Le diagnostic est sans concession : retards de paiement des importations par certains marketers, non-respect des parts de marché et approvisionnements privilégiant des clients industriels au détriment des ménages.
Désormais, les importateurs devront respecter le calendrier des livraisons, les marketers régler leurs factures dans les délais et la SCDP répartir les cargaisons conformément aux contrats. Le MINEE exige en outre que le gaz destiné au marché camerounais bénéficie d’un traitement prioritaire. Les opérateurs qui ne se conformeront pas à ces mesures s’exposent à la suspension, voire au retrait de leur agrément.
À l’origine du désagrément
Le gaz domestique se fait rare dans la capitale Yaoundé, et certaines villes du Cameroun. Les livraisons sont irrégulières et certains revendeurs disent écouler leurs stocks très rapidement. Une situation qui serait liée aux difficultés financières d’un des principaux fournisseurs et qui intervient alors que la demande de gaz est en augmentation au Cameroun. Des files interminables, dès l’aube, devant les points de vente de gaz domestique. Cette semaine, à Yaoundé, les consommateurs sont nombreux à chercher une bouteille.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, les populations font le tour des points de vente. Mais souvent, les stocks de bouteilles sont déjà épuisés. Pour certains, il faut trouver des solutions de secours pour préparer les repas.
Pour l’économiste Alain Serge Godon, la raison serait liée aux graves difficultés financières et aux problèmes d’approvisionnement de la SCTM, la Société camerounaise de transformation métallique, un des principaux acteurs du secteur. Une situation qui intervient alors que la demande augmente. Entre janvier et juillet 2026, près de 133 000 tonnes de gaz domestique en bouteille ont été vendues au Cameroun, contre un peu plus de 125 000 tonnes sur la même période en 2025. Soit une hausse de 6,2 %.
La pénurie de gaz domestique n’est pas nouvelle au Cameroun. Le pays dispose de ressources gazières, mais la question de la transformation et de la disponibilité du GPL domestique reste un enjeu mal maîtrisé. Certains opérateurs sont tombés en faillite, et leurs clients ont été pénalisés. Les autres sociétés n’acceptent pas d’échanger leurs bonbonnes.
Résoudre l’équation de l’importation
Mais la dépendance du Cameroun aux importations de gaz domestique est effective, depuis le départ de l’horizon de Kribi du bateau-usine Hilli Episeyo, le 4 août. Alors qu’il opérait sur les gisements offshores de Sanaga Sud qui se sont appauvris au fil du temps, il permettait également de liquéfier le gaz ainsi envoyé vers la raffinerie de Bipaga. Pendant près de huit ans, la présence de ce navire a permis de remplir une bonbonne de gaz domestique sur trois dans le pays.
Étant donné qu’il faudrait des années pour que de nouveaux gisements prometteurs soient exploitables, le Cameroun s’enfonce aujourd’hui dans une dépendance aux importations. Qui dit dépendance aux importations dit aussi plus de contraintes logistiques et financières pour le transport et la distribution et donc plus de risques de tensions sur le marché, le Cameroun ne disposant par ailleurs pas encore des capacités de stockage suffisantes pour décharger rapidement les livraisons par bateau.












