Arrivé le 18 octobre 2026 par l’aéroport de Yaoundé Nsimalen, Lucas Philippe a été accueilli sur le tarmac par le Délégué Général à la Sûreté Nationale, Martin Mbarga Nguele. Au programme de sa visite de travail qui s’achève ce 21 octobre 2026 : le renforcement de la coopération policière internationale et la consolidation des mécanismes de lutte contre la criminalité transfrontalière. Rappelons que le Cameroun abrite à Yaoundé, le bureau central national d’Interpol, qui assure la liaison entre les services camerounais et le réseau international de l’organisation.
Au lendemain de son arrivée en terre camerounaise, le président de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), a été reçu au Palais de l’Unité, à Yaoundé, par Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, agissant au nom du président Paul Biya. Au centre de cette rencontre de haut niveau : le renforcement de la coopération policière internationale face à des menaces criminelles dont les réseaux, les moyens et les ramifications dépassent de plus en plus les frontières nationales.
Cette audience intervient dans le cadre d’une visite de travail du responsable d’Interpol au Cameroun. Toutefois, au-delà des symboles institutionnels, l’enjeu essentiel demeure opérationnel : améliorer les échanges de renseignements, faciliter la localisation des fugitifs et renforcer les mécanismes permettant aux services compétents de coordonner leurs actions contre les réseaux criminels.
Créée en 1923 à Vienne, sous le nom de Commission internationale de police criminelle, l’organisation a été reconstruite après la Seconde Guerre mondiale et a adopté le nom d’Organisation internationale de police criminelle en 1956. Aujourd’hui, sa mission repose notamment sur la coopération entre les services de police de ses pays membres, l’échange d’informations et l’utilisation de mécanismes internationaux de signalement. Au Palais de l’Unité, le rendez-vous entre le représentant d’Interpol et le secrétaire général de la présidence de la République place ainsi la sécurité transnationale au cœur du dialogue institutionnel. Mais l’histoire de la coopération policière internationale enseigne que la portée d’une audience se mesure moins à son cérémonial qu’à ses prolongements. Pour Yaoundé, l’enjeu sera de traduire le rapprochement institutionnel en capacités opérationnelles, en échanges fiables et en réponses efficaces aux menaces qui pèsent sur les populations.
Avant de quitter le Cameroun, le président de l’Organisation internationale de police criminelle (OIPC-Interpol), Lucas Philippe, a conduit ce mercredi 21 octobre 2026, la 6ᵉ session ordinaire du Comité des chefs de police de l’Afrique centrale à Yaounde. En présence de hauts responsables des services de police de la sous-région, cette rencontre visait à renforcer la coopération entre les forces de police des États d’Afrique centrale, et à évaluer la situation sécuritaire transfrontalière. Au-delà de ces discussions, Lucas Philippe a découvert plusieurs infrastructures camerounaises de sécurité, notamment le Centre national de commandement de la vidéosurveillance et le Centre national de production des passeports. Ces visites ont permis à la délégation d’Interpol de prendre connaissance des dispositifs technologiques utilisés par la police camerounaise, dans la surveillance et l’identification.
Lien étroit entre Interpol et le Cameroun
L’Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) a donne l’alerte dans son dernier rapport 2025 à plusieurs pays africains dont le Cameroun, face à l’évolution des nouvelles technologies : l’intelligence artificielle s’impose désormais comme une arme majeure pour les cybercriminels opérant sur le continent africain. Selon l’organisation, 55 % des attaques répertoriées exploitent désormais des outils d’IA pour gagner en vitesse et contourner les systèmes de détection. Les fraudes en ligne demeurent la menace la plus répandue, ciblant en priorité les services de paiement mobile, les comptes de réseaux sociaux et le tissu entrepreneurial. L’impact économique s’avère particulièrement lourd : les pertes financières ont plus que doublé par rapport à 2024, franchissant la barre des 484 millions de dollars au cours de l’année 2025.
Face à ce péril technologique, Interpol exhorte les États africains à moderniser d’urgence leurs cadres juridiques, à former la police aux nouveaux outils d’IA et à accentuer la coopération internationale. Les opérations conjointes menées récemment à travers plusieurs pays continentaux ont déjà permis l’interpellation de plus de 1 500 suspects. En rappel, le Cameroun est membre d’Interpol depuis le 4 septembre 1961 et abrite à Yaoundé son Bureau central national (BCN), ainsi que le Bureau régional pour l’Afrique centrale ouvert en novembre 2009.











