a deux ans, et conforté par les propos de Jean-Bosco Kitchabo, Président du Syndical Départemental des Industries Chimiques du Wouri qui s’étaient exprimés en ouverture de cette session, il fallait trouver un juste milieu entre deux impératifs :
D’une part, donner un bol d’air aux bas salaires du secteur en application du Décret N°2023/00338/PM du 21 mars 2023 fixant le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) à de 60 000 FCFA par mois et, d’autre part, éviter d’asphyxier définitivement les industries, surtout les petites et moyennes industries dont la survie financière ne tient plus qu’à un fil, face à la hausse vertigineuse des charges que les industries subissent depuis 2014.
C’est en considération de ces enjeux que les membres de la commission, après quatre heures de négociation, avaient pu trouver un accord. Désormais, le plus bas salaire du secteur passera de 39 911 F CFA par mois à 60 000 F CFA par mois, soit une hausse de 50,3% pour la Catégorie I, échelon A.












