Présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara dessine les conditionnalités

Il faudra déposer une caution d’au moins 100 millions de F, totaliser un important nombre de parrainage pour briguer la magistrature suprême.

La visite d’État que le président de la République ivoirienne a effectué dans la région du Hambol du 27 au 30 novembre 2019, au Centre-Nord du pays, a pris les allures de précampagne électorale. Placée sous le signe de l’amélioration des conditions de vie des populations à travers la mise à disposition d’infrastructures sociales de base, la visite de quatre jours a permis à Alassane Ouattara de mettre en service des systèmes de distribution d’eau potable, de lancer les travaux de voirie et de mettre certaines localités sous tension électrique.

Avant la conférence de presse marquant la fin de cette visite, le président a pris part à la cérémonie de remise de dons et de chèques du Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI), aux femmes de la région Hambol par la première Dame, Dominique Ouattara. Laissant planer le doute sur son éventuelle candidature à la présidentielle de 2020, Alassane Ouattara a toutefois, à Katiola fait des confidences sur les conditions autour des candidatures au scrutin présidentiel désormais très attendu.

Dans la tête du président Alassane Ouattara

Il y a tout d’abord donné une assurance pour épargner les autres du mal dont il a été victime sous le prétexte de ce qui fut qualifié d’ « ivoirité ». « Je voudrais rassurer les uns et les autres qu’il n’y a pas de plans d’éviction de qui que ce soit ; et que tous ceux qui voudront aller aux élections, pourront le faire », annonce-t-il. Le président apporte ainsi la garantie que la compétition sera totalement ouverte. Dans le souci de permettre à ses compatriotes de pouvoir entendre tous ceux qui seront en lice, afin de faire un choix responsable à même de garantir la continuité de l’évolution du pays, Alassane Ouattara souhaite que le gouvernement mette en place quelques mesures restrictives. « Je demande au gouvernement de faire en sorte qu’il n’y ait pas 50 candidats ou 12 candidatures comme en Guinée Bissau », déclare-t-il. « Il faudrait mettre la caution, au minimum, à 100 millions de F CFA…Il y a aussi la question de parrainage, comme cela a été fait au Sénégal. J’espère qu’avec le temps, nous n’aurons simplement que deux ou trois candidats pour les élections présidentielles », conclut-il en se félicitant de ce que la Côte d’Ivoire dispose d’une bonne loi fondamentale. Les assurances du président Ouattara susciteront sans doute d’interprétations à géométrie variable dans la scène politique.

Le pouls dans les formations politiques

La rencontre de La Haye entre Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, officiellement candidat pour 2020 sous la bannière du mouvement Générations et peuples solidaires (GPS), a eu l’effet d’un électrochoc sur la scène politique. Henri Konan Bédié a réuni au siège du PDCI, la Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP) pour la signature du manifeste fédérateur. Le 28 novembre 2019, 17 partis politiques et organisations de la société civile se sont engagés autour du président du présidium Henri Konan Bédié, pour baliser la voie de la victoire en 2020.

Le CDRP est la réplique du président Bédié au Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au sein duquel la guerre de positionnement fait rage pour la succession d’un Alassane Ouattara qui n’a toujours pas levé le voile sur ses véritables intentions pour 2020. Albert Mabri Toikeuse, deuxième vice-président des houphouëtistes, semble avoir tout compris. « Nous pouvons croire à la victoire du président Ouattara. La victoire est à la portée du président Alassane Ouattara, et nous allons lui apporter tout notre soutien », clame-t-il.

Après le décès d’Aboudramane Sangaré, Laurent Gbagbo, bien qu’étant loin du théâtre ivoirien, a décidé de reprendre les rênes du Front populaire ivoirien (FPI). En tant que deuxième vice-présidente, Simone Gbagbo pourrait assurer la gestion intérimaire.

En Côte d’Ivoire, que l’on soit du GPS, du CDRP, du RHDP ou du FPI la fièvre de la présidentielle de 2020 est dans tous les esprits.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. les champs requis sont indiqués *


Qui sommes nous

Meyomessala international est un outil de communication stratégique, axé sur le marketing politique des  leaders d’opinion , des acteurs de la société civile africaine ainsi que  des acteurs économiques. C’est  une publication et  une diffusion du Groupe BYSSEN, entreprise de droit camerounais  spécialisée dans  la  communication  écrite  et cybernétique.




Newsletter


error: Content is protected !!