Le haut magistrat camerounais, jusqu’ici chargé de mission au Secrétariat général de la présidence de la République, vient d’être nommé président du Conseil constitutionnel par décret du président de la République Son Excellence Paul Biya. En effet, il succède à Clément Atangana, décédé le 4 octobre dernier à Paris en France.
Magistrat chevronné, Nama Rémy a occupé plusieurs postes de responsabilité à la présidence de la République. Il a notamment été désigné représentant de cette institution au sein des conseils d’administration de structures stratégiques de l’État, dont le Parc national de matériel de génie civil (MATGENIE). Avant sa nomination, l’intérim de la plus haute cour en matière électorale était assuré par le doyen d’âge Paul Nchoji Nkwi, ancien cadre du Social Democratic Front. Le Chef de l’État a voulu rassurer à travers cette nomination, de sa capacité à gouverner efficacement, bien au delà des postes dits stratégiques. D’aucuns s’interrogent sur la rapidité de cette nomination, qui selon eux ne nécessitait aucune urgence absolue. Le garant des institutions qu’il représente tient dont la barque ferme, à travers ce geste nominatif impactant pour la vie politique du Cameroun.
Nama Remy, hérite d’une institution relativement mature, qui s’est illustrée ces dernières années, durant les joutes électorales présidentielles de 2018 et récemment 2025. La crise post-électorale qui a découlé il y’a un an, n’aura jamais réussi à ébranler les sages de la Haute Cour, car le droit avait été dit par les résultats des urnes. Durant cette journée du 16 Octobre, le Chef de l’Etat a procédé un peu plus tôt à la nomination de deux nouveaux membres du Conseil constitutionnel notamment Abdoulaye Daouda, et ceux des membres du Conseil d’administration de la Mission d’aménagement et de gestion des Zones Industrielles (MAGZI).
En rappel, le conseil constitutionnel est l’une des institutions nouvelles créées par la loi N° 96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la constitution du 2 juin 1972 (modifiée par loi N°2008/001 du 14 avril 2008). En son article 46, la Constitution le définit comme l’instance compétente en matière constitutionnelle. Il statue sur la constitutionnalité des lois. Il est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions.
De plus, le Conseil statue souverainement dans ses domaines de compétence qui portent entre autres sur les points suivants: la constitutionnalité des lois, des traités et accords internationaux; Les règlements intérieurs de l’Assemblée nationale et du Sénat; Les conflits d’attributions entre les institutions de l’Etat; entre l’Etat et les régions; entre les régions. L’article 48 stipule également, que le conseil constitutionnel veille à la régularité de l’élection présidentielle, des élections parlementaires ainsi que des consultations référendaires. Il proclame additionnellement les résultats de ses consultations. L’article 51 de la loi fondamentale camerounaise stipule quant à lui que le Conseil constitutionnel est composé de onze (11) membres désignés pour un mandat de six (6) ans éventuellement renouvelable.












