Sur les élections au Cameroun, que les états-majors des partis politiques préparent activement depuis quelques semaines, la circulaire ne fixe ni date, ni montant, ni ligne de crédit pour un quelconque scrutin. Le paragraphe 60 précise simplement que « les budgets des organes constitutionnels continueront à être préparés, présentés et exécutés en mode dotation ».
En clair, le financement d’un scrutin en 2027 n’est pas spécifiquement cadré par la circulaire. Mais si le calendrier électoral reste à préciser, il serait hâtif, pour l’heure, de conclure à un report des élections.
L’économie locale et rigueur budgétaire en bonne place
La circulaire du Chef de l’État donne en revanche plus d’informations sur les intentions économiques du pays pour l’année prochaine, avec comme priorités la production locale et l’achèvement des projets déjà engagés. Sur ce dernier point, le président recommande aux administrations de consacrer leurs enveloppes budgétaires à la conduite des projets en cours.
Au paragraphe 66, le président précise que « le démarrage de nouveaux projets est proscrit, selon le cas, pour le budget 2027 ». Les administrations concernées ne sont pas nommées. Cette interdiction n’est pas générale : de nouveaux investissements pourront être inscrits dans l’espace budgétaire restant après la prise en compte des projets en cours et des paiements en instance.
Les instances de paiement des exercices antérieurs devront ainsi être budgétisées en priorité. Une provision équivalente à 2 % des dépenses en capital sur ressources internes ordinaires de 2026 devra couvrir, en 2027, les dépenses engagées mais non ordonnancées de l’exercice précédent. Ce mécanisme de report, déjà prévu pour 2026, ne chiffre pas le stock total d’impayés.
Les administrations devront aussi inventorier leurs infrastructures et prévoir suffisamment de crédits pour leur entretien avant d’ouvrir de nouveaux engagements. Un plan prévisionnel d’engagements devra alimenter le plan de trésorerie de l’État. Dès le 13 février 2026, la mission du FMI conduite par Christine Dieterich recommandait un calendrier réaliste pour le règlement des arriérés, afin notamment d’améliorer la liquidité du secteur privé.
Prospective au niveau de la croissance
Ces arbitrages interviennent alors que la croissance attendue en 2026 au Cameroun, est ramenée à 3,5 %, contre 4,3 % dans la loi de finances initiale. Le déficit budgétaire est revu de 1,7 % à 2,2 % du PIB. Pour 2027, la circulaire prévoit une croissance de 3,6 %, une inflation de 3,2 % et un déficit, dons compris, de 2,7 % du PIB.
Sur la base de ces prévisions, la circulaire de 24 pages place l’exercice budgétaire 2027 sous le signe du renforcement de la dynamique de croissance économique et de son caractère inclusif, notamment par la modernisation du tissu productif. Les principales politiques publiques du secteur portent sur l’accélération du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique 2024-2026 (PIISAH). Ce plan triennal, annoncé par le chef de l’État lui-même, reste visiblement loin de son objectif d’équilibrer la balance commerciale. Avec un taux de mobilisation des financements de seulement 8% (110 milliards de FCFA), Yaoundé reconnaît que l’objectif de réduire de 40 % les importations alimentaires à l’horizon 2026 ne pourra être atteint. En outre, parmi les principaux projets d’infrastructures appelés à se poursuivre en 2027, figure la deuxième phase des travaux de construction de l’autoroute reliant Yaoundé à Douala, les deux principales villes du pays.












