Le fragile cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis a volé en éclats en quelques heures, après des frappes iraniennes sur des navires marchands empruntant le détroit d’Ormuz, il y’ a moins d’une semaine.
En réponse aux tirs iraniens, l’armée américaine a visé, près de 80 cibles en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne, des postes de commandement, des batteries anti-missiles et une soixantaine de vedettes rapides déployées le long des côtes iraniennes bordant le détroit d’Ormuz. Les États-Unis affirment que ces frappes répondent aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux qui transitaient par le détroit d’Ormuz. Une information qui n’a pas été confirmée par la partie iranienne.
Dans la foulée, la Maison Blanche a annoncé le rétablissement du blocus de l’Iran, car selon Washington , Téhéran empêche uniquement les navires ou ses clients d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz.
Quant au gouvernement iranien, il souhaite instaurer des frais de service, dont une rémunération correspondant à 20 % de la valeur des cargaisons, transitant par la voie maritime d’Ormuz, pourtant soumise au droit international censé garantir la liberté de navigation.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur Twitter, (actuel X d’Elon Musk) : “L’Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours.” Les Gardiens de la révolution iraniens accusent les États-Unis, de mettre en péril l’approvisionnement mondial en pétrole, un sujet crucial après des mois de flambée des cours liée à la paralysie du détroit, par lequel transitent avant la guerre un cinquième du brut mondial.
Les cours se sont envolés lundi 13 Juillet : le prix du baril de Brent de la mer du Nord a bondi de 9,59 %, clôturant à 83,30 dollars. Même au début du conflit, une telle progression sur une seule séance n’avait pas été observée.
Un accord américano-iranien très fragile
Après quasiment 40 jours de bombardements dans un conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était pourtant entré en vigueur début avril, avant d’être entériné le 17 juin par un protocole d’accord signé à Versailles (France) par Donald Trump. Mais depuis des attaques survenues mardi passé contre des navires tentant de franchir le détroit d’Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était terminé.
Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, il ne fait aucun doute que le protocole d’accord est en crise. “Mais l’Iran n’a jamais été le premier à violer ses engagements”, a-t-il tancé lors d’une conférence de presse à Téhéran. Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de prévenir une escalade. Même si d’un autre côté, Téhéran frappe systématiquement les bases américaines situées au Koweït, Oman, Jordanie et au Bahreïn depuis moins d’une semaine, en réponse aux représailles américaines sur son sol. Le protocole d’accord prévoyait également, une réouverture du détroit d’Ormuz, Téhéran n’autorisant toutefois qu’un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, actuellement sous blocus partiel.












