GESTION PUBLIQUE : Le MATGENIE à l’agonie ?

Parc national public du matériel de génie civil, la MATGENIE est l’un des bras séculiers de l’Etat en matière de developpement de proximité, notamment d’aménagement routier et entretien d’infrastructures publiques connexes. La santé de cette institution fait l’objet de turbulences étonnantes depuis plusieurs mois, et inquiète les hautes sphères républicaines et l’opinion publique.

La MATGENIE malade ?

Selon certaines indiscrétions et sources connexes, Le personnel de la MATGENIE est déjà à 10 mois sans salaires depuis l’arrivée du nouveau Directeur Général Abogo Ntang Désire  en juin 2017, qui remplaçait Othon NIWA LONG en poste depuis 2009. Aujourd’hui on assiste à des démissions massives des hauts cadres, notamment le Directeur des Travaux, le Chef Cellule informatique entre autres. Des évènements qui portent à croire que l’institution publique serait au rouge dans la gestion managériale. A en croire d’autres sources, le Directeur Administratif et Financier (DAF), Zambo Crépin suspendu depuis près de deux ans, fait partie des victimes collatérales du système Ntang Désiré, avec qui il ne serait plus en accord. Un dessin managérial qui dégage une atmosphère des plus opaques au sein de la MATGENIE. « Les Directeurs des agences de l’Extrême-Nord et du Sud retraités depuis plus de 2 ans conservent toujours leurs postes » peut-on lire sur la toile.  Pour le programme SACIR, (Stratégie d’accompagnement des Communes dans leurs initiative rural) qui vise à accompagner les mairies dans les travaux d’entretien de leur route avec des rabais de près de 30%, et la nomination d’un membre de la famille juriste au poste de Chef de ce programme, fait grincer des dents dans le milieu.

Ce qu’il faut savoir de la MATGENIE

1967 : Création du Service du Parc National de matériel de génie civil par décret n°67/DF/55 du 27 décembre 1967. L’une de ses missions est la mise en location de ces matériels auprès des services administratifs ou collectivités publiques chargés de la construction et de l’entretien des routes. En 1970, le MATGENIE subit une transformation, par décret n°70/DF/315 du 23 juin 1970, en un établissement public à caractère industriel et commercial, doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière, et enfin en 2015, l’élargissement du champ de compétences du MATGENIE qui devient une entreprise publique de BTP.

Le gouvernement camerounais a signé le 1er février 2019, un contrat de 157 milliards de FCFA avec la société belge DEM Group, dans le cadre fourniture des équipements au Parc national du matériel de génie-civil (MATGENIE). Le partenariat entre DEM Group et le Matgénie a débuté il y a plusieurs années et s’inscrit dans la politique du chef de l’État en matière de décentralisation et principalement le désenclavement de certaines régions. Selon les termes du contrat, en plus de la fourniture de plus de 669 engins et véhicules à cette entreprise figure la création de quatre centres de formation à la conduite de ces engins, ainsi que des points de service du Matgénie dans les dix régions du pays.

Les équipements à livrer sur 2 ans par DEM Group permettront au Matgénie de se déployer davantage sur le terrain de l’entretien routier, conformément à un contrat de partenariat signé avec les communes camerounaises ; de doper son parc pour plus d’efficacité dans la location des engins aux entreprises ; et de constituer de la ressource matérielle pour la réalisation de ses propres travaux dans le secteur du BTP.

De sa nouvelle vision           

Le Matgénie n’étant plus qu’un simple parc de matériel, s’est dotée d’une politique commerciale plus agressive afin de se positionner face à ses concurrents. Ceci sous l’impulsion d’une nouvelle équipe managériale mise en place en juin 2017.  Désiré Abogo Ntang, directeur général, Gustave Ebonguè, DG Adjoint et le Jean Roland Daniel EBO, président du Conseil d’administration. Les actions de cette équipe n’ont pas tardé à se révéler. En octobre 2017, le Matgénie a procédé au lancement de la Stratégie d’accompagnement des communes dans leurs initiatives d’entretien routier. L’initiative a donné un coup de pouce aux municipalités. De nombreux maires à ce jour saluent ce projet qui leur a permis de gagner au moins 30% des coûts habituels.

Structures de formation

La structure a  revitalisé le centre de formation  professionnelle des conducteurs d’engins lourds situé à Yaoundé et le centre de formation des mécaniciens à Douala. Deux écoles qui ont failli passer aux oubliettes, mais qui à date connaissent de beaux jours. Des équipements d’apprentissage de dernière génération technologique ont été acquis. Des simulateurs d’engins permettant aux apprenants d’allier la théorie à la pratique, afin d’acquérir assez d’expérience dans la conduite en un temps réduit. L’idée de cette approche pédagogique permet d’outiller suffisamment les apprenants à la fois sur la maitrise du matériel, la conduite mais aussi la sécurité routière, avant tout contact réel avec les engins. Il permet ainsi de juguler les accidents de la route très souvent causés par « des chauffards ».

L’entretien routier, le nœud de ses activités

Le Matgénie a créé une niche d’emplois pour au moins une vingtaine de jeunes. Ces derniers ont été engagés par la société pour la fabrication des ouvrages devant servir à la réalisation de nombreuses infrastructures routières. Notamment les buses de technologie récente, les tunnels et les ponts. Les dits ouvrages sont réalisés à des coûts abordables. Ils permettent en effet de gagner des marges allant entre 20% à 40 % par rapport à ce qui est pratiqué actuellement sur le terrain. Aujourd’hui, le Matgénie a une vision encore plus large. Elle ambitionne renforcer son parc automobile par l’acquisition de nouveaux engins. D’autres points importants de cette vision articulée autour de 7 axes, la sécurisation des recettes de l’entreprise, la mise en place de procédures comptables plus rigoureuse, l’assainissement des rapports avec l’administration fiscale et la Caisse nationale de prévoyance sociale. Une vision qui ne peut s’implémenter qu’avec l’accompagnement de l’Etat, afin que l’entreprise contribue efficacement à la réalisation des grands chantiers de l’émergence du pays voulue par S.E Paul Biya.

L’entreprise publique de génie civil créée en 1967 a connu des moments troubles mais depuis quelques années, elle connait un regain de vitalité et entend être au cœur de la construction des grandes infrastructures du pays. Sous ce régime, l’entreprise a vécu des jours sombres au point de connaitre l’agonie. Des difficultés financières qui ne lui ont pas permis d’acquérir de nouveaux engins, occasionnant ainsi, un déficit de maintenance du matériel existant, des arriérés de salaires du personnel et prestations sociales.

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Manfred Essome


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