“ L’unité nationale, pilier de notre défense et socle du développement du Cameroun” tel est le thème consacré pour la 54ème édition de la fête de l’Unité. En anglais, « National Unity: Backbone of our Defence System, Bedrock of Cameroon’s Development ». Cette journée magnifie le vivre-ensemble et la cohésion d’un pays, qui compte plus de 250 groupes ethniques, et deux langues officielles (le français et l’anglais). Les festivités s’étendent sur tout le territoire national, des chefs-lieux de régions aux plus petits arrondissements, et suivent un protocole hautement symbolique.
Toutefois, cette édition intervient environ sept mois après la réélection de son Excellence Paul Biya à la présidence de la République. Un événement qui intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes sur le plan institutionnel et politique, notamment la nomination future d’un vice-président de la République, et un possible remaniement du gouvernement. Forces de défense et de sécurité, police, civils, élèves, organisations socioprofessionnelles, partis politiques, ont défilé, comme le veut la tradition républicaine au Cameroun, sous le regard du couple présidentiel Paul et Chantal Biya. De nombreuses personnalités en leurs grades et rangs respectifs, ont assisté pour la toute première fois dans leurs nouvelles fonctions, notamment Théodore Datouo, le nouveau président de l’Assemblée Nationale remplaçant Cavaye Yeguié Djibril qui a rendu l’âme il y’a quelques semaines, et son homologue du Sénat Aboubakary Abdoulaye qui succède à Marcel Niat Njifenji lui aussi décédé. En marge de la famille présidentielle, du corps diplomatique, des membres du gouvernement, de nombreuses figures du monde culturel et sportif étaient présents dans les travées d’honneur à l’instar du designer de mode internationalement reconnu Imane Ayissi résident à Paris, ou encore Samuel Eto’o, Président de la Fédération Camerounaise de Football.
Pour cette année 2026, le Commandant des troupes désigné est le Général de Brigade Chembou Zambou Guy Merlin, commandant du secteur n°1 de la Force multinationale mixte dans le bassin du lac Tchad, qui a supervisé le défilé militaire.
L’armée tchadienne, invitée d’honneur de cette édition, a également pris part aux festivités, symbole de coopération régionale en matière de défense et de sécurité. Mais au-delà du cadre politique, cette édition du 20 mai 2026, est aussi marquée par la volonté affichée de renforcer l’inclusion des jeunes et des femmes dans les processus de décision. Une promesse du président de la République faite en février 2026 et Novembre 2025, qui continue de susciter attentes au sein de l’opinion publique nationale. Un pas a d’ailleurs été franchi par le Chef de l’Etat Paul Biya, qui a nommé le 21 Novembre 2025 une femme pour la première fois au poste de Procureure Générale près de la Cour Suprême, Marie-Claire Dieudonnée Nseng-Elang, magistrate hors hiérarchie.
L’un des moments les plus attendus de cette cérémonie a sans doute été l’arrivée du Président de la République, Son Excellence Paul Biyz, précédé quelques minutes plus tôt par la Première Dame du Cameroun Chantal Biya. Sous haute sécurité, le cortège présidentiel, escorté par les éléments de la Garde présidentielle de la sécurité présidentielle et des unités motorisées, a traversé le Boulevard du 20 Mai sous les applaudissements nourris des invités et des nombreux citoyens mobilisés pour l’événement. À son arrivée sur la place des cérémonies, le Chef de l’État a observé le traditionnel salut au drapeau. Un moment chargé de symboles, marqué par la solennité et le patriotisme, dans un silence presque religieux. Le Président de la République a ensuite procédé à la revue des troupes déployées pour cette grande parade nationale. Dans une discipline parfaite, les différentes unités des forces de défense et de sécurité ont rendu les honneurs au Chef suprême des armées. À l’issue de cette séquence militaire, le Chef de l’État a rejoint la loge d’honneur où l’attendait son épouse, pour suivre le défilé militaire et civil.
La parade militaire s’est distinguée par la précision des mouvements, la rigueur des alignements et la parfaite synchronisation des unités engagées. Au rythme des fanfares militaires, plusieurs corps se sont succédé devant la tribune présidentielle. La Garde Présidentielle a ouvert le défilé, suivie des élèves officiers de l’EMIA, des unités de la Gendarmerie nationale, de l’Armée de Terre, de l’Armée de l’Air, de la Marine nationale, du Corps national de sapeurs-pompiers, ainsi que des formations de la Sûreté Nationale, de l’Administration Pénitentiaire et des Douanes. Les passages des Forces Spéciales, de la Brigade d’Intervention Rapide (BIR), du GPIGN et des Fusiliers Marins ont particulièrement captivé le public par leur cadence ferme, leur discipline et leur posture de combat, témoignant du niveau de préparation opérationnelle des forces camerounaises.
Félicitant le Commandant des Troupes à l’issu du défilé, le couple présidentiel s’est retiré au Palais de l’Unité en milieu de journée, pour accueillir le grand banquet vespéral lié à cette fête nationale. Plusieurs centaines d’invités étaient présents dans les salons d’honneur et jardins du Palais d’Étoudi, afin de communier autour du Président de la République et de son épouse en toute convivialité, sympathie et vivre ensemble.
Cette journée fériée commémore le référendum du 20 mai 1972, qui a marqué le passage d’un État fédéral à un État unitaire. Il s’agit de la principale fête nationale du Cameroun, commémorant le référendum historique de 1972 qui a mis fin à l’État fédéral pour donner naissance à la République unie du Cameroun.
Selon l’histoire, le 1er janvier 1960, le Cameroun sous administration française (Cameroun oriental) accède à l’indépendance. Le 1er octobre 1961, c’est la réunification avec la partie sous tutelle britannique (Cameroun occidental), créant une République fédérale. Le 20 mai 1972, le président Ahmadou Ahidjo organise un référendum constitutionnel. Les Camerounais votent massivement (à près de 99,99 %) pour abolir le fédéralisme au profit d’un État unitaire.
Bien que la fête soit un moment de communion nationale, elle se déroule dans un contexte politique et sécuritaire complexe. Les tensions persistantes dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (la crise anglophone) rappellent chaque année les défis liés à la consolidation et à la préservation de cette unité.












