Le Chef supérieur du groupement Baloum (département de la Menoua), Sa Majesté Noussi Pokam Charly Constant, ainsi que son fils et sept autres complices présumés, ont été incarcérés à la prison centrale de Bafoussam. Ils sont placés en garde à vue administrative pour une durée de 15 jours, suite au lynchage et à l’immolation de deux jeunes hommes, accusés de vol présumé de tôles.
Cette mesure exceptionnelle de garde à vue administrative, permet à la légion de gendarmerie de l’Ouest, de poursuivre ses investigations avant d’éventuelles poursuites pénales formelles. L’arrêté du Gouverneur signé le 19 Juin 2026 s’est montré précis, et l’identité de ses complices présumés (présomption d’innocence obligée) a été dévoilée. “Considérant la lettre n°000494/GN/RG5/LO/EM/4 datée du 18 Juin 2026 du Colonel Commandant la Légion de Gendarmerie de l’Ouest, Considérant les nécessités de préservation de l’ordre public, Article 1: (1) Est ordonnée, à compter de la date de signature du présent Arrêté, une garde à vue administrative pour une durée de quinze jours, éventuellement renouvelables, à l’encontre des nommés NOUSSI POKAM Charly Constant, NOUSSI WAMBA Loic Dibril, FONKOUA Bryan, NUMBE Alban Peguy, FOKA KENGNI Ravel, TAZIFOUE TEGANG Arthur Louriche, PAGUY Victor Martial, DJONI DJOUSOP Jordan et FOTSI Alain Bruno, auteurs, co-auteurs et complices de l’assassinat du nommé SIDAMO DIFFO Steve Achille, présumé voleur de tôles et son supposé acolyte le nommé KAMTA Jean Bostel, lynchés et brûlés vifs par une foule surexcitée, le 05 juin 2026 au groupement Baloum dans l’Arrondissement de Penka-Michel, Département de la Menoua, en compagnie d’autres complices en fuite. Les intéressés font l’objet d’une exploitation dans le cadre de l’enquête en cours à l’Etat-Major de la Légion de Gendarmerie de l’Ouest, sous la supervision du Commandant de la Légion” peut-on lire sur le document parvenu à notre rédaction. L’arrêté mentionne de plus, qu’il ya d’autres complices actuellement en fuite, et logiquement les forces de défense et de sécurité sont à leurs trousses.
Des crimes à la complicité inespérée
C’était le 5 juin 2026, dans le petit village de Baloum, arrondissement de Penka-Michel, région de l’Ouest Cameroun. Accusé par des villageois d’avoir dérobé des tôles en aluminium, le jeune Steve Achille Djiffo a été traîné jusqu’à la chefferie, ligoté, roué de coups, puis brûlé vif sous le regard de celui qui était censé protéger sa communauté : le chef supérieur Noussi Pokam Charly Constant. Un ami, Bostel Kemta, a connu le même sort. Deux vies consumées. Un silence assourdissant. Puis, une vidéo. Et le Cameroun qui s’est réveillé par cette scrabeuse affaire.
Dans les jours qui suivent, le Cameroun découvre l’horreur. Les vidéos deviennent virales. L’indignation est immense. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Menoua, à Dschang, émet le 15 juin 2026 un mandat d’amener national contre le chef de Baloum. Noussi Pokam Charly Constant, né le 18 août 1971 à Baloum, entre en cavale. Pendant douze jours, il est activement recherché. Mais le mercredi 17 juin 2026, il se rend aux autorités judiciaires. Une décision qui interroge. La plainte déposée le 12 juin 2026 auprès du procureur de la République près les tribunaux de la Mifi à Bafoussam, vise directement le chef traditionnel et ses complices. Les chefs d’accusation sont lourds: assassinat et complicité d’assassinat, séquestration et torture, association de malfaiteurs, non-assistance à personne en danger, destruction de preuves, Outrage à cadavre.












