Ce dispositif spécial, prévoit un démantèlement de 100 % des droits de douane pour les produits relevant des groupes 1 et 2, tandis que ceux du groupe 3 bénéficient d’un taux de 70 %. Dans un communiqué signé du 4 Août 2026 et publié par le média public national, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, invite la chaîne logistique nationale et la communauté des affaires à prendre connaissance des listes de produits éligibles.
“Les listes des produits éligibles peuvent être consultées et téléchargées sur les sites internet du Ministère des Finances (www.minfi.gov.cm) et de la Direction Générale des Douanes (www.douanes.cm) sis un Groupe de travail dénommé Unité de veille APE, domicilié auprès de la Division Informatique de la Direction Générale des Douanes, à Douala, Bonanjo, porte 27, adresse électronique (veilleape@minfi.gov.cm), est chargé de mettre à la disposition du public toutes les informations en rapport avec l’APE. Par ailleurs, il est utile de rappeler qu’en parallèle à l’application du tarif préférentiel susvisé, l’APE constitue en soi une fenêtre d’opportunités commerciales pour les exportations camerounaises sur le marché européen, qui bénéficient d’un accès en franchise du droit de douane, sans contingentement” peut on lire dans ce communiqué de presse signé du Ministre camerounais.
Par ailleurs, le ministère des finances rappelle que l’APE ne concerne pas uniquement les importations. Il constitue également une opportunité pour les exportateurs camerounais, dont les produits bénéficient d’un accès au marché européen en franchise de droits de douane, sous réserve du respect des conditions prévues par l’accord.
Le Cameroun et l’UE engagent une autre phase des APE alors depuis leur entrée en vigueur le 4 août 2016, les pertes fiscales du Cameroun n’ont cessé de s’aggraver, passant de 700 millions FCFA en 2017 à 19,6 milliards FCFA en 2025, pour des pertes fiscales cumulées de 103,6 milliards FCFA en 10 ans. De son côté, l’UE défend l’APE en soulignant qu’il a permis au Cameroun d’être excédentaire en termes de balance commerciale avec l’Europe. « Cet excédent pourrait même être plus important si le Cameroun mettait en place les conditions suffisantes pour améliorer l’environnement des affaires, avec pour objectif d’attirer davantage d’investissements européens, afin de créer une base industrielle solide. C’est la raison pour laquelle l’UE a proposé au Cameroun de négocier un accord sur la facilitation des investissements durables (AFID) », avait déclaré Stéphane André, le chef de la section commerciale de l’Union Européenne (UE) au Cameroun dans une interview accordée en Août 2025.
Rappelons que c’est en 2016 que le Cameroun a passé un accord avec l’UE (qui représente l’un des principaux clients du Cameroun avec environ 40% des parts du marché) et la Grande Bretagne sortie de la zone économique en janvier 2020 (Brexit). À travers ce deal, l’Etat a voulu préserver l’accès de certains produits sur le marché européen ; une manière de restituer aux importateurs, une partie des droits et taxes qu’ils devraient normalement supporter. L’objectif visé étant de « réduire les risques d’aggravation de la balance commerciale, de garantir le rapatriement des devises, préserver les emplois et l’amélioration du bien-être des populations », explique-t-on au sein de la douane camerounaise.












