Une fidélité vieille de vingt-trois ans
En mars 2003, Albert n’était encore que prince héritier. Il avait passé deux jours au Cameroun, reçu par Son Excellence Paul Biya, et décrit son séjour comme « social ». Il venait voir le Foyer Princesse Grace, devenu Centre Edimar, dont il avait accompagné la construction. L’établissement porte le nom de sa mère, première présidente d’honneur de Monaco Aide et Présence, et il est soutenu par la Principauté depuis plus de vingt ans.
L’enfance d’abord
Le communiqué de la présidence, signé le 29 octobre par Samuel Mvondo Ayolo, plaçait le Centre Edimar au cœur du séjour. Accueilli à sa descente d’avion à L’aéroport International de Yaoundé-Nsimalen par le Premier Ministre Joseph Dion Ngute, le Prince s’y est rendu avec la Première Dame Chantal Biya, ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, et y a dévoilé une plaque commémorative.
Est venue ensuite l’audience avec le chef de l’État. Son Excellence Paul Biya, a salué sur ses réseaux la longue amitié entre le Cameroun et la Principauté. La durée de l’entretien varie selon les récits. Le programme annonçait une visite de courtoisie d’environ vingt-cinq minutes, certains parlent de près d’une heure et demie.
Les affaires en filigrane
La présidence a elle-même cité trois domaines : économique, humanitaire et environnemental. Sur ce dernier, la Fondation Prince Albert II est engagée dans la préservation du bassin du Congo, dont le Cameroun abrite une part importante.
Le volet économique reste le plus fragile. En 2003 déjà, le Prince héritier évoquait des échanges entre la Chambre de développement économique monégasque et la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun. Ce schéma revient aujourd’hui dans plusieurs récits de la visite, avec des secteurs cités : services, tourisme haut de gamme, télécommunications, immobilier. Aucun accord majeur n’a pourtant été annoncé à ce stade. Un diplomate en poste à Yaoundé résume l’enjeu : transformer un ancrage philanthropique en partenariat concret.
Des rumeurs ont aussi circulé sur une médiation autour d’investissements privés ou de concessions foncières sensibles. Aucune source vérifiable ne les étaie. Elles restent, à ce stade, des on-dit.
Le dîner et ses lectures
Le premier soir, un dîner privé a réuni le Prince et des proches du Palais, dont Franck Biya, Conseiller Spécial du Chef de l’État. Plusieurs titres l’ont présenté comme offert par ce dernier, en l’absence de son père. On peut y voir de l’hospitalité diplomatique, ou un moment de réseau autour des investisseurs privés. Les faits publics ne tranchent pas. Un dîner n’est pas un accord, il ne vaut que par ce qu’il prépare.
Ce qu’il faut retenir
Monaco repart avec ce qu’il vient chercher depuis toujours au Cameroun à savoir un terrain d’action humanitaire et environnemental où son image est précieuse. Le Cameroun gagne une vitrine et une porte ouverte.
La suite tient à une chose simple : des engagements écrits, chiffrés et datés. Vingt-trois ans après la première visite, l’amitié n’a plus à faire ses preuves. C’est le partenariat qui attend encore son premier chantier.












