Le gouvernement camerounais accorde un nouveau délai au quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4). Par un arrêté signé il y’a quelques jours, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, a institué une période complémentaire de ratissage des opérations de dénombrement, du 1er août au 15 septembre 2026, sur l’ensemble du territoire national. Cette décision constitue la deuxième prorogation de cette vaste opération statistique, dont la clôture était initialement fixée au 29 mai 2026, avant d’être repoussée une première fois au 31 juillet suite à des nombreuses contingences.
Cette nouvelle extension doit permettre de finaliser les opérations du RGPH-4 et du module de base du Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE), menés simultanément depuis le 24 avril. Selon l’arrêté du Premier ministre, cette période complémentaire vise à « parachever les opérations de dénombrement à travers le renforcement de la couverture des ménages, des personnes et des exploitations agricoles sur l’ensemble du territoire national, afin de garantir l’exhaustivité des opérations mutualisées ».
Les autorités souhaitent un 100% sur le territoire national
Pour atteindre cet objectif, les équipes de recensement devront achever l’identification des ménages encore non recensés, poursuivre le dénombrement des personnes et des exploitations agricoles non encore enregistrées, vérifier la couverture géographique des opérations et intensifier les actions de communication et de sensibilisation, afin d’obtenir une plus forte adhésion des populations. Les agents recenseurs seront ainsi redéployés dans les localités où la couverture reste incomplète, notamment dans les zones difficiles d’accès ou confrontées à des contraintes logistiques, sécuritaires ou organisationnelles. Par ailleurs, l’arrêté confie également aux gouverneurs, préfets et sous-préfets la responsabilité de superviser cette phase de ratissage. Ils devront s’appuyer sur les maires, les chefs traditionnels, les responsables de quartiers et de villages ainsi que les leaders communautaires pour faciliter l’accès des recenseurs aux concessions, et sensibiliser les populations à leur réserver un accueil favorable.
En outre, cette décision intervient alors que plusieurs difficultés ont été relevées depuis le lancement de l’opération. Les autorités avaient notamment fait état de retards dans certaines unités administratives, de difficultés d’accès à certaines localités et d’un niveau de couverture encore insuffisant dans plusieurs zones. Sans oublier des retards de paiement des agents sur le terrain, qui a conduit à des grèves partielles au mois de Mai 2026. Certains arrondissements affichent un score en deçà des attentes, notamment Douala 5 avec 40% en termes de couverture d’identification et dénombrement. Une réunion de crise avait d’ailleurs été convoquée le 25 Juillet 2026 à la Mairie de Bonamoussadi, à la demande du Sous-prefet de Douala 5ème. Quelques jours avant l’expiration de la première prorogation fixée au 31 Juillet, le ministère de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait d’ailleurs appelé les autorités administratives à accélérer les opérations afin d’améliorer les performances du recensement.
Le gouvernement rappelle par ailleurs que la participation au recensement demeure une obligation, pour toute personne résidant sur le territoire national. Pendant toute la durée de cette période complémentaire, les populations sont ainsi tenues de répondre aux questions des agents recenseurs dûment identifiés par leurs badges et autres accessoires officiels. L’arrêté précise également que les informations collectées restent strictement confidentielles et sont protégées par la législation en vigueur en matière de secret statistique. En rappel, le RGPH/RGAE-4 constitue un outil majeur de planification du développement. Les données recueillies permettront d’actualiser les statistiques démographiques du Cameroun, et d’orienter les politiques publiques dans des domaines multiples pour une amélioration du développement local.












