Imane Ayissi : l’étoile montante de la haute couture parisienne

27 ans après son premier défilé à Paris, le styliste d’origine camerounaise a présenté sa collection le 23 janvier lors de la semaine de la haute couture dans la capitale française.

1993, un an après son arrivée en France en provenance du Cameroun, un défilé à Paris pour des amis avec quelque 200 robes dont «une ou deux seulement tenaient un peu la route», selon lui, marque modestement le début de la montée des marches pour Imane Ayissi. 27 ans plus tard, ce créateur se hisse premier styliste d’origine subsaharienne à se voir dérouler le tapis rouge de ce petit milieu fermé et hypersélect qu’est la haute couture. Lors de son défilé, le styliste a convié le public à la découverte des savoir-faire africains peu connus : des tie and dye teints au Cameroun ; des kente, tissages traditionnels de l’ethnie Akan, que l’on trouve au Ghana et en Côte d’Ivoire et portés à l’origine par la noblesse ; de l’obom, une peau végétale produite à partir d’écorce d’arbre.

Son entrée dans le calendrier officiel de la haute couture, est vécue comme une reconnaissance suprême pour cet artiste de 51 ans qui aura gravi toutes les marches et touché à tous les arts avant de sublimer les plus belles étoffes du continent, mélangeant des éléments des cultures africaines à des approches très européennes. « Je suis heureux que mon travail soit reconnu, mais aussi touché que le patrimoine textile africain, qui traverse mes créations, soit ainsi célébré », avait alors déclaré l’artiste débordant de joie. « C’est comme si quelque chose s’alignait enfin et qu’un nouveau chapitre de la mode s’ouvrait. L’Afrique si souvent fantasmée va pouvoir s’exprimer par elle-même, de manière authentique et dans tout ce qu’elle a de noble et luxueux, aux yeux de tous », a annoncé le styliste, né d’un père boxeur et d’une mère mannequin première lauréate du concours de beauté au Cameroun en 1960.

La collection baptisée «Akouma»

«Akouma» en langue Bantou, « richesse », pour célébrer ce que l’on peut avoir dans la vie aussi bien du point de vue financier que culturel. Avec ses tissages artisanaux et tapisseries ethniques, Imane Ayissi présente la richesse d’une Afrique qui a mieux à faire valoir que le wax, ce tissu inspiré du batik indonésien et industrialisé en Europe et largement répandu en Afrique. « L’Afrique a mieux à montrer et a ses propres tissus que le monde entier doit découvrir et connaître », insiste-t-il. Une autre technique chère à ce créateur consiste à prendre des choses moins nobles et à les rendre nobles, comme transformer du raphia, une matière sauvage, en une cape rose chic qui se porte sur une longue robe en soie assortie. Le designer autodidacte a su faire des grandes choses avec peu de moyens. « Quand j’étais à Yaoundé, pendant mon enfance, je ne pouvais pas imaginer que je pourrais faire cette route », confia-t-il, déterminé à devenir un modèle pour la jeune génération.

Ce que pense Imane Ayissi

Symbole d’une Afrique qui innove, l’entrée d’Imane Ayissi dans la haute couture parisienne coïncide avec la quasi retraite de Jean Paul Gautier après 50 ans de carrière. En porte-étendard, il a un plan bien ficelé dans un coin de sa tête. Faire défiler la diversité des tissus africains pour créer de l’emploi sur le continent. « Il faut que les Africains puissent trouver du travail sur place dans le domaine de la mode. Il faut arrêter de croire qu’il faut forcément se lancer dans des voyages, sinon on va finir par mourir dans la mer, alors qu’on pourrait rester sur place », conseille le virtuose de la mode, reconnaissant que les difficultés rencontrées lors de son ascension auraient bien pu le mettre en déroute. « Tout le monde ne peut pas venir à Paris ! Paris, c’est l’eldorado et en même temps ce n’est pas l’eldorado dont on rêve. Mais si c’était à recommencer, je recommencerais tout de suite », nuance le génie camerounais qui envisage désormais acquérir la nationalité française. Et pourquoi ne pas se donner un pari puisqu’il est à Paris ? Habiller la première dame française à l’africaine. « Elle a quand même de l’allure notre Brigitte Macron ! C’est une première dame qui ose porter certaines choses, donc pourquoi pas des vêtements qui viennent de designers africains. Tout l’honneur sera pour moi ! », pense Imane Ayissi.  

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