Daniel Elanc, Auteur à Meyomessala International

AvatarDaniel Elanc12 août 2020
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Face à la presse le 11 août, le président russe a affirmé que son pays a développé le « premier » vaccin contre le nouveau coronavirus. L’une des filles du président russe s’est faite inoculer ledit vaccin.

Le vaccin est baptisé « Spoutnik V » (V comme vaccin), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite en 1957, a déclaré le président du fonds souverain russe impliqué dans son développement, Kirill Dmitriev. « Plus d’un milliard de doses » ont été précommandées par 20 pays étrangers, a affirmé M. Dmitriev, précisant que la phase 3 des essais commençait mercredi, 12 août. Cette étape porte généralement sur des milliers de participants et leurs résultats sont habituellement indispensables pour soumettre une demande d’autorisation de mise sur le marché. « Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le COVID-19 a été enregistré », a annoncé Vladimir Poutine, ajoutant que, « je sais qu’il est très efficace, qu’il permet de développer une forte immunité et, je le répète, il a passé tous les tests nécessaires ».

Une autorisation réglementaire de développement a été donnée par le ministère de la Santé russe à l’Institut Nikolaï Gamaleïa, un centre de recherche d’Etat en épidémiologie et microbiologie situé à Moscou. Cette autorisation qui intervient après moins de deux mois d’essais cliniques chez l’homme, dont l’une des filles du président Vladimir Poutine, ouvre la voie à l’utilisation à grande échelle de ce vaccin sur la population russe, même si les dernières phases des essais cliniques se poursuivent pour déterminer son innocuité et son efficacité. Selon le registre national des médicaments du ministère de la Santé, ce vaccin sera mis en circulation le 1er janvier 2021.

La Russie n’a toutefois pas publié d’étude détaillée des résultats des essais permettant d’établir l’efficacité des produits qu’elle dit avoir développés. Début août, alors que la Russie annonçait que son vaccin était presque prêt, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’était montrée dubitative, rappelant que tout produit pharmaceutique devait « être soumis à tous les différents essais et tests avant d’être homologués pour leur déploiement » et soulignant l’importance du respect de « lignes directrices et directives claires » en matière de développement de vaccins.

A la suite de l’annonce de la mise au point d’un vaccin contre le COVID-19 par Vladimir Poutine, l’OMS a réagi prudemment. « Nous sommes en étroit contact avec les Russes et les discussions se poursuivent. La pré-qualification de tout vaccin passe par des procédés rigoureux », a pointé Tarik Jasarevic, le porte-parole de l’OMS, lors d’une visio-conférence de presse. « La pré-qualification comprend l’examen et l’évaluation de toutes les données de sécurité et d’efficacité requises recueillies lors d’essais cliniques », a-t-il rappelé, soulignant que le processus serait le même pour tout candidat vaccin. En sus des validations accordées dans chaque pays par les agences nationales, « l’OMS a mis en place un processus de pré-qualification pour les vaccins mais aussi pour les médicaments. Les fabricants demandent la pré-qualification de l’OMS car c’est une sorte de gage de qualité », a-t-il insisté.


AvatarDaniel Elanc23 juillet 2020
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Pour l’édition 2020 de la fête d’indépendance de la République démocratique du Congo, le  président Félix Tshisekedi a reçu un message particulier venu de l’ancienne métropole.

« Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore présentes dans nos sociétés », a écrit le roi des Belges, Philippe au président congolais, Félix Tshisekedi. Pour la première fois dans l’histoire du pays, le roi a présenté des regrets pour les blessures infligées lors de la période coloniale belge au Congo, le 30 juin 2020, à l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance. « A l’époque de l’Etat indépendant du Congo [quand ce territoire africain était la propriété du roi Léopold II], des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi [celle du Congo belge, de 1908 à 1960] a également causé des souffrances et des humiliations », poursuit le roi Philippe, qui règne depuis 2013. Il affirme désormais son engagement à « combattre toutes les formes de racisme ». Engagé dans ce qui s’apparente à une véritable opération de purification, le roi s’engage à encourager « la réflexion qui est entamée par notre Parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée ».

Absoute pour Patrice Lumumba

Le parcours fulgurant de Patrice Lumumba, fondateur du Mouvement national congolais, a été de courte durée. Il s’achève six mois et demi après son discours retentissant, le 17 janvier 1961. Déchu, humilié, torturé, le martyr de l’indépendance est exécuté en pleine brousse à 50 km d’Elisabethville, actuelle Lubumbashi, par des séparatistes katangais et leurs hommes de main belges. Il avait 35 ans. La cause de ses malheurs ? Le 30 juin 1960, dans un discours à Léopoldville, actuelle Kinshasa, Baudoin Ier, oncle de l’actuel roi, évoqua la « grande œuvre » et le « génie » de son ancêtre. Un panégyrique auquel Patrice Lumumba avait répondu par une diatribe cinglante, décrivant le Congo comme étant violenté et vidé de ses richesses devant des représentants belges consternés. Aujourd’hui, selon le roi Philippe, « l’heure est venue pour la Belgique d’entamer un parcours de vérité ».

Les Congolais réagissent

Dans une déclaration, la ministre congolaise des Affaires étrangères a d’abord salué la reconnaissance du fait que « le Congolais n’a pas été traité dans le respect de la dignité humaine », explique-t-elle. Pour Marie-Ntumba Nzeza, ce sont les meilleurs souhaits que pouvaient recevoir la RDC et sa population. « C’est du baume sur le cœur du peuple congolais. C’est une avancée qui va booster les relations amicales entre nos deux nations. C’est aussi un puissant soubassement socio-psychologique qui va, petit à petit, modifier notre regard sur nous-mêmes. La Belgique, par le roi Philippe, a posé les bases d’un changement profond ». Pour Carbone Beni, du mouvement citoyen Filimbi, c’est aussi « une prise de position historique », mais il ne faut pas s’arrêter là. Il plaide pour que cette histoire commune soit enseignée dans les deux pays. C’est aussi l’avis de Bienvenu Matumo, du mouvement citoyen Lucha (Lutte pour le changement). Mais, pour lui, la Belgique a encore quelques pas à faire. « Il y a eu beaucoup de crimes économiques, mais aussi des violations de droits de l’homme qui ont été commises en RDC par Léopold et la colonisation belge. Il faut déclencher un mécanisme de réparation, qui peut être un élément fondateur de nos nouvelles relations avec la Belgique. » Pour Bienvenu Matumo, les regrets ne suffisent pas, il exige de véritables excuses.


AvatarDaniel Elanc9 juillet 2020
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Le président tchadien a ajouté, le 26 juin dernier, un nouveau titre frais émoulu pour services rendus à la nation. L’Assemblée institution ayant décerné cette distinction au chef de l’Etat a pris soin d’indiquer qu’elle ne constitue pas un grade de la hiérarchie militaire.

Pas de comparaison qui tienne avec Jean-Bedel Bokassa de la République centrafricaine, ni Idi Amin d’Ouganda, encore moins avec Mobutu Sese Seko du Zaïre, l’actuelle République démocratique du Congo. « C’est une élévation consacrée, prévue dans nos textes. Il n’est pas maréchal dans l’armée, ce n’est pas un grade, c’est une dignité par rapport à tout son parcours », explique Jean-Bernard Padaré, le porte-parole du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir et majoritaire à l’Assemblée nationale du Tchad. Pourtant pas à l’ordre du jour, la résolution a été votée le 26 juin 2020 par la majorité des députés. Le président de la République a été élevé au titre honorifique de maréchal du Tchad pour « services rendus à la nation ». Cette promotion honorifique du président était accompagnée d’une  série de décorations de responsables ayant participé à l’opération « colère de Bohoma », dans une atmosphère de recueillement en mémoire des soldats martyrs du 23 mars 2020. Bien que couronnée par un franc succès, cette opération a été particulièrement sanglante avec la mort d’une centaine de soldats.

Le Tchad payait alors un lourd tribut dans cette lutte contre le terrorisme, tant au sein de la force conjointe du G5 Sahel que dans le cadre du bras de fer avec Boko Haram. Le président Idris Déby Itno en récolte aujourd’hui les lauriers. Pour le président du groupe parlementaire du MPS, Kolotou Tchaïmi, le chef de l’Etat tchadien est « le seul président en exercice qui ait pris une arme lui-même » et qui soit descendu « sur le terrain » pour « combattre au même titre qu’un simple soldat ».

Mais les élus de l’opposition ont vivement dénoncé cette nomination en quittant la salle au début de la séance du 26 juin. « Ce titre est anachronique », s’indigna Saleh Kebzabo, le chef de file de l’opposition tchadienne et président de l’Union nationale pour la développement et le renouveau (UNDR). « Quand on entend ce titre de maréchal, ça fait sourire, ça ne fait pas rire. Ce n’est pas au goût du jour ni du temps. Quand vous dites maréchal aujourd’hui en Afrique, on pense à Bokassa, on pense à Idi Amin, on pense à Mobutu, personnage loufoque. Mais malheureusement pour nous, le parti au pouvoir démontre que le Tchad est à ce niveau parce que le président Déby, chef des armées, n’a pas besoin d’un autre titre, fut-il honorifique », argumentait le président de l’UNDR. Pour l’opposition, le président Idriss Déby, 68 ans, arrivé au pouvoir par les armes il y a près de 30 ans, rappelle que la guerre n’est toujours pas terminée dans son pays.


AvatarDaniel Elanc23 juin 2020
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Prenant la suite de Louis Moreno Ocampo dont la gestion fut émaillée de nombreux faits, dont des dossiers mal ficelés, des 52 candidats en lice le 12 décembre 2011, la Gambienne incarnait le mieux le changement. Retour sur ses neuf années de procureure générale de la Cour pénale internationale, une institution qui entretient avec l’Afrique une relation singulière.

Pour de nombreux observateurs, Luis Moreno Ocampo voulait émettre des mandats d’arrêt très vite, après des enquêtes menées avec une équipe réduite et parfois via des intermédiaires, quitte à bâcler le travail. S’appuyant sur le dossier Bemba, ils soutiennent que Luis Ocampo a privilégié le spectacle en attaquant uniquement Jean-Pierre Bemba et en laissant de côté les responsables centrafricains. Plus loin, d’autres se souviennent qu’ « il voulait marquer les esprits en poursuivant les chefs d’Etat, mais il avait une approche partielle qui pouvait donner une fausse image de la réalité, comme dans le cas de la Côte d’Ivoire ».

Plusieurs documents, révélés par Mediapart en 2017, montrent ainsi que Luis Ocampo a collaboré avec la diplomatie française afin de favoriser le maintien en détention de l’ancien président Laurent Gbagbo avant même l’émission d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Au moment où la CPI est sur le point de publier la liste restreinte des candidats au poste de procureur général, l’heureux élu devant entrer en fonction le 15 juin 2021, quel est le bilan de Fatou Bensouda ? Quels sont les enjeux de cette élection pour l’Afrique ?

Fatou Bensouda dans les bottes de Luis Ocampo

Pendant huit ans adjointe de Luis Moreno Ocampo, en succédant au sulfureux premier procureur de la CPI, Fatou Bensouda, du goût des Africains ne s’en est réellement pas démarquée. Sur le dossier Gbagbo, elle a soutenu son prédécesseur face aux accusations formulées par le site d’information Mediapart. Le journal avait révélé que des e-mails ont été échangés entre le procureur de la CPI et des diplomates français au moment de l’arrestation de Laurent Gbagbo. « Penser qu’un procureur peut amener quelqu’un devant des juges en fonction de considérations politiques est une grave erreur. Nous nous fondons sur les preuves que nous collectons, pas sur des opinions politiques. Sous mon mandat, de telles choses ne peuvent pas arriver », défendait Fatou Bensouda. A ce jour pourtant, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont libres de se mouvoir dans plus d’une centaine de pays à travers le monde, en attendant un procès en appel demandé par la procureure et dont l’agenda est dicté par l’actuelle crise sanitaire de COVID-19.

Sa promesse d’enquêter sur le camp du président Alassane Ouattara tarde toujours à prendre forme, plusieurs années après la fin de la crise post-électorale. « J’ai toujours dit que nous nous intéresserions à tous les camps et c’est bien ce que je fais. Les enquêtes se poursuivent et s’intensifient. Le moment de révéler certaines choses publiquement n’est pas venu. Mais personne n’échappera à la justice, quel que soit son camp », martelait la procureure en 2018.

L’idée des poursuites visant des chefs d’Etat en fonction sur le continent africain, comme en 2012 contre Uhuru Kenyatta et William Ruto, respectivement président et vice-président du Kenya, a laissé une tâche indélébile au mandat de Fatou Bensouda.

Défiance de nombreux Africains

L’Afrique du Sud s’est retirée du Statut de Rome de la CPI le 20 octobre 2016, le Burundi le 27 octobre, la Gambie a annoncé son intention de faire de même. D’autres Etats pourraient rapidement leur emboîter le pas, car les Africains sont les plus visés par les mandats d’arrêt délivrés par cette institution toujours boudée par les Etats-Unis et la Chine. « J’entends les rumeurs et les menaces, mais l’Afrique est le continent qui compte le plus d’Etats signataires du statut de Rome. Dans la plupart des affaires que nous instruisons, ce sont des Etats africains qui font appel à la CPI. Malgré ce qui peut être dit, 90 % des demandes de coopération que nous faisons sont satisfaites par les gouvernements du continent. A la CPI, de nombreux juges sont africains », soutient la procureure qui admet l’existence d’un réel problème politique entre la CPI et l’Afrique.

La prochaine personnalité à siéger comme procureur général de la CPI réussira-t-elle à contenir la volonté d’un départ des Etats africains parties au Statut de Rome ? Pour cela elle devra convaincre sur sa volonté de transformer la CPI en une institution attentive à la souffrance des victimes africaines, sans pour autant être contre les Africains. Réussira-t-elle ce jeu d’équilibriste ? Seul l’avenir nous dira.


AvatarDaniel Elanc6 juin 2020
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Le Président ivoirien qui avait annoncé en mars 2020, sa volonté de ne plus briguer u autre mandat, serait proche de revenir sur sa décision selon certains bookmakers et journaux introduits dans les cercles du pouvoir. En cause, les difficultés sanitaires de son dauphin, et la libération de Laurent Gbagbo et Cie par la CPI.

Alassane Ouattara, qui vient d’annoncer un remaniement partiel de son gouvernement, envisage de nommer un nouveau Premier ministre pour prendre la suite d’Amadou Gon Coulibaly. Et il a déjà choisi un potentiel successeur selon certaines sources. Selon certaines informations, cet important changement à la tête du gouvernement devrait s’opérer dès le retour en Côte d’Ivoire d’Amadou Gon Coulibaly, en convalescence à Paris pour quelques semaines.

Si celui-ci avait d’abord souhaité conserver son poste jusqu’à la présidentielle, tout en transférant ses dossiers aux membres influents de son cabinet, il soutient désormais l’initiative d’Alassane Ouattara. En tant que candidat et président du directoire du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, il va désormais se consacrer à la campagne.

Leger remaniement le 13 mai 2020

Alors qu’Amadou Gon Coulibaly poursuit sa convalescence en France, le président Alassane Ouattara a procédé à un léger remaniement il y’a quelques jours.

Selon le communiqué lu mercredi 13 mai par le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, Albert Mabri Toikeusse ne fait plus partie du gouvernement. Le président de l’Union pour la paix et la démocratie en Côte d’Ivoire (UDPCI), l’une des principales formations composant le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), était ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique depuis juillet 2018.

Albert Mabri Toikeusse, dont les ambitions présidentielles n’étaient un secret pour personne, avait déjà été évincé du gouvernement en novembre 2016. Il était alors ministre des Affaires étrangères, après avoir servi comme ministre d’État, chargé du Plan et du Développement dans le gouvernement de Guillaume Soro.

Son avenir au sein du gouvernement d’Amadou Gon Coulibaly s’inscrivait en pointillé depuis le 12 mars dernier. Ce jour-là, alors que le Premier ministre était désigné candidat du RHDP, Mabri était resté assis lorsqu’Alassane Ouattara avait demandé à l’assistance de se lever pour adouber ce choix.

« Je suis un homme de conviction et je préfère dire ce que je pense. Ne prenons pas des engagements d’une heure dans une salle, qui par la suite ne refléteront pas la réalité sur le terrain », avait-il déclaré quelques minutes plus tôt à la tribune. Avant cet épisode, Albert Mabri Toikeusse s’était vu proposer la présidence du Conseil économique et social (CES).

Deux conseillers ont fait leur entrée

Mabri Toikeusse est remplacé par le professeur Adama Diawara. Conseiller du Premier ministre en charge de la formation et de la recherche, il est également président délégué de l’Union des enseignants du supérieur et des chercheurs du RHDP.

Un autre conseiller d’Amadou Gon Coulibaly (AGC) intègre le gouvernement en la personne d’Albert Flindé. Ce proche du Premier ministre avait été récemment évincé de la direction de l’UDPCI par Mabri Toikeusse. Il se voit offrir le ministère de l’Intégration ivoirienne en remplacement d’Ally Coulibaly. Ce dernier étant confirmé au poste de ministre des Affaires étrangères, dont il occupait l’intérim depuis le départ de Marcel Amon Tanoh. Raymonde Goudou Coffie, qui occupait de son côté l’intérim du ministre de la Culture, Maurice Bandaman, nommé ambassadeur à Paris, a elle aussi été confirmée à ce poste.

Gbagbo, une menace ?

La Chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé ce jeudi 28 mai, d’alléger les conditions imposées à la mise en liberté de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et l’ex-ministre Charles Blé Goudé.

Dans un communiqué, la Cour a annoncé la révocation des conditions suivantes : (1) ne pas se déplacer en dehors des limites de la municipalité dans laquelle ils résident dans l’Etat d’accueil, à moins d’y avoir été expressément autorisés au préalable par la Cour ; (2) remettre au Greffe toutes les pièces d’identité dont ils disposent, en particulier leur passeport ; (3) se présenter chaque semaine auprès des autorités de l’Etat d’accueil ou auprès du Greffe ; (4) se conformer à toute autre condition raisonnable imposée par l’Etat dans lequel ils seront libérés.

La révocation de cette série de conditions restrictives offre aux concernés une bien plus grande liberté de mouvement leur permettant de se déplacer et même de voyager sans restrictions.

Cette décision de la CPI intervient à la suite de la requête de la Défense de Laurent Gbagbo demandant à la Chambre de réexaminer son arrêt lui accordant, ainsi qu’à Charles Blé Goudé, une mise en liberté conditionnelle, alors même que ceux-ci avaient été acquittés des charges pesant contre eux. Une requête d’ailleurs rejetée ce jour par la Chambre.

Rappelons que le 15 janvier 2019, la Chambre de première instance I de la CPI, à la majorité, avait acquitté Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé de toutes les charges de crimes contre l’humanité prétendument perpétrés en Côte d’Ivoire en 2010 et 2011, et ordonné leur mise en liberté immédiate et sans condition. Une décision dûment motivée a été rendue par écrit le 16 juillet 2019. L’Accusation a fait appel de cette décision.

Par la suite, le 1er février 2019, la Chambre d’appel a dans un arrêt, modifié la décision orale et imposé un certain nombre de conditions à la mise en liberté de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Cette décision a d’ailleurs soulevé une vive polémique dans la mesure où, aux yeux de nombreux observateurs et spécialistes du droit, il paraissait inconcevable de restreindre la liberté de personnes acquittées à l’issue d’un procès qui a duré plusieurs années.

Avec la révocation de ces quatre conditions de mise en liberté de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, leurs partisans qui n’ont cessé de battre le pavé depuis le début de ce procès pour leurs leaders peuvent désormais entrevoir la possibilité de leur retour en Côte d’Ivoire. Cela reste toutefois hypothétique dans la mesure où, hormis les restrictions aux voyages imposées dans le cadre de la lutte contre la covid-19, les concernés restent sous le coup d’une condamnation à 20 ans de prison chacun suite à des procès par contumace qui ont eu lieu dans le pays.


AvatarDaniel Elanc20 mai 2020
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Le financier présumé du génocide des Tutsis au Rwanda, a été arrêté ce samedi 16 mai à Asnières-sur-Seine. Depuis l’émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, il s’est écoulé plus de deux décennies pendant lesquelles le génocidaire s’est joué de la justice.

C’est une belle fortune et de solides réseaux qui ont permis à Félicien Kabuga d’échapper au mandat d’arrêt émis par le Tribunal pénal international pour le Rwanda en 1997. Malgré une mise à prix de 5 millions de dollars par Washington et un fichage par Interpol, l’homme d’affaires du nord du Rwanda a longtemps poursuivi son commerce depuis le Kenya, bénéficiant du soutien de l’ex-président.

On retrouve ensuite sa trace en Belgique, où réside une partie de sa famille, au Luxembourg, en Suisse, en Allemagne. En 2007, son gendre, l’ex-ministre du Plan, est arrêté à la demande du TPIR.

Mais Félicien Kabuga, qui a été fraîchement opéré du cœur, y échappe et reprend la route. À deux reprises au moins, l’homme âgé de 85 ans avait tenté une négociation avec le tribunal international, un plaidé-coupable contre une peine allégée, sans succès. Il est donc finalement arrêté à Asnières-sur-Seine, près de Paris.

Coopération au plus haut niveau

Une source judiciaire à La Haye indique que Félicien Kabuga résidait depuis plusieurs années déjà sur le territoire français. C’est l’équipe internationale chargée de sa traque qui aurait informé les autorités françaises. L’étau s’est resserré au cours des dernières semaines, selon le bureau du procureur : les enquêteurs obtiennent alors une coopération exemplaire et au plus haut niveau des autorités françaises. Mais des zones d’ombre persistent toujours sur sa longue cavale et sur les complicités dont il aurait bénéficié pendant vingt-trois ans, notamment en Europe. Le parquet général indique qu’il résidait à Asnières-sur-Seine sous une fausse identité.

« Il résidait sous une fausse identité dans un appartement d’Asnières-sur-Seine, grâce à une mécanique bien rodée et avec la complicité de ses enfants », indique le parquet général de Paris dans un communiqué.

L’homme d’affaires est considéré comme l’architecte financier du génocide. Proche du pouvoir, il était membre de l’Akazu, un cercle d’hommes influents dirigé par la femme de l’ex-président rwandais, Agathe Habyarimana. Félicien Kabuga est accusé d’avoir formé des milices responsables de massacres au Rwanda : les milices Interahamwe.

Avec d’autres, Félicien Kabuga se charge aussi d’armer les esprits, reproche l’acte d’accusation. Il présidait la Radiotélévision libre des Mille-Collines (RTLM), qui diffusa des appels aux meurtres des Tutsi, et le Fonds de défense nationale (FDN) qui collectait « des fonds » destinés à financer la logistique et les armes des miliciens hutu Interahamwe, selon l’acte d’accusation du TPIR.

En procès, il devra répondre de sept chefs d’accusation pour génocide et crimes contre l’humanité. Pour l’instant, nul ne sait si cet homme de 84 ans sera jugé à Arusha ou à La Haye. Après sa comparution devant la chambre des mises en accusation à Paris dans les prochains jours, Félicien Kabuga dans un premier temps va être transféré à La Haye. Il devra alors dire s’il plaide coupable ou non coupable des crimes reprochés.

La Haye sur le qui-vive

Après cette arrestation, Serge Brammertz, le procureur du Mécanisme international de La Haye a rapidement réagi en rappelant que toutes les personnes suspectées d’avoir eu un rôle dans ce génocide devront être jugées.

Human Rights Watch salue avec l’arrestation de Félicien Kabuga « un pas important vers la justice pour des centaines de milliers de victimes du génocide ». Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme cette arrestation montre que les survivants « peuvent espérer voir de la justice même 26 ans après les faits, et que les suspects ne peuvent espérer échapper à leurs responsabilités ».

« C’est un signe très important, même si nous avons attendu longtemps, assure de son côté le président d’Ibuka, la principale association de rescapés. Cela montre que la justice fonctionne et que la France commence à faire des efforts significatifs pour faciliter de telles arrestations. »  Jean-Pierre Dusingizemungu souligne que les victimes souhaiteraient maintenant voir Félicien Kabuga jugé au Rwanda. « Ce que les victimes du génocide souhaitent c’est que, évidemment et ça se comprend, Félicien Kabuga soit amené ici au Rwanda ou il a organisé le génocide contre les Tutsis. Ce serait le souhait le plus cher des rescapés. »

Jean Damascène Bizimana, secrétaire exécutif de la Commission nationale de lutte contre le génocide, salue cette arrestation. « C’est une réaction de satisfaction. Parce que je sais que Félicien Kabuga est  l’un des principaux meneurs du génocide commis contre les Tutsis. Et vu qu’il est arrêté pendant la période des 100 jours de commémoration du génocide commis contre les Tutsis, vingt-six ans après les faits, c’est pour nous un moment de satisfaction qui montre que le génocide est un crime imprescriptible. C’est un pas que nous saluons pour l’honneur et la mémoire des victimes. »

Qui l’a aidé en cabale?

Le bureau du procureur assure en tout cas dans un tweet que le Rwanda va continuer à collaborer avec le mécanisme pour les tribunaux internationaux, qui a pris la suite du Tribunal pénal international pour le Rwanda, afin que justice soit rendue.

Sur Twitter, des questions sont aussi posées également. Yolande Makolo conseillère du président Paul Kagame, demande comment a-t-il pu se cacher aussi bien et pendant si longtemps. Nous le saurons peut-être maintenant. Tandis que certains internautes pointent du doigt un lien privilégié entre la France et les anciens génocidaires. Pas encore de réactions officielles, en tout cas, que ce soit du côté de la présidence ou des différents ministères.

Les commémorations du génocide sous confinement

Le 7 avril 2020, des commémorations du 26e anniversaire du génocide des Tutsis au Rwanda ont eu lieu. Des commémorations un peu particulières cette année puisqu’elles se sont déroulées sous confinement. La plupart des évènements qui ont habituellement lieu dans tous les districts ont été annulés et les Rwandais ont été invités à se recueillir chez eux.

Seule une petite délégation s’est rendu au mémorial de Gisozi, à Kigali, où le président Paul Kagame a émis un discours. Une courte cérémonie retransmise à la radio et à la télévision.


AvatarDaniel Elanc11 mai 2020
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La journaliste allemande de 37 ans affirme que l’ancien chef de l’Etat, de 1974 à 1981, lui a posé la main sur les fesses lors d’une interview en 2018.

Dans sa plainte adressée au parquet de Paris, le 10 mars 2020, la jeune dame relate des faits qui remontent au 18 décembre 2018. Ce jour-là, Madame Stracke avait rendez-vous avec M. Giscard d’Estaing dans son bureau du boulevard Saint-Germain à Paris. Objet de la rencontre : une interview pour la chaîne publique allemande WDR, à l’occasion du 100e anniversaire de la naissance de l’ancien chancelier fédéral, Helmut Schmidt (1918-2015), au pouvoir quand Valéry Giscard d’Estaing était à l’Elysée.

A la conclusion de l’entretien télévisé, la journaliste invita son hôte à poser pour une pour une photographie avec elle, son caméraman et sa preneuse de son. Volonté à laquelle l’ancien locataire de l’Elysée se plia. Mais la suite des évènements rompt totalement avec tout ce que la jeune dame pouvait imaginer, et révèle une caricature de l’ancien président.

Un récit choquant

Durant les prises de vues, elle avoue que l’ancien président l’a entourée de son bras, lui a touché la taille et posé la main sur une fesse. « Très surprise et désapprouvant ces atteintes qui m’ont mise extrêmement mal à l’aise, j’ai tenté de repousser la main de M. Giscard d’Estaing, sans toutefois y parvenir », confie la journaliste.

Agé de 92 ans, au moment des faits, Giscard d’Estaing lui aurait ensuite proposé de regarder des photographies affichées sur le mur de son bureau et il a, à nouveau, mis sa main sur les fesses de la journaliste. Un geste qu’elle a vigoureusement repoussé. La scène a été interrompue par une diversion opérée par le cameraman. Prenant congé d’eux, Giscard d’Estaing lui aurait chuchoté « faites de beaux rêves», à l’oreille.

La réaction musclée de la WDR

Mise au courant par la journaliste, la WDR a envoyé le 23 mai 2019 une lettre à Valéry Giscard d’Estaing.  Un courrier dans lequel on pouvait lire « Madame Stracke a été extrêmement choquée par vos agissements. Nous ne saurions tolérer que nos collaborateurs soient confrontés à de telles situations et espérons donc vivement qu’un tel comportement ne se répétera envers aucun d’entre eux à l’avenir ».

Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Si Ann-Kathrin Stracke a attendu plusieurs années avant de témoigner, c’est d’abord pour une raison administrative. « Dans un premier temps, je n’ai pas pensé porter plainte, d’autant que je n’avais aucune idée de la façon dont fonctionne la justice française », a-t-elle expliqué, avant de mentionner le mouvement #MeToo. « Ce mouvement m’a montré à quel point il est important de débattre de ces sujets dans la société ».

Selon le directeur de cabinet de Valéry Giscard d’Estaing, Olivier Revol, l’ex-chef d’État aujourd’hui âgé de 94 ans, ne garde « aucun souvenir de sa rencontre » avec Ann-Kathrin Stracke. « Si ce qui lui est reproché était vrai, il en serait bien sûr navré, mais il ne se souvient de rien », a-t-il précisé. La plainte pour agression sexuelle contre Valéry Giscard d’Estaing, n’a pas encore révéler tous ses secrets.


AvatarDaniel Elanc7 mai 2020
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Pour la première fois depuis 22 ans, Washington et Khartoum rétablissent leurs relations diplomatiques.

Le nouveau patron de la mission diplomatique soudanaise aux Etats-Unis est connu depuis le 4 mai 2020. Il s’agit de Noureddine Sati. Un diplomate expérimenté ayant servi en France dans les années 1990, avant de travailler avec les missions onusiennes de maintien de la paix au Congo et au Rwanda. Le premier signe annonciateur du réchauffement des relations entre les deux pays, est la visite officielle à Washington du Premier ministre soudanais de transition, Abdallah Hamdok. En décembre 2019, au cours de la rencontre avec Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine annonçait que « les Etats-Unis et le Soudan ont décidé d’engager le processus visant à échanger des ambassadeurs après une pause de 22 ans ».

Consécutivement à ce vent de rétablissement des relations diplomatiques, Khartoum a indiqué « avoir reçu l’accord du gouvernement des Etats-Unis pour la nomination de Noureddine Sati, ambassadeur extraordinaire du Soudan » à Washington, une première depuis 1998.

Une nouvelle ère

« Cette décision est un pas en avant important dans le renforcement des relations américano-soudanaises, particulièrement au moment où un gouvernement de transition dirigé par un civil met en œuvre de vastes réformes », reconnaissait Mike Pompeo en décembre 2019. Sans être rompues, les relations entre les deux pays ont été au plus bas pendant les 30 années de régime du président soudanais Omar el-Béchir, renversé en avril 2019 après d’importantes manifestations populaires. Si les Etats-Unis ont levé, en 2017, les sanctions économiques pesant contre le Soudan, Khartoum reste inclus dans la liste noire américaine des Etats soutenant le terrorisme. Une situation qui continue de brider ses perspectives d’investissement au Soudan.

Khartoum demande à être retiré de cette liste noire, qui entrave les investissements et complique la relance économique du pays. Le gouvernement américain a récemment dit être prêt à envisager de tourner cette page si des progrès suffisants étaient réalisés au Soudan, tout en soulignant que le processus prendrait un certain temps.

Les ambitions de Khartoum

« Un projet-clé du nouveau gouvernement de transition est de lutter contre le terrorisme, et afin d’assurer la stabilité dans la région, il faut un programme régional et international de lutte contre le terrorisme », réaffirmait Abdallah Hamdok, plaidant pour que les Etats-Unis retirent Khartoum de leur liste noire qui entrave les investissements extérieurs.

Plusieurs membres du Congrès américain, tout en apportant leur soutien aux autorités de Khartoum après avoir également rencontré Abdallah Hamdok, ont évoqué leurs « inquiétudes persistantes », demandant davantage de « transparence financière dans le secteur de la sécurité » et des éclaircissements sur « des éléments de l’ancien régime qui pourraient toujours soutenir le terrorisme international ». Ces parlementaires ont surtout «souligné qu’avant de retirer le Soudan de la liste, le gouvernement devait trouver un accord avec les familles de victimes des attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie».


AvatarDaniel Elanc13 avril 2020
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L’interdiction de scolariser les filles enceintes a été annulée le 30 mars 2020 à la suite d’une lutte acharnée remportée par les militants des droits de l’Homme, au bout de cinq années de combat.

Dans un communiqué publié le 30 mars, le ministère de l’Education s’est exécuté pour accomplir « un premier pas sur la voie d’une Sierra Leone résolument inclusive où tous les enfants pourront vivre et apprendre en toute sécurité et en toute dignité », a annoncé le ministre David Sengeh. Judy Gitau, coordinatrice pour l’Afrique du groupe de défense des droits des femmes « Equality Now », qui a travaillé avec le gouvernement, a déclaré que la politique de sécurité qui accompagnera l’application de la décision comprendra des mesures pour protéger les filles contre la violence sexuelles. Si la levée du verrou sur la scolarisation des filles enceintes est d’application immédiate, les personnes concernées devraient au moins attendre la prochaine rentrée scolaire. Avec cette décision, le pays tourne une page douloureuse de son histoire.

Au-delà de la fièvre Ebola

Introduite en 2015, la requête des groupes de défense des droits de l’Homme visant à bannir l’interdiction de la scolarisation des filles enceintes est née d’un constat de la recrudescence des viols, abus sexuels et de la prostitution liées à la pauvreté créée par le passage dévastateur de la fièvre hémorragique Ebola.

La pandémie a fait de milliers d’orphelins et un grand nombre d’adolescentes s’étaient exposées à la débauche pour garantir leur survie. A l’époque, plus de 14 000 filles étaient concernées selon les statistiques de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le gouvernement les avait exclues du système scolaire en brandissant l’argument du stress qu’elles devaient gérer au sein des établissements avec le regard des autres.

Des groupes de la société civile, défenseurs des droits de l’Homme avaient opposé la stigmatisation et surtout le droit à l’éducation et saisi des juridictions nationales, puis régionales pour avoir finalement gain de cause. C’est en décembre 2019 que la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rendu sa décision et ordonné la levée immédiate de l’interdiction.

Cinq ans après l’introduction de la requête, le gouvernement de Sierra Leone a mis fin à l’interdiction de la scolarisation des filles enceintes sur la base d’une décision de justice. Cette décision pourrait faire tâche d’huile sur le continent africain.

Quelle est la situation au Cameroun ?

La scolarisation de la fille enceinte est encadrée par une circulaire du ministère des enseignements secondaires (Minesec). « Toute lycéenne qui présente des signes extérieurs de grossesse, sera suspendue des cours et ne sera réadmise que si, après la délivrance, elle satisfait aux conditions d’âge et de conduite », tranche la note circulaire n° 10/1/562/MINESEC/EPM/EP. Elle ne sanctionne pas seulement la jeune fille. « Tout lycéen reconnu auteur d’une grossesse, sera également suspendu des cours dans n’importe quel établissement scolaire public, jusqu’à l’accouchement de sa partenaire », stipule le même texte. Egalité oblige !

L’on remarque toutefois que les chances d’un retour à l’école de la jeune fille après une maternité, sont très faibles. Les actions menées par le gouvernement, les organisations de la société civile, et surtout le Cercle des amis du Cameroun et sa présidente fondatrice, Madame Chantal Biya, concourent à la réduction de cette fracture à sa plus simple expression.


AvatarDaniel Elanc24 mars 2020
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C’est l’issue du Comité d’experts et de la 23e session du Conseil d’administration de ladite institution universitaire qui se sont tenus du 17 au 19 mars 2020 à Yaoundé.

En présence des experts et des représentants des ministres des cinq pays membres que sont le Cameroun, le Ghana, la Gambie, le Libéria et la Sierra Leone, le chef de la délégation de la République du Libéria, Jonathan Shiancoe, a remis le drapeau de la Université régionale maritime (RMU) au représentant du ministre des Transports de la République du Cameroun qui aura, pendant deux ans, la charge de définir les orientations stratégiques et politiques du fonctionnement de l’Université régionale maritime. Pour remercier le président de la République du Cameroun, Son Excellence Paul Biya, pour avoir contribué à l’érection de la RMU comme institution internationale de référence, le Conseil d’administration s’est dit heureux de lui décerner le titre de « Doctorat Honoris Causas ». La cérémonie de remise, reportée à cause de la pandémie du Coronavirus (COVID-19), sera reprogrammée selon la convenance du chef de l’Etat.
Concernant les travaux du Comité d’experts, la présidence est passée du Libéria au Cameroun. Dorénavant, le président dudit Comité est le Pr. Gérard-Marie Messina, Conseiller technique numéro 2 au ministère des Transports.


L’Université régionale maritime
En créant cette Université basée au Ghana, les États membres avaient pour objectif de promouvoir la coopération dans le secteur maritime en mettant l’accent sur la formation afin de garantir une croissance et un développement durable dans ce secteur. Inaugurée le 25 octobre 2007, elle est devenue la première université maritime internationale d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Elle a formé un grand nombre de personnel maritime qualifié dont certains occupent des postes de responsabilité élevés à bord de navires étrangers en mer, dans les ports et havres, dans la marine et dans l’industrie de la pêche, ainsi qu’au sein d’autres organisations maritimes.
Offre de formation
L’université forme en quatre ans, des licenciés en mécanique navale, ingénierie électrotechnique/électronique, sciences nautiques, études maritimes et sécurité maritime. L’institution propose également des programmes de perfectionnement qui préparent à des certificats d’aptitude professionnelle, ainsi que des programmes de courte durée dans les disciplines annexes. L’excellence académique demeurant le label de l’institution, celle-ci applique des normes de gestion très élevées. Elle est devenue l’une des rares institutions tertiaires du continent à obtenir le label ISO 9001 : 2000.



Qui sommes nous

Meyomessala international est un outil de communication stratégique, axé sur le marketing politique des  leaders d’opinion , des acteurs de la société civile africaine ainsi que  des acteurs économiques. C’est  une publication et  une diffusion du Groupe BYSSEN, entreprise de droit camerounais  spécialisée dans  la  communication  écrite  et cybernétique.




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