Elections Cameroon (ELECAM) intensifie sa campagne en faveur de l’inscription des populations sous-représentées sur les listes électorales. Dans un message diffusé le 15 juillet 2026, sous le slogan « Chaque communauté a sa place dans la vie démocratique », l’organisme électoral cible cette fois les peuples autochtones, à quelques semaines de la clôture de la révision annuelle des listes, fixée au 31 août 2026.
Cette opération prolonge une campagne nationale engagée en avril et destinée notamment aux jeunes, aux femmes, aux personnes vivant avec un handicap et aux minorités. Pour Elecam, l’objectif consiste à accroître la couverture du fichier électoral avant les prochaines élections législatives et municipales, dont les dates n’ont pas encore été officiellement annoncées. La révision annuelle des listes, ouverte en janvier 2026, doit s’achever le 31 août. Les prochaines élections locales au Cameroun, devraient intervenir entre le dernier trimestre 2026 et le premier trimestre 2027.
En effet, le visuel publié par l’institution sur ses réseaux sociaux officiels, montre une opération d’enrôlement au sein d’une communauté autochtone. Il traduit la volonté d’Elecam, de rapprocher les services électoraux de populations qui restent parfois éloignées des antennes communales, ou peu familiarisées avec les procédures administratives.
Au Cameroun, les peuples autochtones comprennent principalement les peuples forestiers Baka, Bagyéli ou Bakola et Bedzang, ainsi que les communautés pastorales mbororo, selon la terminologie retenue par l’Organisation internationale du travail. Ces groupes sont présents notamment dans les régions de l’Est, du Sud, du Centre, de l’Adamaoua, du Nord-Ouest et de l’Extrême-Nord.
De plus, leur participation électorale reste confrontée à plusieurs contraintes structurelles : éloignement des centres d’inscription, mobilité de certaines communautés, difficultés d’accès aux documents d’état civil, faiblesse des infrastructures de transport, et méconnaissance des procédures électorales.
Dans ces conditions, une campagne de communication ne peut produire des résultats que si elle s’accompagne d’opérations mobiles d’enrôlement, d’un appui à l’établissement des actes de naissance et des cartes nationales d’identité ainsi que d’une collaboration avec les autorités traditionnelles, et les organisations communautaires.
En outre, Elections Cameroon dispose, sur le papier, d’un réseau territorial étendu, composé de dix délégations régionales, 58 agences départementales et 360 antennes communales. Ces structures sont notamment chargées du suivi des inscriptions, de la gestion des listes électorales et de la distribution des cartes d’électeur. À la fin de l’année 2024, le fichier électoral camerounais comptait 7,84 millions d’inscrits, dont 7,81 millions sur le territoire national et 26 800 dans la diaspora. Les statistiques publiées par Elecam ventilent les électeurs selon le sexe, l’âge et le handicap, mais ne permettent pas d’isoler la participation des peuples autochtones.
Il faut souligner que cette campagne, intervient dans un contexte de réaménagement du calendrier électoral. Après l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 et l’élection des conseillers régionaux du 30 novembre suivant, les élections législatives et municipales restent attendues. Elecam a confirmé que le scrutin régional de novembre 2025 avait mobilisé 9 676 conseillers municipaux et 15 580 chefs traditionnels pour élire 900 conseillers régionaux.












