Après un mois consacré au recensement des bénéficiaires et à la collecte des actes de naissance, le gouvernement du Cameroun par la voix du Ministère des Finances, s’apprête à franchir une étape déterminante de l’audit des allocations familiales. À l’issue de la première phase de l’opération, les autorités disposent désormais des premiers éléments qui serviront à vérifier la régularité des droits déclarés. Si des anomalies ont déjà été relevées dans certains dossiers, aucune fraude n’est encore établie. L’enjeu est désormais d’authentifier les documents collectés auprès des agents publics, et de finaliser le recensement des agents encore absents du dispositif.
Présentant le bilan à mi-parcours de l’opération le 24 juillet 2026 à Yaoundé, le directeur général du budget au ministère des Finances, Cyrill Édou Alo’o, a indiqué que 61 852 allocataires avaient été recensés, soit environ 34 % des 180 806 agents publics concernés. Les équipes ont également collecté 301 083 actes de naissance, correspondant à près d’un tiers des enfants déclarés dans le fichier des allocations familiales.
De plus, la deuxième et dernière phase de cet audit, se déroulera du 25 juillet au 15 août 2026. Près de 118 950 allocataires restent encore à recenser. Le Directeur Général du Budget invite donc tous les agents publics concernés à se présenter dès l’ouverture des sites, auprès de leurs banques ou des Trésoreries Générales, munis d’un dossier complet.
En effet, les toutes premières vérifications ont mis en évidence des actes de naissance incomplets, sans nom de mère, sans numéro de série, ou encore dépourvus de date de délivrance. D’autres présentent des incohérences relatives aux centres d’état civil. Pour autant, l’administration insiste sur le fait que ces irrégularités ne constituent pas des preuves de fraude. La prochaine étape consistera donc à confronter chaque document aux registres des centres d’état civil afin d’en vérifier l’authenticité. Cette démarche doit permettre de distinguer les simples erreurs administratives, des éventuelles fausses déclarations.
L’assainissement de la dépense publique en ligne de mire
En marge de cette vérification documentaire, le gouvernement fait face à un important défi logistique. Pour atteindre l’objectif de recensement fixé au 15 août 2026, les équipes devront enregistrer près de 119 000 agents publics en trois semaines, soit un rythme nettement supérieur à celui observé lors de la première phase. Le ministère des Finances invite ainsi les bénéficiaires concernés, à ne pas attendre les derniers jours pour effectuer les formalités. Plusieurs sites supplémentaires ont d’ailleurs été ouverts dans certaines administrations de Yaoundé et d’autres villes, afin de fluidifier les opérations.
L’audit a été lancé dans un contexte de forte progression des dépenses consacrées aux allocations familiales. Selon le ministère des Finances, le nombre d’enfants déclarés est passé de 594 728 en juin 2024 à 923 307 en mars 2026, soit une hausse de 55,3 % en 21 mois. Dans le même temps, l’enveloppe budgétaire allouée à cette prestation est passée de 21 à 38 milliards de FCFA en moins de cinq ans. Pour les autorités, cette évolution ne signifie pas automatiquement qu’il existe des fraudes. Elle peut résulter d’une augmentation légitime du nombre de bénéficiaires, d’erreurs administratives ou de déclarations irrégulières. C’est précisément ce que l’audit doit permettre d’établir à l’avenir, permettant ainsi des économies considérables. En outre, le Ministère des finances a rappelé que cette opération ne concerne pas les pensionnaires. À l’issue du 15 août 2026, les allocations des enfants non recensés seront suspendues. En cas de fraude avérée, les sommes indûment perçues feront l’objet de récupération par l’État.












