Aucune surprise, on dirait une victoire sur tapis vert. Pas de duel à la tribune, pas de second tour, pas de suspense : un seul nom sur le bulletin, le sien. La commission électorale avait déjà donné le ton en publiant la liste définitive des candidats pour ce scrutin du 20 mai. Entre les recalés et les abandons, le paysage s’était peu à peu vidé, laissant seul en piste l’ancien secrétaire général de la CAF, élu dans un fauteuil avec 60 voix glanées sur 65. L’ancien cadre de la confédération africaine de football, avait quitté ses fonctions de Secrétaire général le 29 Mars 2026, pour se consacrer à cette nouvelle bataille sportive et stratégique pour sa carrière. Les 9 candidats déclarés, avaient peu à peu abandonné alors que le scrutin approchait à grand pas. Derrière cette victoire, se cache de nombreuses interrogations sur la transparence de cette élection, qui laisse planer des soupçons de corruption, ou d’intimidations voilées sous le prisme de l’influent dirigeant sportif.
Une élection à guerre ouverte
À peine élu, et déjà des voix s’élèvent contre lui. Mais cette élection aussi rapide qu’un hors-jeu, que les textes valident, ne fait pas l’unanimité sur les gradins de l’opinion sportive congolaise. Jean-Claude Mukanya, ancien capitaine des Léopards de la République Démocratique du Congo, et membre de la Direction technique nationale, ne mâche pas ses mots. Pour lui, la dynamique de cette élection ne porte pas la cohésion autour de la sélection nationale de la RD Congo. « Ces élections vont nous diviser à coup sûr », prévient-il dans les médias locaux. L’ancien Léopard avait même fait appel à la CAF et à la FIFA avant la tenue du scrutin : « À la FIFA et à la CAF, nous leur demandons l’ouverture d’une enquête sérieuse afin, enfin, que les lumières soient faites sur le processus électoral en République démocratique du Congo », avait-il demandé.
Dans la même lancée, Patrice Mangenda, candidat recalé au scrutin, a saisi la Commission d’éthique de la FIFA. Il parle de graves irrégularités dans le processus électoral. Face à ces critiques, Véron Mosengo-Omba avance avec l’ambition de donner un nouvel élan au foot congolais. « Au cours de ma carrière, j’ai eu le privilège de servir le football à l’international, et aujourd’hui, j’ai fait le choix de mettre cette expérience au service direct de notre pays, de notre football », avait déclaré l’ancien secrétaire général de la CAF lors de sa campagne.
Véron Mosengo-Omba avance un programme dont le slogan claque comme un manifeste : « Refonder pour structurer, structurer pour gagner ». Son projet tient en quatre axes stratégiques, déployés en onze priorités. D’abord, « refonder la Fecofa et restaurer la confiance » pour redonner de la crédibilité à une institution contestée. Ensuite, organiser des compétitions régulières, crédibles et équitables et restructurer et professionnaliser les clubs.
Dans un pays où le football féminin reste trop souvent à la traîne, l’objectif de faire du football féminin une priorité, est également un bon signal. Reste à savoir si ces promesses de refondation parviendront à dépasser les soupçons qui entourent son élection. Pour Véron Mosengo-Omba, le plus difficile commence maintenant, sur un terrain où la victoire se jouera autant dans les bureaux que sur la pelouse des stades congolais.
L’élection de Véron Mosengo-Omba rappelle celle de son homologue camerounais Samuel Eto’o, réélu en Novembre 2025 pour quatre années supplémentaires, dans un contexte marqué par des tensions entre le Ministre des sports et la FECAFOOT. L’ancien Lion Indomptable, était le seul candidat à sa propre succession il y’a sept mois.












