À l’occasion d’un atelier organisé avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) à Yaoundé le 11 Juin 2026, l’entreprise publique a présenté un programme d’extension de son réseau de zones industrielles, avec plus de 9 000 hectares de nouveaux sites.
En effet, l’ambition affichée est de renforcer l’offre nationale en foncier industriel, dans un contexte où le Cameroun cherche à accélérer la transformation locale de ses matières premières, attirer davantage d’investissements productifs étrangers et mieux positionner ses entreprises sur les marchés régionaux, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine. Le Cameroun sous la Présidence de Paul Biya, entend construire un empire industriel africain à la hauteur de son potentiel multiforme, au-delà de 2030.
Il faut savoir que la MAGZI dispose aujourd’hui de onze zones industrielles totalisant 1 293 hectares, selon ses chiffres rendus officiels en 2025. Ces sites sont notamment situés à Bonabéri, Bassa, Yaoundé-Sud, Ombé, Garoua, Ngaoundéré, Bafoussam, Bamenda-Nkwen, Koumé-Bonis et Mandjou-Kano. L’entreprise indique par ailleurs, disposer d’un patrimoine foncier global de 2 277 hectares.
Ce réseau accueille 405 entreprises, qui emploient plus de 20 000 personnes. Selon les données présentées dans le dossier de presse de l’atelier MAGZI-ONUDI dans la capitale politique, les entreprises installées dans les zones industrielles MAGZI ont représenté, en 2023, une production évaluée à 4 622,15 milliards FCFA, soit 3,14% de la production nationale. Leur valeur ajoutée est estimée à 1 383,2 milliards FCFA, pour une contribution de 0,4 point à la croissance du Produit intérieur Brut.
Ces chiffres donnent la mesure du rôle économique de la MAGZI. Créée en 1971 comme établissement public à caractère industriel et commercial, puis transformée en société à capital public par le décret n°2019/205 du 24 avril 2019, l’entreprise est chargée de l’aménagement et de la gestion des zones industrielles sur l’ensemble du territoire national.
L’identification et création future de nouveaux pôles industriels
À l’horizon 2035, la MAGZI envisage de créer de nouvelles zones industrielles dans plusieurs localités. Les projets identifiés portent notamment sur Yassa, dans la région du Littoral, pour 300 hectares ; Dibombari, également dans le Littoral, pour 500 hectares ; Edéa pour 300 hectares ; Nomayos, dans la région du Centre, pour 201 hectares ; Mbankomo pour 300 hectares ; Kribi, dans le Sud, pour 5 000 hectares ; Ebolowa pour 150 hectares ; Kyé-Ossi pour 150 hectares ; Limbé pour 1 000 hectares ; Minim-Martap, dans l’Adamaoua, pour 500 hectares ; Maroua pour 500 hectares ; et Bafoussam pour 200 hectares.
En retenant une seule fois le site d’Ebolowa, la superficie totale projetée atteint 9 101 hectares. Kribi concentre, à lui seul, plus de la moitié de cette nouvelle enveloppe foncière, avec 5 000 hectares envisagés. Ce choix justifie le rôle stratégique de la ville portuaire, déjà positionnée comme l’un des principaux pôles logistiques et industriels du Cameroun.
Limbé, avec 1 000 hectares projetés, apparaît également comme un futur point d’ancrage industriel important dans le Sud-Ouest. Les sites de Dibombari, Maroua, Minim-Martap, Mbankomo et Edéa traduisent, pour leur part, la volonté de développer un maillage industriel plus large, au-delà des pôles déjà saturés de Douala et Yaoundé.
L’intégration de Minim-Martap dans cette cartographie est également significative. Cette localité de l’Adamaoua est associée au développement du projet de bauxite porté par Canyon Resources. La perspective d’une zone industrielle dans cette région pourrait accompagner, à terme, la structuration d’activités de transformation ou de services autour de ce bassin minier.












