« Le président est en vie… Il n’y a aucune vacance du pouvoir ! », déclare le ministre qui en profite pour répondre aux spéculations de l’opposition. Parce que l’absence du Chef de l’État, né le 13 février 1933, donc âgé de 93 ans, fait actuellement grand bruit au Cameroun. Surtout qu’il a quitté le pays depuis près de deux mois. Une absence prolongée du président qui suscite de nombreuses interrogations auprès des camerounais.
Les mots du Ministre René Emmanuel Sadi sont pesés, précis. Il écarte d’abord toute vacance du pouvoir. « Les figures de l’opposition qui réclament à cor et à cri une constatation de la vacance du pouvoir à la tête de l’État devraient, me semble-t-il, avoir une lecture de la Loi fondamentale qui soit plus rigoureuse et plus objective », déclare-t-il.
Il rappelle ensuite l’évidence constitutionnelle : le Conseil constitutionnel ne s’est pas prononcé sur une vacance du pouvoir. « Le président Paul Biya est en vie. Le président Paul Biya n’a pas démissionné » souligne-t-il.
Au sujet du retour du Président de la République S.E. Paul Biya, il précise sur les antennes de la Radio Française : « Je ne peux pas vous dire avec exactitude quand est-ce que le président Paul Biya revient. Et même si je le savais, il ne m’appartient pas de l’annoncer ici ». Mais il lâche une promesse : « Je peux au moins me permettre de vous dire qu’il revient très bientôt ».
Face aux rumeurs, le parti présidentiel a aussi tenté de rassurer. « Le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti », affirmait Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du RDPC, dans un éditorial du journal L’Action le 15 juillet 2026. D’ailleurs, le Mincom a écarté toute hypothèse de vacance du pouvoir, rappelant que la Constitution encadre strictement les cas dans lesquels une telle situation peut être constatée.
S’exprimant sur les informations relayées ces derniers jours, le porte-parole du gouvernement a invité l’opinion publique à se référer à la Constitution, rappelant que « la Constitution parle de décès, de démission, d’empêchement définitif » et que « nulle part on ne parle de séjour prolongé ». De plus, le ministre a également assuré que « même en absence du Président de la République, les institutions de notre pays fonctionnent normalement ».
Des clarifications qui brisent les rumeurs infondées
Du côté de l’opposition, plusieurs voix demandaient davantage de transparence sur la situation du chef de l’État, et sur la continuité des institutions. Depuis le 21 juillet 2026, plusieurs organes de presse nationale et internationale, se sont faits écho des déclarations d’hommes et femmes politiques. Certains acteurs, appelaient le Conseil constitutionnel à constater la vacance du pouvoir, et estiment que la stabilité de la République ne peut pas reposer sur le silence ou les suppositions. À leurs inquiétudes, deux ténors au plan communication du parti majoritaire RDPC à savoir: le Ministre du travail Grégoire Owona, et le Ministre d’Etat en charge de l’enseignement supérieur, ont répondu par voie de communiqué de presse détaillé, sur les précisions juridiques en lien avec la constitution et le droit du travail dont le dernier accorde 80 jours au besoin au Président de la République.
Que dit la constitution ?
Sur le plan juridique au Cameroun il existe un vide. L’article 6, alinéa 4, de la constitution du Cameroun, prévoit qu’en cas de vacance du pouvoir pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, l’élection d’un nouveau Président doit être organisée dans un délai compris entre vingt (20) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la vacance. Or, dans ce shemas, aucune vacance et raisons de vacance n’a été evoquée, il s’agit donc de bruits de prestigitateurs.
Pendant cette période de vacance du pouvoir renchérit notre loi fondamentale, l’intérim est assuré de plein droit par le président du Sénat, actuellement Aboubakary Abdoulaye en l’absence de nomination d’un vice-président pour l’heure, ou, si celui-ci est empêché, par son suppléant suivant l’ordre de préséance du Sénat, en l’occurrence la première vice-présidente Naomie Mikel Bégala épouse Akono, âgée de 63 ans. Le Président par intérim ne peut ni modifier la Constitution, ni changer la composition du Gouvernement, ni recourir au référendum, et il ne peut pas être candidat à l’élection présidentielle organisée à la suite de la vacance.












