Au Nigeria, les autorités ont annoncé mardi 19 octobre 2026, le premier cas d’Ebola, à savoir une diplomate arrivée à Abuja à bord d’un vol en provenance d’Ouganda. Elles ont également identifié 44 cas contacts. L’épidémie d’Ebola s’est désormais propagée depuis la RD Congo, à l’Ouganda, au Kenya et au Nigeria. Causée par le virus Bundibugyo, une souche rare d’Ebola pour laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué à ce jour, les premières infections ont été détectées à la mi-mai 2026.
Face à la longue frontière terrestre partagée avec notre voisin nigérian de 2100 kms, et les déplacements réciproques entre les deux pays, le Cameroun ne veut pas prendre de risques. Le Ministre de la Santé publique Manaouda Malachie, a convoqué le 22 Octobre, une session du Comité stratégique des urgences sanitaires. À l’issue des pourparlers de travail, le Comité a arrêté sept mesures prioritaires pour renforcer la surveillance.
En effet, plusieurs stratégies ont été adoptées. Il s’agit prioritairement de: l’activation d’un dispositif de veille sanitaire et le renforcement de la surveillance épidémiologique, afin d’améliorer la détection précoce de tout cas suspect ; la mise en alerte de l’ensemble des formations sanitaires publiques et privées, avec une attention particulière à la protection du personnel de santé. De plus, le renforcement des capacités de diagnostic et de prise en charge figure aussi parmi les priorités, notamment à travers l’acquisition des intrants nécessaires à la réponse. Par ailleurs, les équipes d’intervention rapide devront être mobilisées et bénéficier d’un recyclage pour garantir leur aptitude opérationnelle. Aussi, une feuille de route budgétisée sera élaborée et soumise au Premier ministre, Chef du Gouvernement Joseph Dion Ngute, afin de soutenir la mise en œuvre des actions retenues. Enfin, le renforcement de la coopération transfrontalière à travers un rapprochement des échanges avec les partenaires techniques concernés et les autorités nigérianes.
Contrôle effectif aux frontières aériennes
Le Ministre de la santé publique Manaouda Malachie a inspecté lundi 26 octobre 2026, les dispositifs de prévention destinés à empêcher toute importation du virus à l’aéroport international de Douala. Accompagné pour la circonstance d’une équipe pluridisciplinaire, il a parcouru, à l’aéroport international, chacun des points où transitent voyageurs et personnel.
Sur le terrain, les échanges ont porté sur la définition du circuit de testing du voyageur et sur la séparation des flux. Il s’agit aussi d’identifier précisément les points de prise de paramètres, étape clé du dépistage des cas suspects. Pour compléter ce dispositif, l’installation d’une caméra thermique est prévue, de même qu’un renforcement en personnel. Parmi les voies de contamination d’Ébola figurent les objets souillés, ce qui impose une vigilance rigoureuse à chaque étape du parcours. Le Ministre tient à ce que ce virus ne voyage pas jusqu’au Cameroun. Au cœur de sa démarche, quelques interrogations : comment garantir les capacités nationales de riposte si un cas venait à être détecté. Quelques jours auparavant, le 23 Octobre, le Ministre de la santé publique, avait effectué une visite d’inspection à l’Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen et au Centre médical d’arrondissement (CMA). Cette visite a permis d’évaluer le dispositif mis en place pour détecter et prendre en charge d’éventuels cas suspects de la maladie à virus Ebola. Au niveau de l’aéroport, une simulation instantanée des passagers débarquant a mis en lumière un poste d’isolement doté de trois lits disponibles pour accueillir les cas suspects, après screening avec des thermoflash pour le contrôle de la température. Le CMA, quant à lui dispose, pour la prise en charge des cas éventuels, d’un plateau technique comprenant notamment un électrocardiogramme, un mini-bloc opératoire équipé d’une colonne d’anesthésie, un laboratoire d’analyses médicales et une salle de soins intensifs pour les patients nécessitant un transfert. De plus, deux ambulances sont disponibles pour assurer le transport des cas confirmés dans le respect du circuit prévu. Malgré ces capacités matérielles, un renforcement de la ressource humaine s’avère nécessaire pour assurer une réponse rapide, coordonnée et efficace. Par ailleurs, un code QR ainsi qu’une fiche de voyageur doit être à opérationnaliser dans l’urgence. Le Cameroun entend consolider son dispositif de préparation et renforcer la coordination entre les acteurs nationaux et les partenaires.
L’enjeu est de disposer d’un système capable d’anticiper la menace, de détecter rapidement tout éventuel cas et de déclencher une riposte adaptée. Le virus a déjà fait plus de 9000 victimes en République démocratique du Congo, foyer de cette épidémie dans le monde.












