Le gouvernement camerounais a validé un plan ambitieux de relance pour la Sonara. Le projet, baptisé Parras 24, s’appuie sur une étude du cabinet français EKIUM et privilégie un redémarrage graduel du site de Limbé. L’objectif final est de doubler la capacité de raffinage, la portant de 3,5 à 7 millions de tonnes de brut par an.
Une trajectoire en trois phases étalées sur dix ans
La stratégie est structurée en trois étapes distinctes :
- D’ici 2027 : Retour à la configuration opérationnelle de 2019. Cette première phase, évaluée à environ 300 milliards de FCFA, consiste à réhabiliter les unités sinistrées.
- 2028-2030 : Modernisation industrielle avec l’installation d’un hydrocraqueur, pour produire des carburants aux normes environnementales récentes et accroître la valeur ajoutée.
- 2031-2035 : Construction d’un second train de raffinage pour atteindre l’objectif de 7 millions de tonnes de capacité annuelle.
Des défis financiers de taille et un nouveau paysage concurrentiel
Cette relance se heurte à des contraintes financières significatives. La Sonara est actuellement endettée à hauteur de près de 490 milliards de FCFA, un fardeau que l’État aide à rembourser via une taxe sur chaque litre de carburant vendu. Le financement des phases de modernisation pourrait nécessiter le recours à un partenariat public-privé (PPP), dont l’éligibilité est en cours d’examen.
Par ailleurs, le projet doit composer avec l’émergence de nouveaux acteurs, comme le projet de raffinerie porté par SNH Tradex et Ariana Energy, introduisant une dynamique de concurrence inédite dans le secteur national du raffinage.













