Nécrologie : Hommages nationaux au Patriarche Martin Bélinga Eboutou

Décédé le 8 mai 2019 à Genève en Suisse des suites de maladie, l’ancien directeur de cabinet de la présidence de la République a été inhumé samedi 8 juin 2019 dans son village natal, Nkilzok, région du Sud.

La dépouille de l’ancien séminariste et directeur de cabinet civil de la présidence de la République, est arrivée à l’aéroport international de Yaoundé le 6 juin 2019. Au bas de la passerelle, de nombreux membres du gouvernement qui lui ont rendu un hommage sobre. Le Chef de l’État Paul Biya était représenté par l’actuel Ministre-Directeur de cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo.

Sur place, un office religieux a eu lieu en la mémoire du défunt. C’était sous la conduite de Mgr Christophe Zoa, évêque de Sangmélima. Ensuite, le cortège a pris la route de Zoétélé, département du Dja-et-Lobo, où une messe a été célébrée vendredi 7 juin. Une bonne brochette des membres du Gouvernement, des Directeurs généraux, le fils ainé du Président de la République Frank Biya, ont répondu présent à ce requiem national.

Il est 14h 00 lorsque les cloches de l’église sanctuaire Saint Jean-Paul II résonnent au loin. Le temps semble suspendre son vol. L’on amorce l’ultime étape des cérémonies d’hommage à un fils, sans doute le plus prestigieux de la localité. Martin Belinga Eboutou sera conduit dans les minutes d’après à sa dernière demeure, dans la stricte intimité, et en présence des membres de sa famille, du ministre, directeur du Cabinet civil de la présidence de la République. Samuel Mvondo Ayolo représentant personnellement le Chef de l’Etat aux obsèques de celui que Paul Biya, dans une lettre de condoléances adressée à sa famille et lue quelques minutes auparavant par le préfet du Dja-et-Lobo, qualifie de « diplomate chevronné».

Inhumé dans son village à Nkilzok par Zoétélé, l’ancien directeur du Cabinet civil a été élevé à la dignité de Grand cordon du mérite camerounais à titre posthume par le ministre, directeur du Cabinet civil de la présidence, représentant personnel du chef de l’Etat.

En effet, pour le président de la République S.E Paul Biya, les qualités personnelles du disparu « lui ont permis d’effectuer une belle et longue carrière au Cameroun et à l’étranger ». Le chef de l’Etat rappelle en outre que Martin Belinga Eboutou fut l’un de ses plus proches collaborateurs. Et « avec sa disparition, la diplomatie camerounaise perd l’une de ses références». L’un des temps forts de la célébration pontificale, particulièrement courue, et qui a précédé l’inhumation, aura sans contexte été l’homélie du célébrant principal. Pendant une trentaine de minutes, Mgr Christophe Zoa, évêque du diocèse de Sangmélima, qui était assisté pour la circonstance d’une demi-douzaine de ses pairs, est revenu sur le « droit aux funérailles ecclésiastiques », non pas pour se justifier, « mais pour rappeler la doctrine de l’Eglise sur ce sujet. Pour peu que je connaisse l’ancien séminariste Martin, il n’aurait opposé aucune objection à ce que ses funérailles servent à la restitution fidèle de la doctrine de la Sainte église » a-t-il déclaré.

Martin Belinga Eboutou reçoit à titre posthume, la médaille de Grand cordon de l’ordre du mérite camerounais

A la question, « qui peut être enterré selon le rite chrétien catholique », le prélat a été clair : «Celui qui a été baptisé dans la foi catholique ». Et pour lui, cette réponse « à la limite de la banalité» est pourtant « ce qui a échappé au plus grand nombre dans le procès asymétrique qui a été engagé ces jours contre celui qui ne peut plus défendre sa propre cause ». Pour l’officiant principal, et du point de vue juridique, « le baptême fait du baptisé un membre de la communauté chrétienne, et par voie de conséquence, lui confère un statut juridique dans l’Eglise ». 79 ans à sa disparition, Martin Belinga Eboutou, diplomate, ministre plénipotentiaire hors échelle, aura connu une très riche carrière, comme l’a du reste précisé le président de la République dans sa lettre de condoléances. Mais l’homme était également un père de famille. « Un modèle de discipline, de loyauté, de dévotion, de générosité et un travailleur passionné dont l’humilité et la discrétion étaient les qualités », selon sa fille Mireille Eboutou.

En outre, ses enfants et les communautés Esse et Mbida Mbani dont il était issu, par la voix de Georges Elanga Obam, porte-parole et par ailleurs ministre de la Décentralisation et du Développement local ont tenu à dire « Merci» au président de la République pour tout le soutien apporté à son ancien collaborateur durant sa maladie, ainsi qu’à la famille pour l’organisation de ses obsèques. Pour les populations de Nkilzok et des villages environnants, il s’agit d’une « perte inestimable » pour celui que l’on appelait affectueusement ici « Papa Martin ».

Dans sa lettre de condoléances écrite à la famille, Paul Biya déclare avoir appris « avec une réelle tristesse » le décès de son  collaborateur et « partage le profond chagrin de toute sa famille ».

Le Chef de la nation ajoute que le département du Dja et Lobo et la Région du Sud perdent « une personnalité de grande valeur » et « le Cameroun un fils qui lui fit honneur », et  rassure la famille de Martin Belinga Eboutou de son soutien. Cette lettre écrite le 23 mai 2019 a été lue pendant les témoignages lors de la messe pontificale d’inhumation  célébrée par l’Evêque de Sangmelima Mgr Christophe Zoa (célébrant principal) dans la chapelle de Nkilzok, l’Eglise-Sanctuaire de la Miséricorde que l’ancien Ministre Plénipotentiaire hors Echelle a dédiée au Pape Jean-Paul II et qu’il laisse à son petit village comme héritage. Le patriarche s’en est donc allé. Sa Majesté  Martin Belinga Eboutou repose désormais dans le caveau familial qu’il a pris soin de construire lui-même avant sa mort.

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