Délivrance des Passeports : Les forces de sécurité mettent la main sur trois suspects

Deux fonctionnaires de police et un civil aux arrêts, le 20 Février 2020 suite à une enquête savamment menée par le cabinet du délégué général à la sureté nationale.

La récréation est terminée pour ce réseau d’arnaque pour les demandeurs de passeport en urgence. Figurent dans les filets des fins limiers de la sureté nationale, Georges Emmanuel Angoa, un cadre d’appui aux Ministère des marchés publics, David Ngoh un gardien de la paix, Estelle Nadia Olongo en service à la police des frontières. Les trois brigands d’un autre genre, ont été pris suite à la dénonciation d’une étudiante en cycle doctorat dans une université canadienne, voulant effectuer le renouvèlement de son sésame de voyage. Le prix lui sera donné : 400.000F. Intriguée par la forte somme, elle décide donc de rencontrer le DGSN Martin Mbarga Nguele en personne.

Le chef de corps de police est dépassé par les révélations et confie donc le dossier à son cabinet avec pour cote Vincent Meva, Officier de police judiciaire. La somme de 400.000F sera remise à la dame, et les faussaires seront pris en flagrant délit au niveau du commissariat du 5ème arrondissement, et dénoncera tout son réseau en passant aux aveux. L’exploitation de son smartphone, permettra de mettre tout à nu. Le DGSN rappelle aux usagers que le passeport coute 78.000F et que le passeport express n’existe pas, donc illégale. Un usager qui déboursera plus que la somme demandée, sera mis aux arrêts pour corrupteur. Il rappelle par ailleurs, que les problèmes de délivrance de passeport sont en passe d’être réglés.

Un marché noir qui en est à l’origine ?

Depuis plus de deux ans, il est de plus en plus difficile d’obtenir un passeport dans les délais de trois semaines. Absence de carton, offre supérieure à la demande, mais surtout la présence de faux documents dans les dossiers sont à l’origine de cette situation. Il y a quelques années encore, se faire établir un passeport relevait de la banalité. En effet, ce dernier était disponible en un mois, voire moins. Il suffisait de se présenter à la Dgsn, muni d’une photocopie certifiée conforme de l’acte de naissance, une photocopie certifiée conforme de la carte nationale d’identité, une fiche de demande timbrée, un justificatif de profession, des photos 4×4 et un timbre de 75.000Fcfa, comme le souligne le décret n° 2013/002 du 04 janvier 2013 fixant les conditions d’élaboration d’un passeport. Aujourd’hui, les éléments constitutifs du dossier n’ont pas changé mais les délais d’attentes sont de quatre mois en général.

Cette rumeur non fondée serait partie du fait que plusieurs demandeurs seraient en attente de leurs documents depuis deux à trois mois. Les dédales du Centre de production des passeports logés au sous-sol de la Dgsn montrent plusieurs centaines de cartons contenant les carnets de passeport, entreposés sur des étagères.

Le chef de centre, le commissaire de police principal Hermann Evina Zanga et son équipe s’affairent à produire des milliers de passeport sollicités par les dix commissariats à l’émiimmigration du pays et les ambassades du Cameroun à l’étranger. Ici, c’est une véritable fourmilière. Les équipes travaillent 7j/7, de lundi à dimanche. La capacité de production excipée est de 8000 passeports par jour. D’où vient donc cette allégation de pénurie de carnets de passeport ? Le Secrétaire général de la Dgsn est formel : « il n’y a aucun blocage, ni dans la production des passeports, ni dans la production des Cni ». « Le stock de carnets de passeport peut couvrir une période d’un an » ajoute Dominique Baya. Le Sg conclut que toute cette « pénurie » est le fait des arnaqueurs qui créent cette situation pour monter les enchères et escroquer les usagers.

L’on apprend d’ailleurs que des arnaqueurs ont été surpris en 2018 avec 14 passeports a été interpellé et gardé à vue à la direction de la Police judiciaire. Malgré toutes les dispositions prises par le Dgsn, Martin Mbarga Nguele pour verrouiller le système, les «apacheurs » se montrent résilients. A chaque fois, ils mutent leurs modes opératoires. L’arnaque se nourrit de l’indiscipline et surtout de l’impatience des usagers qui, pour la plupart, sont convaincus qu’il existe une procédure expresse d’obtention du passeport. «Tout le monde veut avoir son passeport à l’immédiat », reconnaît Dominique Baya. Pourtant à la Dgsn, l’on souligne qu’après une semaine, l’on devrait retirer son passeport. Un délai qui s’avère long pour certains usagers. Ces derniers passent donc à la trappe des arnaqueurs et se font délester d’importantes sommes d’argent. Malheureusement, ils bénéficient parfois de la complicité de certains agents de la Dgsn. L’embouteillage observé au commissariat à l’émi-immigration de Yaoundé est par ailleurs causé par des demandeurs venus des autres régions du pays.

Ils ont le sentiment qu’à Yaoundé, la procédure est moins longue. Or, souligne le Sg de la Dgsn, toutes les dix régions sont traitées de manière équitable. Les demandes sont acheminées à Yaoundé et les passeports produits sont renvoyés chaque semaine dans les dix commissariats. Il y a enfin parmi les usagers, ceux qui sont victimes du nouveau système d’identification. Désormais, les données du passeport doivent concorder avec la base des données de la carte nationale d’identité. Or beaucoup de citoyens ont des informations erronées, voire contradictoires contenues dans leurs bases de données identitaires. Du coup, on ne peut délivrer le passeport à ceux-là.

Pour les Cartes nationales d’identité

Au Centre national de production des titres identitaires, situé en contrebas de l’Ecole nationale supérieure de police, les machines crachent 8000 Cni par jour. Ici aussi, aucune pénurie n’est envisagée. Le stock d’imprimés de Cni peut couvrir jusqu’à six mois, rassure le Commissaire de police principal Albert Djella. Le nouveau système d’identification lancé en août 2016, a déjà produit plus de 1 700 000 cartes. Mais 400 000 cartes ayant des données erronées sont en souffrance. Le deuxième centre basé à Garoua dont le bâtiment est déjà construit et les machines installées, sera opérationnel sous peu.

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Manfred Essome


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